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 DEUXIEME THEME D'HISTOIRES...

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AuteurMessage
Muadusul
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MessageSujet: Re: DEUXIEME THEME D'HISTOIRES...   Mer 22 Sep 2004 - 11:28

Et toi, tu penses quoi de mon histoire ????? J'aimerais savoir ce qu'elle t'inspire, si tu as déjà lu quelque chose de pareil... si le style est bon... si je dois persévérer et donner suite à l'histoire... j'aimerais des conseils, des critiques...
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thomas desmond
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MessageSujet: Re: DEUXIEME THEME D'HISTOIRES...   Mer 22 Sep 2004 - 12:14

bah moi perso j'ai juste lu la moitié de la première partie, et un peu comme toi je me suis senti d'un un truc déjà-vu style tour sombre, et la narration m'a un peu bloqué... Ça m'a surtout choqué les trucs genre "je ne suis pas roland etc..."

Sinon je trouve que c'est assez bien écrit, sûrement ce que tu as fait de mieux (de ce que je connais en tout cas...)... Dès que j'ai le temps je lirai la suite promis...
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Littleangel_be
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MessageSujet: Re: DEUXIEME THEME D'HISTOIRES...   Mer 22 Sep 2004 - 15:53

Voila, j'ai éditer le post page 3. Rajoute de la fin de la 1ere partie
(Ne crie pas Tosca signe07ooops , je travaille d'arrache pied sur la fin study )
J'attends vos avis (dans l'angoisse :pale: ) et vos conseils.
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tosca34
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MessageSujet: Re: DEUXIEME THEME D'HISTOIRES...   Mer 22 Sep 2004 - 17:34

Désolé , désolé ...!!![/size]
je voulais pas te presser mais vos histoires son vraiment génial !!!
On est tellement dedans que l'on est trés frustré a la fin ....quand il n'y en as pas justement ...mais vraiment la suite est génial ... happy05 happy05
Bravo !! J'éspere que tu arriveras a trouver un peu de temps pour écrire la fin mais surtout ne te presse pas !! Il ne faut pas presser un auteur au travail !! yesmaster
L'histoire est tellemnt prenante qu'on en oubli que les gens qui l'ecrive on une vie normale et s'arréte éfois d'écrire ...
happy30 happy30 happy30 happy30 happy30 happy30 happy30 happy30 [/size]
la suite !!! la suite !!![/size]
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Littleangel_be
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MessageSujet: Re: DEUXIEME THEME D'HISTOIRES...   Mer 29 Sep 2004 - 1:34

2eme Edit, toujours page 3 happy05

Rajoute de quelques lignes et apport de corrections et (légères) modifications;
J'entame la dernière ligne droite.
Désolée pour l'attente mais Miss Morveuse prend une tournure plus longue que prévue signe07ooops (comme la plus part des histoires lorsqu'on les écrit je suppose Wink)
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thomas desmond
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MessageSujet: Re: DEUXIEME THEME D'HISTOIRES...   Mer 29 Sep 2004 - 10:38

ça se rallonge tout seul quand on part sans trop savoir où l'on va en général...
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Littleangel_be
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MessageSujet: Re: DEUXIEME THEME D'HISTOIRES...   Mer 29 Sep 2004 - 10:43

oui, le plus marrant c'est que je pensais vraiment pas à inclure certains trucs comme par exemple: la passion de jessie pour les livres de king yesmaster et de faire de cela la cause de son accident et en meme temps la seule chose qui lui donne la force de continuer. C'est venu "comme ça", c'est bizarre :drunken:

Ps pour Thomas : Dès que mon histoire sera finie, je la mettrai aussi sur ton forum rockonbaby
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Littleangel_be
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MessageSujet: Re: DEUXIEME THEME D'HISTOIRES...   Ven 1 Oct 2004 - 22:00

Voilà, il y aura surement encore des corrections à faire mais je l'ai enfin finie. happy05
Bonne lecture, en espérant qu'elle vous plaise signe07ooops . (Moi, en tout cas, je me suis bien amuser à l'écrire lol! )


Miss Morveuse

A celui ou celle qui trouve ce journal, je le prie de le transmettre à mon médecin, le docteur Joey Pasaj. Donner lui pour qu’il comprenne pourquoi et comment j’en suis arrivée là.
Je me confie à toi, lecteur anonyme, ami provisoire je t’emmène pour un ballade qui risque d’être longue. Toi qui pourra (peut être) comprendre ce qu’était devenue ma vie depuis ma sortie.

Tout à commencer le vendredi 13 août 2007, je me suis réveiller dans une pièce aux murs bleu ciel allongée sur un lit baigné par la lumière du soleil d’un début d’après-midi. L’endroit était agréable et dégageai une puissante impression de sérénité, un lieu où l’on voudrait se réfugier pour être au calme. Le seul problème c’est que je ne connaissais pas cette pièce. Je n’avais pas la moindre idée d’où je me trouvais, du comment j’étais arrivée là et surtout du pourquoi. Me serai-je réveiller en pleine nuit que j’aurai probablement hurler, prise de panique de me réveillée dans un endroit inconnu qui plus est avec des aiguilles enfoncées dans les bras mais il faisait jour, les rayons du soleil me réchauffait le visage et j’eu l’impression que cet endroit était loin d’être dangereux pour moi. Puis j’entendis un bruit, léger comme la brise, venir de ma gauche ; un papier froissé suivis de sanglots retenus. Je tournai la tête, qui me fit l’impression de peser des tonnes, pour en voir la source et je ne pu retenir ma surprise de voir mon père, assis dans un fauteuil qui avait l’air vraiment inconfortable, en larmes. Je ne comprenais rien de son émoi, encore moins du fait de sa présence. J’avais beau m’y essayer, mon dernier souvenir était d’être monter dans ma voiture pour aller chercher ma commande au bouquiniste de la ville voisine puis rien, nada. J’avais l’impression d’être comme un film que l’on aurait mis en pause et fais reprendre au générique de fin. Pour ce qui a pu se produire pendant c’était le noir absolu dans ma tête, pas la moindre idée. Et dans cette totale incompréhension il y avait mon père, toujours en larmes, qui répétai en boucle : « Tu es là. Enfin tu nous reviens » encore et encore comme si il ne pouvait rien dire d’autre. J’ai voulu lui dire que j’allais bien, qu’il arrête de pleurer mais mes lèvres restèrent closes, scellés par la soif qui venait de se déclencher en moi.
Une porte s’ouvre derrière lui, un charmant jeune homme fait son apparition. Grand brun, les yeux d’un bleu d’acier, beau gosse, il dégage un certain charme ténébreux diraient certains. Il est vêtu de blanc des pieds à la tête et cette vision suffit à mettre tout en place, les pensées se bousculent à l’étage du dessus, font la course comme si il était primordial que l’une compte plus qu’une autre.
Je suis à l’hôpital, il m’est arrivé quelque chose (quoi je n’en sais toujours rien) et je me suis retrouvée ici, avec mon père a mes cotés (au fait où est ma mère?) en pleurs.
Le médecin commence à me parler, se présente. Il s’agit du Dr Pasaj si j’ai bien compris il est spécialiste du service « Légumes» de l’hôpital ce qui implique sûrement que je suis restée hors-jeu quelques temps. Il me dit qu’il est en quelque sorte mon médecin personnel car cela fait longtemps qu’il veille sur moi.
J’ai envie de lui dire : « Eh, oh stop l’ami. De quoi tu parles ? Ok j’ai piqué un roupillon, faut je dorme au moins mes huit heures par jour sinon je suis à cotés de mes pompes toute la journée, mais pourquoi tu me parles et me regarde comme si j’étais la Belle au bois Dormant qui décide enfin de se lever ? Et d’abord pourquoi je suis ici ? J’ai l’impression de le lui dire car j’entends ma voix (déformée mais ça c’est sûrement du au fait que je crève de soif) résonner dans ma tête mais il me regarde et ne réponds pas. Je le voit s’approcher en souriant, un sourire ravageur qui a du en faire craqué plus d’une (y compris moi), dire quelques mots a mon père : « Elle est revenue, tout ira bien maintenant. Aller, calmez-vous sinon vous allez lui faire peur. », se tourner vers moi et recommencer à parler. Le ton de sa voix se voudrait professionnel mais me fait l’effet d’être plutôt celui d’un ami de longue date et je me dis que je connais cette voix, oui mais d’où ? Je voudrait lui demander mais y a toujours rien qui vient, il voit mes efforts pour parler et ne s’étonne pas plus que ça que je ne dise rien. Il parle, calmement, me dit que c’est normal depuis le temps, que je doit avoir certainement soif et joignant le geste à la parole il me tend un verre rempli d’eau.
Les sanglots de mon père se sont arrêtés, je vide à petites gorgées mon verre et nous l’écoutons m’expliquer ce que je fais là, me raconter ma vie depuis le jour de l’accident à aujourd’hui comme si c’était un film où l’actrice principale, en l’occurrence moi, brille par son absence :
« Vous avez eu un accident de la route assez grave : un chauffeur de poids lourds dont le taux d’alcoolémie détient encore à ce jour le record du plus élevé de la région vous a couper la priorité au carrefour des Fleurs». Oui je vois de quel carrefour il parle, il a été baptisé comme tel par les habitants du quartier a cause des quatre maisons qui l’entourent et qui regorgent d’une flore importante (Rosiers, lys, tulipes, lilas et autres) et la circulation y est d’habitude assez calme .
« Il a percuter votre voiture qui a engagée une course folle comme si elle était une bille de flipper pour terminer encastrée dans le chêne centenaire qui se trouve à deux cent mètres du « point de départ » dans le jardin d’enfants (heureusement vide a ce moment là). Les secours dont je faisait parti comme simple interne à l’époque, sont arrivés sur les lieux dix minutes plus tard mais lorsque on a vu les dégâts, on n’avait plus beaucoup d’espoir de retirer autre chose de l’épave qu’un corps sans vie dont le cercueil resterai clos lors de la cérémonie des adieux avant l’enterrement. C’était déjà surréaliste que la voiture n’est pas prise feu mais lorsqu’on vous a sorti de là, une heure plus tard, inconsciente mais en vie certaines personnes qui étaient sur les lieux ont crié au miracle divin.
Et c’est peut être bien ce qu’il vous est arriver Mademoiselle même si vous êtes restée dans le coma pendant deux ans; vous êtes encore en vie »
J’avais mille questions a lui poser, un besoin de savoir à combler mais au lieu de cela je lui dis simplement : « Si vous vous occupez de moi depuis aussi longtemps que vous le dites, je pense que vous pouvez m’appeler Jessica, voir même Jessie car si j’ai bien suivi vous êtes mon meilleur ami depuis quelques temps ? »
Il m’a regarder toujours souriant et m’a répondu : « On peux dire cela, oui. Alors je pense que l’on peu également se tutoyer et que vous, pardon, tu peux m’appeler Jospeh ou Joey ou comme bon te semble après tout. »
Cette simple phrase a suffit pour que mon cœur lui appartienne, oui j’admet qu’à cet instant j’étais tombé totalement amoureuse de cet homme et c’est là que je l’entendis de nouveau, la voix moqueuse et sournoise, provenir du fond de ma tête. C’est sur un ton mesquin et glacial qu’elle me dit : « Ouais, bien sûr, te voila tombé en amour d’un parfait inconnu! Et tu t’imagines quoi?
Que ça va être : ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ? Laisse moi rire, ça n’arrivent que dans les contes de fées ma cocotte, réveille-toi. Tu sais se qui va se passer entre vous deux ? Attends, je vais te faire un petit topo rapide : Vous sortirez ensemble, feraient l’amour le soir même et le lendemain; salut ma poule, au plaisir de ne pas te revoir. »
Ses « paroles-pensées » retentirent en moi comme un mauvais présage, ce n’est pas moi qui pense comme ça, ça ne me ressemble pas. J’ai envie de hurler : « Tais-toi petite peste » mais peux t-on faire taire le cours de ses pensées ? Plongée dans cette réflexion, j’en avais oublier le reste : mon père, Joey, le résumé de mon accident, l’absence de ma mère. Et cette intruse qui revient à la charge : « Ne crois pas une seule seconde que je suis une quelconque partie de toi ma cocotte, j’ai rien a voir avec toi. Je passais par là et quand j’ai vu ton crâne fêlé et je me suis dis qu’au lieu de errer sans but je pouvais bien prendre possession des lieux et voir si il était possible de te gâcher la vie. T’as mis un sacré bout de temps a te réveiller et j’aime pas perdre mon temps!
Je vais faire de ta vie un enfer, un sacré cauchemar. Je suis EN toi et pas DE toi c’est clair ma cocotte? Disons que je suis ta part de ténèbres et que ça te plaise ou non, on va faire un très long chemin ensemble. Je la ferme jamais tu sais ? Rien de ce que tu feras ne pourra me faire taire, je te préviens en tant que co-locataire, ma chère. »
Mon père s’était lever du fauteuil et approcher de moi sans que j’y fasse attention pour autant. D’une voix tremblante il me demanda : « Jes ? Jessie, tu vas bien ? C’est le choc ? Oui sûrement ! Mais t’inquiète pas ma puce, ça va aller, tu verras je t’aiderai et tout va s’arranger. Oui tout va s’arranger !!! » . A voir l’expression qu’il affichait, je devais être à faire peur.
Affichant mon plus beau sourire (style Miss Amérique), je lui pris la main et lui répondit : « Oui, je sais, je suis juste fatiguée mais dis-moi pourquoi maman n’est pas là ? » et lorsque je vis son visage se décomposer et les larmes couler de nouveau je regrettai déjà ma question. « Elle nous a quitter ma puce, six mois après ton accident. Elle était devenue dépressive et pensai que c’était de sa faute si tu étais dans le coma. Elle s’en ai toujours voulu de ne pas avoir été chercher tes livres. Elle…elle s’est jeté a plus de deux cent à l’heure sur le chêne du parc mais elle n’as pas eu ta chance. »
Alors voila où j’en suis? Ma mère est morte, mon père à l’air de frôler la déprime et j’ai une petite chieuse qui a élu domicile dans ma tête. Génial! J’aurai peut être du mourir finalement ou au moins rester dans le coma cela aurai mieux valu. Et comme si cette réflexion avait suffit à l’appeler, Miss Morveuse se remis à parler d’un ton proche du fou rire comme si elle n’avais pas entendu histoire plus drôle depuis un certain temps. « Voyez vous ça ? Ce n’est pas génial ? T’as survécu à cette conne qui te servait de mère. Mieux même, tu es responsable de sa mort. Combien de temps avant que papa chéri te le foute au nez ma cocotte ? A ton avis ? T’as tuer sa femme, merde c’est pas rien ! Chapeau bas ma poule, je suis fière de toi. »
Je l’aurai étrangler si j’avais pu mais comment faire vu que ça se trouve en moi ? Au lieu de ça je lui «répondit» : « Tais-toi ! Je n’ai pas tué ma mère, je t’interdis de me dire ça ! Mon père m’aime et je sais qu’il ne me tient pas responsable de ça. Arrête de rire et ferme-là. »
« Je te l’ai dis ma cocotte, je parle tout le temps. Désolée mais c’est plus fort que moi. A propos de ce que tu penses sur ton papa chéri, tu en es sûr ? »
« Oui ! J’en suis sûre ! Et arrête de m’appeler ma cocotte, c’est agaçant. »
« Sûre, sûre ? Moi j’en doute, MA COCOTTE, peut être qu’il est rester là tout ce temps dans l’espoir que tu te réveiller pour palper une part du pactole que te doit l’assurance. Ce qui serait la moindre des choses pour lui vu qu’il a du te veiller dessus pendant deux longues années… et aussi vu que t’as tuer sa femme. »
« Arrête! Arrête! Tu mens ! Tu es un poison, tu veux tout noircir mais tu n’y arriveras pas. Tu perds ton temps je te préviens »
« On verra, on verra. Je gagne toujours au cas ou je ne te l’aurai pas dis ».
Premier signe de folie : parler à sa tête (où se répondre en pensée comme si vous discutiez vraiment). Ce fut mon premier dialogue avec Miss Morveuse, le premier d’une longue série. Pour l’instant elle s’était tue et j’en profitai pour me tourner vers mon père :
« Papa, je suis désolée. Je ne sais pas quoi dire d’autre. »
« Ca n’est rien, ma puce. Il est trop tard de toute façon. Le médecin va t’ausculter, je vais en profiter pour aller te chercher un cola. »
« Merci papa, je t’aime tu sais. »
« Je sais ma puce, je sais » et il sorti de la chambre sur ces mots, me laissant avec le médecin.
Et Miss Morveuse, comment l’oublier celle là, qui reprit de sa voix narquoise : « Woauw, quelle sortie !! On applaudit bien fort s’il vous plait. »
« La ferme, il est vieux et fatigué. Fiche moi la paix avec lui »
« D’accord d’accord ma cocotte, te fâche pas! Au fait, t’as remarqué qu’il n’a pas dit que lui aussi t’aimais ? Je te laisser méditer là-dessus, à plus ma puce. »
Oui j’avais remarquer mais j’allais sûrement pas lui dire, ça non alors.
« … l’air ailleurs. »
Merde Joey, à cause de l’autre j’avais oublié sa présence.
« Excuse-moi, mais quoi ? », toujours avec le sourire puissance max je devais vraiment avoir l’air débile.
« Je disais : Tu es sûre que ça va ? T’as l’air ailleurs. »
« Oui ça va, ça fait beaucoup en une seule fois mais ça va. »
« Bien, on va voir ça. Tu devras probablement resté en observation aujourd’hui et si tout est normal tu rentreras demain chez toi. »
Retrouver ma maison, Mystic mon chat et mes livres. Maudits bouquins à cause desquels je me suis retrouvée ici et pourtant j’avais hâte d’y être, me plonger dans l’univers de la Tour, retrouver Roland et les autres. J’en avais déjà les larmes aux yeux et une envie pressente de partir d’ici.
Comment était-ce écrit déjà ? Le Ka est une roue ? Oui je crois que c’est ça, toujours est t’il que me revoilà au point de départ, certes plus loin dans le temps, mais cette fois une chieuse de première classe en supplément dans ma vie. Et peut être aussi Joey, qui c’est ? En plus, c’est pratique d’avoir un toubib sous la main. Un beau docteur aux yeux bleus (exactement comme j’imagines ceux de Roland en plus), je suis partante sans hésitation. Pendant que je pensais à tout cela Joey, qui avait fini de me regarder sous toutes les coutures, était parti s’asseoir sur le fauteuil et remplissait le formulaire. Mon père revient au moment où il remettais son stylo bille dans la poche de devant. Je me suis tournée vers mon père, je voulais lui demander pourquoi il était parti si longtemps mais quand je le vis là, devant moi, les yeux bouffis d’avoir trop pleurer et les bras chargés, je suis restée coite. Il avait bien été me prendre à boire mais aussi des livres et pas n’importe lesquels en plus. Mon auteur fétiche, ma saga préféré, trois tomes gros comme des pavés, je reconnu le premier de la pile car c’était celui-là que j’été partie chercher deux ans plutôt mais les autres ne me disaient absolument rien. Ce fut l’instant de trop, je ne pus retenir mes larmes et je m’effondrai la tête planquée dans mes genoux repliés. Mon père vint s’asseoir sur le lit, je l’entends poser ces cadeaux sur la table de nuit. Il me prend le bras et me dit simplement :
«Je voulais juste te faire plaisir, je sais que tu les aimes alors quittes à avoir de la lecture ce soir autant que se soit quelque chose qui te plaise. »
Au prix d’un effort monumental, j’ai redressée la tête et je lui ai dit : « Merci, merci papa »
« De rien, mon ange. Je t’ai pris les derniers volumes, ils sont sortis depuis…ton accident, enfin tu connaîtras la fin comme ça. »
Je l’ai pris dans mes bras, l’ai serré très fort et l’ai embrassé sur le front, là où je le faisais depuis que j’étais petite. Joey, qui avait eu la décence de rester discret pendant ce moment repris la parole :
« Bien et comme une bonne nouvelle ne viens jamais seule, j’ai le plaisir de vous apprendre que tu ne va resté que vingt-quatre heures en observation et après tu seras libre de quitter ce lieu mais j’espère que l’on va restés en contact tout les deux. Je vous laisse, il faut que je rentre toute cette paperasse». Il m’adressa un clin d’œil, dis au revoir à mon père et sorti de la chambre, nous laissant tout les deux dans la clarté du soleil de la fin d’après-midi. Mon père se leva à son tour, me regarda encore une fois comme si il avait du mal à croire en ma présence et me dit :
«Faut que j’y aille, il se fait tard et je dois encore aller chez toi nourrir Mystic et tout préparer pour ton retour, je te laisse te reposer et surtout ne force pas pour la lecture si tu te sent fatiguée. Je te connais ma fille, tu es capable de lire jusqu'à ce que les yeux t’en tombes. Tu as besoin de repos, je viendrai te chercher demain. Au revoir ma chérie ». Il m’embrassa et sorti a son tour, me laissant seule. Enfin non pas vraiment seule, vu que Miss Morveuse me faisait un come-back dans l’espoir de gâcher ma nuit.
« Ca y est, enfin seules ma cocotte. Alors, tu as envie de bouquiner ? Ni compte pas trop, j’ai envie de causer moi. Par quel sujet tu préfères commencer ? Le playboy qui te fait le coup du super copain ou de ton père qui se sauve comme un voleur ? »
« Fiche-moi la paix, si tu espères que je vais m’énerver par ce que tu insinues tu perds ton temps. Et mon père ne s’est pas «sauver», il avait d’autres choses à faire c’est tout. »
« N’empêches qu’il est parti tout de suite après ton médecin comme si il ne voulais pas être le premier mais n’attendais que ça. Tu ne trouves pas ? »
« Non pas du tout. Maintenant si tu pouvais la fermer, j’aimerai bien me reposer pour être en forme demain. » Et pourtant si, c’est bien l’impression que j’ai eue. Qu’il n’aspirai qu’à partir mais qu’il ne voulais pas partir le premier. Miss Morveuse (vu quelle est une « personne » à part de moi, autant la nommé et ce nom lui va assez bien, vous ne trouvez pas ?) avait ce trait de caractère qui m’insupporte royalement : toujours avoir le dernier mot et mettre le doigt sur l’aspect des choses qui font le plus mal. Oui elle avait raison mais l’admettre l’aurai trop fait jubiler, elle y aurai vu une faiblesse chez moi, des victoires à venir facilement acquises dès qu’elle aborderai ce sujet. D’un ton qui se voulais calme je lui demandai : « Alors, c’est d’accord ? Tu te mets en stand by jusque demain ? S’il te plait, il faut que je soit d’aplomb pour affronter ce qui m’attends. »
« D’accord, je te laisse tranquille mais laisse moi te dire une chose. Comme dirai ce dénommé Roland dans tes livres : Le monde a changer. J’espère que tu n’imaginais pas que tout serai rester pareil rien que pour toi ? Le monde à changer, il est encore plus dangereux. La guerre menace, les terroristes sèment la terreur, les maladies sont plus nombreuses et plus contagieuses et bien d’autres trucs supers sympathiques dont je te parlerai plus tard. Franchement c’est flippant la vie dehors, j’espère que tu t’y feras. Dors bien, a plus ma puce. »
Oui je me doute bien que le monde a continué sans moi mais est ce que c’est devenu aussi horrible que ça ? Non, quand même pas ? Elle a dit ça pour me faire marcher c’est sûr. Enfin, je verrai bien demain pour l’instant je vais profiter de ce silence pour lire un peu puis repos.
La lune est pleine, elle est haute dans le ciel, je la vois au travers des tentures. D’après le réveil posé sur la table de nuit il est trois heures du matin, je n’ai pas vu le temps passé. Le souper est arrivé à dix-huit heures (potage de poulet et sandwiches jambon), je n’avais pas vraiment d’appétit mais Miss Morveuse a pointée le bout de son nez pour me dire que si je ne mangeais rien, je ne sortirai pas demain sur le ton d’une mère qui préviens son enfant que si l’assiette ne se vide pas, il n’y aura ni sortie pour aller jouer ni dessin animé. Je ne sais pas se qui me porte le plus sur les nerfs : le ton « Ecoute maman ! » ou le fait (qu’une fois de plus) elle ai raison. Alors j’ai vidé le bol de soupe (déjà tiède) et manger un des deux sandwiches (aussi appétissant que du plastique) et je lui ai demander si ça lui allais comme ça, si maintenant elle pouvais aller se faire voir dans quelque coin obscur de mon cerveau et me foutre la paix. Apparemment je l’avais vexée mais au moins elle resta aux abonnés absents ce qui fût un soulagement pour moi. Je pris d’une main tremblante un des livres que mon père m’avait amener. Dire que c’est à cause de ça que je me suis retrouvée ici et pourtant la première chose que j’ai eu envie de faire en le voyant lui et ses petits frères c’est de m’y plonger et retrouver tout ces amis perdus depuis trop longtemps. Je suis restée cinq minutes à contempler la couverture avant d’oser l’ouvrir pour entamer la lecture. J’ai commencer par la préface, le mot de l’auteur comme on dit, je sais que certaines personnes passent outre mais moi je n’y arrive pas, ce serai comme un manque de respect envers l’auteur. Débile peut être mais je suis comme ça, les livres ont toujours eu un effet bizarre sur moi, quand je lis j’ai l’impression de «communier» avec l’auteur, d’entrer dans son monde, de ne faire qu’un. Et si il existe une personne sur terre qui a déjà lu un livre sans ressentir cela ne serai-ce qu’une fois et bien j’ai de la peine pour elle. J’ai donc repris les aventures de Roland et de son Ka-tet, quel bonheur de les retrouver (même si maintenant j’avais ma version personnelle de Detta) et lorsque la fatigue fit danser les lignes du texte devant mes yeux, je dus déclarer forfait et reposer cette merveille, ce faisant, mes yeux se posèrent sur le petit réveil de voyage. Trois heures du matin ! Et moi qui voulais me reposer quelle blague, j’ai éteins la lampe et je me suis endormie aussi sec.
C’est Miss Morveuse qui me réveilla, le réveil affichais neuf heures du matin et un timide soleil essayer de réchauffer la chambre.
« Salut ma cocotte, il est temps de te lever tu sais. Non mais tu as vu l’heure ? Les sorties se font à dix heures et si tu veux être prête pour affronter le monde extérieur tu devrais au moins aller te laver et t’habiller tu ne crois pas ? »
« Oui, c’est ça oui. Je vais y aller, laisse moi le temps d’immerger tu veux ? »
Quelle casse-pieds celle là je vous jure, elle se prend pour qui ? Pétasse va! Les yeux encore bouffis, je me suis levée en douceur pour aller à la salle de bain. J’ai allumé le néon et je suis restée immobile devant le miroir. Est-ce bien mon reflet que me renvoyai cette glace cruelle ? Je n’arrivai pas à l’admettre et pourtant comment aurai t-il pu en être autrement ? Au moindre geste celle que je voyais faisait de même. Déjà qu’au niveau de la tête je n’étais plus moi-même lorsque je m’observais à la lueur trop forte du néon, j’avais l’impression d’être devenue une autre.
L’image dont je me souvenais été celle d’une jeune fille plutôt jolie (pas belle mais jolie), un physique agréable et de longs cheveux châtains qui arrivaient en bas du dos. Celle qui se tenait devant moi était squelettique, le visage émacié, les omoplates saillantes sous le fin tissu de la robe de nuit mais le plus grand choc, le plus dur à admettre étaient ces cheveux courts et ternes. Coupés à hauteur de la nuque, il ne restai rien de ce qui fût mon seul orgueil et comme si cela ne suffisait pas, une cicatrice partait de ma temps gauche à l’arrière du crâne. Blanche et affreuse, une marque défigurante que je porterai à vie, aucun cheveu ne repoussera à cet endroit. Le constat était horrible, j’étais méconnaissable, l’ombre de celle qui fût. Effarée, refusant la vérité, je fis appelle à ce qui me restai de courage pour me déshabiller et commencer ma toilette. Ce qui se trouvait là-dessous était bien pire. Ma poitrine n’était plus qu’un vestige de ce qu’elle était, je pouvais compter mes côtes sans problème, j’avais les hanches qui ressortaient autant que les épaules et partout des cicatrices, traces fantômes des points de suture, il y en avait tellement! Joey avait raison, cela tenait du miracle si ce corps en ruine était encore vivant. Les larmes coulaient en silence sur mes joues, je les remarquai a peine. Pourtant la vérité était là, devant moi. La jeune fille avait laissé la place à un mort-vivant, oui c’est ce que je ressentais, un vestige de corps qui tenait debout Dieu sait comment et en prime avec une voisine imposé dans la tête. Je me lavais aussi vite que je pus, autant pour être prête que pour pouvoir dissimuler ce corps que je ne supportais pas de voir. Ma grande copine débarqua alors que je m’habillais.
«Alors ma cocotte, quel beau spectacle que voilà tu ne trouves pas? Tu sais, tu auras beau te planquer sous des couches de vêtements, ton corps restera pareil. On dirai la fiancée de Frankenstein, tu ne trouves pas ? Tu crois que Mister Joey sera encore attiré par toi ? Enfin, dans le noir et si tu arrives a reprendre quelques kilos il y aura peut être moyen! »
« Quel plaisir de t’entendre Morveuse, l’espace d’un instant j’ai espérer que tu n’étais plus là »
« Désolée de t’avoir donner de fausses joies, ma poule. Alors, prête à sortir? Pas trop peur pour ton retour dans le monde? Non ? Ah, tu as tort mais bon, tu t’en rendras compte toi-même»
« C’est ça oui, écoute moi bien : je ne crois pas le moindre mot de ce que tu raconte. Le monde n’est pas devenu si terrible et quand à Joey ce n’est pas tes affaires. Barre-toi, tu me fatigues. »
« C’est ça, c’est moi qui te fatigues. N’importe quoi! Qui a passée la nuit le nez dans son livre ? Moi peux être? Si tu es crevée c’est ta faute et non je ne me barre pas. Tu n’as pas du bien me comprendre la première fois : ce n’est pas toi qui établis les règles, je ne suis pas à tes ordres et tu me supportera toute la journée si j’en décide ainsi. Ca y est? Tu me capte bien maintenant ? »
« Oui, d’accord, en clair c’est toi le boss maintenant ? Mais pourquoi tu fais ça ? Pourquoi à moi ? »
« Et pourquoi pas? Je fais ce que bon me semble et pourrir la vie des gens est mon passe-temps favori. Bon, il faudrait peux être que tu t’actives, on va pas rester dans cette salle de bain toute la journée non plus. »
« Et pourquoi pas ? Tu ne pourrais quand même pas me forcée que je sache ? »
« Tu crois ? Figure-toi que je peux te donner des migraines tellement douloureuses que tu te cogneras la tête pour essayer de diminuer ta douleur. Et puis si je suis entrée dans ton cerveau si facilement, je peux aller où bon me semble dans ton corps et agir sur tes organes vitaux, tu veux que je te montre ? Allez, met moi au défi, je pourrai trouver cela marrant. Te faire tomber pourquoi pas dans un escalier ou compresser tes poumons pour que tu ais du mal à respirer. Te contracter l’estomac pour te faire vomir le peu que tu réussiras à avaler ou encore ralentir les battements de ton cœur. Qu’en dis tu ? Tu veux vraiment jouer avec moi ?»
« Non, c’est bon. De toute façon, c’est bientôt l’heure et papa va arriver. »
« Ah oui, ton cher papa. Tu lui donnes combien de temps avant qu’il te laisse tomber, dis-moi? Allez, disons le temps que tu reprennes tes aises chez toi, que tu sache cuisiner seule et tout le reste et surtout de savoir quoi avec les assurances. Je lui donne un mois, voir deux semaines si tu ne reçois aucun dédommagement pour l’accident. Il te sortira un baratin du genre : tu dois retrouver ton indépendance, tu t’en sort très bien toute seule. J’ai besoin de vacances tu sais, cela à été dur pour moi tout ce temps. Et blablabla… »
« C’est ça oui. Si cela peut te faire plaisir. Je dois achevé mes valises alors oublies-moi tu veux ? »
« Non. Mais essaye de m’ignorer pour voir, qui sais je me lasserai peut être ? »
Je sorti donc de la salle de bain, le réveil marquai déjà dix heures moins le quart (c’est fout comme le temps passe vite lorsque l’on s’amuse, ah ah ah !) et rien n’était encore prêt. J’ai pris la valise qui était dans l’armoire et j’ai commence par les vêtements, cela à été vite fait vu qu’il n’y avait quasiment rien puis mes livres, en douceur pour ne pas les abîmer, je les enveloppai dans une courtepointe que mon père avais amener pour plus de sécurité. Il ne restai que les affaires de toilette et pendant tout ce temps, la Morveuse n’arrêtai pas. Ricanante du soin avec lequel je rangeai les affaires, blessante avec des phrases comme : « Tu as bien raison de protégés ces livres comme si c’était des nouveaux-nés car après tout, des enfants, vu ta tronche, tu en auras jamais! » et d’autres du même tonneau. Mon père arriva à dix heures précises, il a toujours été ponctuel, il m’a demandé si je n’avais rien oublié. Il voulu me prendre le bagage mais comme c’était assez lourd, je lui ai dit que je pouvais le porter moi-même. L’autre continua sur sa lancée :
« Pourquoi tu le laisses pas faire ? Avec un peu de chance, il nous fera une crise cardiaque où il se bousillera le dos. Et puis, vaut mieux tant que l’on se trouve encore à l’hôpital qu’une fois arriver chez toi, personnellement je préfère le cœur qui lâche au moins on sera débarrasser de ce vieux croûton. De toute façon, c’est naturel que les enfants survivent aux parents… ce qu’il l’est moins c’est quand ils sont responsables de leurs morts. Tu n’es pas d’accord ? »
« Ne commence pas toi! On a déjà abordé le sujet et je t’ai déjà donner mon avis alors arrête. »
« Au fait, il est où le beau docteur Ross ? Tu penses qu’il va encore tenter le coup ? »
« Mêle toi de ta vie et lâche moi ». Je ne sais pas combien de fois j’ai du lui dire cette phrase pendant le temps que dura cet enfer mais trop souvent ça j’en suis sûre. Pendant que se déroula cette discussion intérieure, j’arrivai avec mon père vers l’accueil. Le hall était éclairé par le soleil, les murs étaient couleur crème avec un liseré bleu ciel, des tableaux plutôt banals les ornaient. Des plantes vertes à profusion et des sièges en plastique moulé rouge criard qui donnaient une note abjecte dans cette pièce aux couleurs pastel. Joey était là, évidemment, il se tenait près de la secrétaire et parlaient ensemble. Il avait du lui raconté une blague car la jolie rousse parti d’un rire chevalin qui ne s’arrêta que lorsque nous arrivâmes son bureau. Joey nous salua et n’accorda plus la moindre attention à la rouquine qui continua de le dévorer des yeux. Il commença à m’expliquer les différentes difficultés qui pourraient survenir aussi bien pour retrouver ma place dans la société que des ennuis de santé éventuels. Je l’écoutai distraitement, hochais la tête de temps à autre car à l’intérieur j’étais de nouveau en grande discussion avec ma nouvelle copine.
« Alors jalouse de Mademoiselle Poil-de-carotte ? C’est vrai qu’elle est plutôt jolie…elle. »
« Non, je ne suis pas jalouse. Pourquoi je le serai d’abord ? »
« Parce qu’il te plait, ne me dit pas le contraire je peux tout savoir de tes sentiments, de ce que tu penses. Alors que compte tu faire ? Tu vas lui donner rendez-vous pour le revoir ou ton numéro de portable et te morfondre chez toi en attendant son appel? Appel qui ne viendras jamais vu qu’il trouvera toujours une fille mieux que toi pour sortir. Vas-y, dit moi, je suis curieuse de savoir. »
« Ni l’un, ni l’autre. Je vais sortir d’ici, rentrer chez moi et retrouver Mystic. Je lirai un peu, mangerai un bout et ensuite j’irai me coucher en espérant que demain tu seras sortie de ma vie »
« N’y compte pas, comme dirai l’autre : J’y suis, j’y reste! Allez, tente ta chance avec lui fais moi plaisir, j’ai tellement envie de te voir te faire jetée. Allez, fais moi rire… tiens en échange je te ficherais la paix jusque demain. Quand dis tu ? C’est plutôt honnête comme marché, non ? »
« Pas question, je ne marche pas dans tes histoires. Libre à toi de faire ce que tu veux mais ne compte pas sur mon aide. »
« D’accord, puisque c’est comme ça attends toi à passer de très bons moment avec moi pendant les jours à venir alors.»
« Oui c’est ça, on verra. » Sur ces mots je remis toute mon attention sur Joey et mon père qui remplissaient déjà les formalités de sortie. Combien de temps écouler pendant que Miss Morveuse et moi tenions palabre ? Combien de temps suis-je resté sans rien dire ou faire? J’avais ces absences en horreur mais au fond de moi je savais que si j’essayais d’ignorer les réflexions de Miss Morveuse, la situation s’envenimerai. La raisonner me faisait le même effet que la lecture d’un bon livre, je me coupai du monde externe et perdais le fil du temps. C’était plutôt effrayant comme perspective mais je ne pouvais rien y changer alors a quoi bon s’en préoccuper ? Au prix d’un gros effort je pris la parole pour demander à mon père :
« Tout est réglé, on peux y aller ? J’ai hâte de rentrer à la maison. »
Rentrer à la maison… rien que l’idée de retrouver mes affaires, mon canapé, dormir dans mon lit moelleux et pas dans un lit anonyme d’une chambre d’hôpital et bien sûr Mystic mon matou et mes livres me fit montée les larmes aux yeux. Je me forçai à les contenir et afficha un petit sourire. Je sais, cela peux paraître bizarre qu’une personne préfère passer la soirée dans un « pavé » de pages au lieu de regarder la télévision mais je suis comme ça et tant pis pour ceux que cela dérangent. Les livres laissent place à l’imaginaire tandis que la télé (du moins certains programmes) a tendance à abrutir ses utilisateurs. Mon père se tourna vers moi et me dis :
« Oui c’est bon, tout est en ordre. Tu es pressée de rentrer pour pouvoir lire, hein ? Avoue. »
Sur le ton « Oh papa, tu me connais si bien! », affichant le sourire d’une enfant prise sur le fait :
« Bien oui, entre autres choses. » Le résultat de cette réponse me fis vraiment sourire car ils éclatèrent tous de rire (sauf Miss Rouquine qui me fixa d’un œil jaugeur et calculateur, l’air de dire « mais c’est qui celle là ? Pour qui elle se prends à vouloir capter toute l’attention sur elle ?».
C’est sur cette bonne blague que nous dîmes au revoir à Joey et émergèrent dans la chaleur du jour. La journée était magnifique, le soleil déjà haut dans un ciel bleu azur sans le moindre nuage.
Les arbres, les fleurs, les cris d’enfants que l’on entendait en provenance d’une aire de jeu voisine. Tout respirait la vie, tout donnait un puissant sentiment de joie et de bonheur pur, je ressenti tout ça, me demandant par la suite si le monde était devenu aussi terrible que la Miss à voulu me faire croire. Nous arrivâmes au parking, mon père chargea la valise dans le coffre et nous montèrent dans la voiture. Il lança le moteur et nous mettions en route. Une pensée me vient, tournant en rond dans ma tête comme un chien qui coure après sa queue.
« Ca y est, je rentre chez moi. Je rentre chez moi! »

Le long du trajet, anxieuse et inquiète suite aux dires de Miss Morveuse, je contemplai le décor à l’affût de la moindre différence mais rien n’avait l’air d’avoir changer. Les rues grouillaient de passants, il y avait des enfants dans les parcs, sur les balançoires et autres tape-cul, les plus jeunes dans les bacs à sable, les plus vieux s’embrassants sur les bancs. Un chien courant après une balle, des mères donnant le biberon à l’ombre d’un arbre. Si le monde avait vraiment changé ici rien n’avait bougé. Je commençais à nourrir de sérieux doutes sur les dits ragots et comme si cette pensée eu suffit à l’appelée, elle débarqua en première ligne et débuta un discours dans la même veine que celui de l’hôpital.
« Alors tu ne me crois pas ? Pourtant si tu savais… Par exemple, une étude super sérieuse à réussie à prouver que n’ont seulement les ondes émises par les téléphones portables causaient des tumeurs au cerveau mais aussi les appareils mis en veille et l’ utilisation des micro-ondes rend cancérigène les aliments. Y a pas à dire, c’est beau le progrès! Au fait, sans vouloir passer du coq à l’âne, tu as remarqué que le charmant docteur n’à pas demander ton numéro ? Pas trop déçue j’espère ? Ne me dis pas que tu pensais avoir trouver le grand Amour, tu étais une patiente parmi d’autres, sans le moindre intérêt pour lui et maintenant que tu es sortie, lui passe à autre chose. »
« Je ne me soucie pas de Joey et si les portables sont aussi nocifs que tu le dis, je vais aller en acheté au moins trois dès demain! Qui sait, peut être qu’avec une bonne dose de ces ondes, tu te tiendras tranquille. »
« Essaye pour voir. La seule différence c’est que si ma situation actuelle ne me plait plus, je peux mettre les voiles quand bon me semble tandis que toi, si tu fais joujou avec ça et que tu te récolte une tumeur, tu resteras avec ton cerveau pourrissant. A toi de voir, ma cocotte. »
« D’accord, c’est bon, laisse tomber. De plus, on est arrivées. »
Mon père me demanda pourquoi j’étais si silencieuse et je lui répondis que j’étais trop occuper à regarder le monde pour seulement penser à dire quelque chose. Je n’allais quand même pas lui répondre : « Moi silencieuse ? Du tout, la preuve j’ai eu une longue conversation avec la chose qui habite dans mon crâne, disons plutôt que je parle intérieurement. Nous sortîmes de la voiture et je me figeai sur place, observant dans le moindre détail cette demeure que je n’avais pas vue depuis deux ans. L’allée de gravier, qui permet d’accéder au perron, qui chevauche la modeste pelouse fraîchement tondue. Les plates bandes garnies de pensées, coquelicots et autres fleurs de saison, les rosiers grimpants encadrants la porte d’entrée, le lierre vert éclatant sur la façade rouge vif, contraste de couleurs tape à l’œil. C’est le cœur plein de diverses émotions que je remontai le sentier, j’entendais le gravillon crissé sous mes pas. J’ouvris la porte et pénétrai enfin chez moi en proie à un sentiment de bonheur vertigineux, si j’avais sût à cette époque que ce lieu accueillant deviendrai ma prison je serai partie en courant sans un regard en arrière pour mon chat et le reste mais comment aurai-je seulement pus en avoir le soupçon ? Mon père sur les talons, je m’avance dans le salon, Mystic coure vers moi pour me souhaiter la bienvenue mais lorsque je me baissa pour le caresser, il fit le gros dos et se mis à siffler et cracher puis se sauva dehors par la porte d’entrée restée ouverte. Je restai abasourdie devant son comportement, jamais il ne m’avait fait ça avant. Mon père vint se poster à mes cotés, déposa la valise et me dis :
« Ne fait pas attention à cette bestiole, elle devait sûrement dormir et on l’a réveillée c’est tout. J’ai rempli le frigo, tu penses que tu t’en sortiras ? Je dois partir, j’ai promis à Agathe, tu sais la dame qui habite trois maisons plus pas dans ma rue, de passer pour réparer son évier mais je peux rester si tu veux. »
« Non, ça va aller, merci. Je vais sûrement manger un bout, regarder la télé puis me prendre un bon bain chaud avant de me coucher. »
« Bien alors j’y vais. Si jamais il y a un problème, appelle moi. Au revoir, ma puce.»
« D’accord, je t’appelles si besoin. On se voit demain ? »
« On verra, j’essayerai de passer, je te promet rien. Allez, faut que j’y aille. »
Petit vieux au visage marqué par les coups durs de la vie, la mine fatiguée due à des nuits trop courtes et toujours un léger sourire sur les lèvres. C’est l’image que je garde de lui Un baiser rapide sur la joue et le voila parti. C’est la dernière fois que je le vis, du moins vivant.
J’entamai la visite des lieux, alors voilà ce que j’avais abandonner durant tout ce temps? Un salon plongé dans la pénombre des stores baissés pour éviter la chaleur, aux murs garnis d’étagères débordantes de livres, une cuisine équipée tout confort, une salle de bain carrelée de bleu du sol au plafond, une chambre, également obscurcie par les volets clos, avec en son centre un lit à baldaquin aux rideaux couleur lavande. A croire que le bleu et ses déclinaisons ont ma préférence.
« Dis donc, chez plutôt coquet chez toi. »
« Tiens, je me demandais quand tu ferais surface. Que suis-je sensée te dire ? Bienvenue dans ta nouvelle maison ? »
« Si tu veux. Au fait, j’ai l’impression que ta boule de poils ne m’aime pas trop. Et ton père, il s’est encore carapaté comme un voleur ? C’est qui Agathe ? Sa nouvelle copine ? C’est vrai que même si c’est un vieux croulant, à son âge on aime encore tirer un coup pas vrai ? »
« Je préfère même pas y penser. Quand à Mystic, il reviendra. »
Mais tout comme mon père, Mystic ne revint jamais.
Cinq minutes s’étaient écoulés depuis que j’avais finit mon petit tour dans la maison, je m’étais installé dans mon vieux fauteuil et avais déjà reprendris ma lecture lorsque j’entendis un hurlement de pneus accompagnés d’un long coup de klaxon. Je suis sortie en courant, c’est typique chez les gens : ils entendent les échos d’un accident et ils accourent sur les lieux pour voir, pas pour aider en premier lieu mais pour voir tout simplement, sans freiner l’allure j’ai remonter la rue et je suis arrivée sur la place du drame. Mon sang c’est glacé dans mes veines, mon cœur à louper quelques battements et mon esprit se referma sur la vision que mes yeux lui offraient. C’était la voiture de mon père, j’arrivai par derrière et reconnu de suite la plaque minéralogique et la peluche affreuse qui trônait sur la planche arrière (un affreux chien noir au sourire ricanant que je lui avait offert six ans plutôt), le moteur tournait au ralenti mais le siège était vide et la portière coté conducteur ouverte. Pour quelles raisons il avait fait demi-tour, je ne le sus jamais et préfère ne pas savoir même si Miss Morveuse m’à gorgée d’hypothèses jusqu’à plus soif. Je le cherchais dans la foule, me disant qu’il devait y être forcément vu qu’il n’était pas dans la voiture mais je ne le vis nulle part. J’avançais d’un pas chancelant vers l’avant et le trouvai enfin. Il étais allongé par terre, face contre le macadam brûlant et serrai dans ses bras quelque chose qui avait vaguement la forme d’un sac de sport qui aurait été malmené. J’entendis au loin les sirènes des ambulances, j’essayai de me rassurer en disant qu’ils arriveraient à temps, qu’ils le sauveraient comme ils avaient réussi avec moi. Mais au fond de mon cœur, je savais qu’il était trop tard et l’autre qui riait, qui riait tellement fort que son rire de bécasse me vrillait les oreilles
Je voyais du sang, pas des masses mais en belle quantité quand même, il ne semblait pas provenir de mon père. Je m’accroupis à ses cotés, passa une main sous son cou et de l’autre le mis sur le dos. Quelle erreur, quelle horreur! Son visage se décolla du bitume avec un petit bruit écoeurant, son front et sa joue, qui s’étaient collé à l’asphalte brûlante, étaient d’un rouge vif d’ homard cuit.
Et ce que j’avais pris de loin comme étant un vieux baluchon était en fait mon vieux matou, du moins ce qu’il en restai. Il avait l’allure d’un ballon crevé, les boyaux lui ressortaient du ventre qui avait explosé sous le choc, sa tête était broyée et la petite tache blanche en forme de cœur qui ornait son front s’était teintée de rouge. Ce blanc devenu rouge ce fut trop, je me relevai d’un pas chancelant et réussi à faire quelques pas avant que mon estomac ne rendent les armes. A genoux dans le vomi, tremblante de tout mon corps, je pris conscience que les gens qui étaient là parlaient bon train. Je les écoutaient, eux « - Terrible n’est-ce pas? - Affreux ma chère, la pauvre enfant elle sort à peine de l’hôpital. - Hôpital? Mais oui, c’est la fille qui c’est retrouver encastrée dans le vieux chêne il y deux ans! - La pauvre petite, elle s’en sort enfin et son père la quitte. - Tout ça à cause d’un chat en plus! La vie tient à peu de chose. – Oui mais quand même, se choper une attaque à cause d’une bestiole écrabouillée, c’est fort. Si j’en avais eu une à chaque bestiole que j’ai écrasée, je serai dans le Guinness Book. – En fait, c’est compréhensible que ça lui à fichu un choc au papy, c’est le chat de sa fille qu’il a percuter. Cruelle ironie quand même. ». Des voix dans le brouillard qui m’enveloppait, tant de voix et personne pour proposer son aide. J’écoutais aussi mon estomac qui se tordait dans tout les sens, mon cœur qui se brisait sous le poids de la réalité et bien sur la Morveuse qui trouvais que tout ceci tenait du plus haut comique. J’étais seule dans un monde qui à changer, seule sans la moindre épaule sur laquelle pleurer, sans le réconfort d’une bête à s’occuper. Seule… enfin presque seule. En revenant à la vie, j’avais tout perdu. Tout. Si c’est cela le Ka, eh bien comme dirai Eddie Dean, c’est Kaka. Les sirènes étaient plus bruyantes et des pas résonnaient sur la route. La cavalerie était arrivée mais trop tard, malheureusement. Quelqu’un m’enveloppa dans une couverture, c’était un jeune ambulancier qui, apparemment, préférait me porter secours plutôt que de rester là-bas. Il me demanda si j’allait tenir puis si je connaissais le défunt. Encore une claque en pleine tête : Défunt, le mot que je refusait d’admettre. Mon père ne pouvait pas être …, non c’est impossible, il y a à peine une heure qu’il m’a déposé et il allait parfaitement bien! Je fondis en sanglots et l’infirmier pris cette crise de larmes pour un oui.
Il me conduisit jusqu’à l’ambulance, me fis asseoir à l’intérieur. Il me demanda si il y avait d’autres personnes à prévenir, je lui dis que non, j’étais la seule famille qui lui restai. Voyant que je ne me calmais pas, il me proposa de me faire une piqûre, un léger sédatif mais je refusai son offre, lui expliquant que je sortais à peine d’une hospitalisation et que j’étais sous traitement. Il me demanda le nom du médecin charger de mon suivi et je lui donnai dans l’espoir qu’il arrêterais après toutes ces questions. Il joignit Joey via l’hôpital, commença à lui expliquer la situation et lui demanda si il pouvait venir pour s’occuper de moi, voir si il valait mieux que je passe la nuit en observation ou si je pouvais rentrer chez moi. Joey lui dit qu’il serait là dans dix minutes; l’infirmier, il s’appelait Gaëtan je m’en souviens maintenant, lui répondit qu’ils seraient encore là vu qu’ils attendaient le médecin légiste. Gaëtan me demanda si je pouvai restée seule le temps que mon médecin arrive, je lui dit que oui, ça commençais déjà à aller mieux. En fait je voulais être seule car Miss Morveuse voulait jaser sur les évènements récents et je savais que si je ne lui donnais pas la réplique, elle me le ferait payer.
« Et bien si c’était pour claquer une heure après ta sortie, il aurai pu le faire directement sur le parking. On aurait gagner du temps, quoique après tout c’est pas plus mal comme ça vu qu’il nous à débarrasser de cet affreux matou. Tu n’es pas d’accord ? Non, apparemment pas. Tu as de la peine ? Mais voit donc les choses sous le bon angle; plus de corvée de litière, plus de vieux casse-pieds pour te piquer le pognon des assurances et s’incrusté chez toi quand il se sentirai trop seul. En gros, on peu dire que tu es libre de toute charge maintenant. C’est cool, on est seules, juste toi et moi pour un voyage au fin fond de l’enfer. Ca va être génial, tu verras. »
« Oui, juste toi et moi hein? Tu trouves ça marrant je suppose ? C’est ce que tu voulais dans le fond ? Que je me retrouve totalement seule. Dis moi, Morveuse, as-tu la moindre par de responsabilité là dedans ? C’est toi qui as fait ça ? ».
Elle hésita quelques secondes avant de reprendre d’un ton enchanté :
« Bien sûr! Tu crois peut être que lorsque tu bouquines, je vais rester bien sagement a me tourner les pouces alors que je peux faire de ton existence une horreur telle que même ton écrivain favori ne pourra jamais imaginer. Et ce n’est que le début, on va s’éclater. »
« Je ne serai pas seule longtemps, Joey va arriver et j’ai bien l’intention de continuer à le voir plus tard. Aussi surprenant que cela puisse te paraître, je lui plais et il tient vraiment à moi! Je ne serai jamais seule, tu as raté ton coup. »
« Mais si ma chérie, tu es seule et tu vas le rester. Ecoute-moi bien ma cocotte, si jamais tu essaye de revoir Mister Playboy après qu’il t’ai redéposée à la maison, je m’occuperai de lui aussi. Je l’aurai et je te jure que sa mort ne sera pas aussi douce que celle de ton père, elle sera encore plus sordide que celle de ta maudite bestiole. Il pourrai se faire sauvagement agresser et poignarder à mort un soir, tard dans la nuit, à la sortie de son boulot. Je pourrai même faire en sorte que la main meurtrière qui lui aura ôté la vie soit la tienne. Comble de la cruauté mais j’adore cette idée.
Alors tu m’as bien compris? Que décides-tu ?».
« Tu ne lui feras rien, tu ne peux pas, ce n’est pas juste! C’est le seul ami qu’il me reste. »
« Si je peux, il n’en tient qu’a toi. Et arrête de geindre tu veux, « c’est pas juste, pourquoi moi, nanana… ». Qu’est ce que tu peux être pénible parfois, un vrai bébé. Si tu tient autant à lui que tu veux le prétendre, laisse le te raccompagné puis coupe les ponts, sinon… »
« D’accord tu as gagné, mais tu me promet qu’il ne lui arriveras rien ? »
« Rien dont je serai responsable en tout cas. Parole. Tiens, justement le voilà. Je te laisse mais je reste à l’écoute, je te prévient.»
Et voilà, une fois de plus, je l’avais laissé gagner. Comment aurai-t-il pu en être autrement dans le fond. Je n’allais pas lui laisser faire quoi que ce soit à ce pauvre Joey, même si pour cela je ne devais plus jamais le revoir. C’est le prix à payer et je l’ai accepté. Mais quelque chose m’avait lancé un appel pendant cette discussion, un détail, une phrase qu’elle aurai dit ? Je ne sais plus, j’ai l’esprit embrouiller, je n’arrive même plus à aligner deux pensées cohérentes. Peut être que cela me reviendra plus tard, qui c’est, ça peut être important. Joey si je tiendrai le coup, si je voulais rentrée chez moi ou passer la nuit à l’hôpital. Je lui ai répondu non pour l’hôpital et lui ai dis que oui ça irait si il pouvait au moins me reconduire chez moi. Il me proposa de rester un peu avec moi, je voulais lui dire oui, j’en avais vraiment envie mais j’avais trop peur de l’autre, de ses menaces. J’avais fini par croire que tout ce qu’elle me disait ne pouvais être que la vérité, qu’en fait elle était incapable de mentir. Je lui répondit donc que je préférais restée seule et le laissa partir, perdant en même temps le seul contact qu’il me restait avec le monde extérieur. Je n’aspirai qu’une chose: que cette journée de cauchemar finisse enfin. D’un pas de somnambule je rejoignais mon lit et m’écroulais dessus, je refis surface le lendemain à dix heures.
Le mental briser, le physique en ruine, je me traînais dans la maison sans avoir la moindre idée du temps qui passe; une heure, un jour, une semaine, revenait au même. Je me souviens vaguement de l’enterrement dans le petit cimetière du village, il n’y avait que moi et le prêtre pour lui rendre un dernier hommage, même Miss Morveuse avait eu la décence de s’absenter ce jour là. C’est peut être pour ça que je m’en souviens un peu. Joey m’avait pourtant téléphoné en me demandant si je souhaitais la présence d’un ami pour passer cette épreuve et j’ai refusé, en larmes, de peur qu’il lui arrive quelque chose. Je me souviens même lui avoir dis que je ne voulais plus qu’il m’appelle ou qu’il essaye de me voir (il avait déjà essayer, voulant me faire croire à une rencontre due au hasard dans le petit supermarché ou au vidéoclub. Comme un adolescent mettant tout en œuvre pour voir la personne qui hante son cœur.) J’ai trouvé ça très touchant tandis que la Morveuse n’y voyais que de l’obsession et une possibilité que je manque à ma parole. Elle essayais bien d’en rire mais au fond je me demande si elle ne commençais pas à prendre peur, peur que finalement je lui échappe. Alors elle a m’a lancer un avertissement pour me faire comprendre que je ferai mieux de l’envoyer promener. Je ne sais pas si c’était vraiment elle où une pure coïncidence mais lorsque je suis sortie du magasin avec Joey sur les talons après que j’eusse traversée la rue, une voiture arriva à toute vitesse manquant de peu Joey qui me suivait. C’était on ne peut plus explicite et cet avant-goût me suffit amplement, je ne voulais pas le perdre de cette façon. Pour empêcher qu’une telle situation je me faisait livrer mes courses et n’alla plus louer de film, de toute façon la télévision et tous les autres appareils électriques étaient débranchés même le téléphone, je ne le remettais en marche que lorsque je devais appeler pour établir la liste des commissions.
Pourquoi me demanderiez-vous ? Simplement parce que je croyais vraiment que tous ces trucs émettaient des ondes nocives, que les micro-ondes et les portables étaient cancérigènes. J’ai même fini par faire d’énormes réserves de nourriture pour ne plus avoir à me servir du téléphone et tant pis pour les fruits et les légumes frais (de toutes façons, d’après la Miss, ils sont remplis de pesticides), ceux en boîte feront l’affaire. Tout ce temps, je n’ai tenu que grâce à mes livres, mes seuls amis restant. Ma maison était devenue le seul monde que je connaissais, un univers à part où j’évoluais, seule. Chaque jour, Miss Morveuse me débitai un discours sur la réalité des choses, le monde extérieur qui alla bienôt entrer dans une nouvelle guerre, la hausse du pétrole, le danger des ultra violets (se qui eu pour effet que je ferme tout les volets de la maison pour m’en préserver). J’en étais arrivée à un point où je prenais tout ce qu’elle me disait pour argent comptant, ce qui la mettait dans un état de bonheur jouissif sans pareil et m’apportais au moins le bénéfice de quelques moments de tranquillité pendant lesquels je me jetai à corps perdu dans l’épopée de la Tour. Ma vie (si on peut appeler sa une vie) était réglée comme du papier à musique, je me levai, me douchai et avalai quelque chose pendant qu’elle me faisait la causette chaque matin, vers midi je reprenais la lecture où je l’avait laissée et je ne m’arrêtai plus avant le début de soirée. Si l’envie de boire où grignoter me prenais, je le faisais automatiquement sans pour autant déposé mon livre, comme par réflexe et l’autre ne donnais jamais signe de vie pendant ses moments là et au fil du temps, j’en ai tiré profit. J’avais une chance, plutôt mince, je l’avais depuis longtemps, elle était là sous mon nez mais je ne lui avais pas accordée la moindre attention tellement plongée dans l’habitude de cette nouvelle vie. J’étais dans mon bain, avec le sixième tome de la Tour dans les mains lorsque me revient en mémoire la discussion que Miss Morveuse et moi avons eue le jour de la mort de mon père. Je me suis rappelée ce qu’elle m’avait dit sur son ennui profond lorsque je me perdais dans la lecture, pour ainsi dire de son incapacité à rester là.
Dire que je le savais depuis le début, qu’à cause de ce train train quotidien je n’y faisais même pas attention. Quelle connerie, la vie quand même! Le matin et le soir, elle me pourrissait la vie tant que possible, fidèle à la promesse qu’elle s’était faite mais le reste du temps… Ma chère amie éprouvait une aversion incontrôlée pour les loisirs « intelligents », seule chose à laquelle elle n’a pu réussi à m’ôter. C’est en comprenant ce simple détail que je recouvris un peu de liberté, modeste victoire certes mais victoire quand même, l’après-midi m’appartenait tout simplement. J’avais pris l’habitude de lire encore et encore, tout les jours pendant les mêmes heures et pendant ce temps, elle partait dieu sait où mais si j’essayai (ce qui étais déjà à la base très dur) de stopper ma lecture en milieu de ce répit, elle rappliquais dans le quart d’heure suivant. Comme si elle pouvait sentir (ou voir) que le rituel était perturbé. Si j’en avais le courage je pouvais me battre, je VOULAIS me battre car maintenant j’avais un secret. C’est pendant ses moments que j’entrepris d’écrire ce journal, je commençais par ça puis prenais un livre jusqu’au soir. Au début, elle me demanda pourquoi je racontai ma vie sur du papier, que c’était stupide et que je perdais mon temps. Je lui répondit de toute façon, je n’avais que du temps à perdre et je lui menti effrontément en lui affirmant que je le faisait déjà « avant », comme si ma vie en dépendais (ce qui étais peut être le cas). Les journées s’écoulaient, j’écrivais et je lisais quand elle me prenais la tête (au sens propre du terme) je finissais souvent en larmes. Plus le temps passait et plus elle devenait méchante, plus ses paroles mesquines devenaient tranchantes comme des lames de rasoir. Je ne sais pas combien de temps s’était écouler depuis que j’avais refermer définitivement la porte d’entrée, si je me basais sur mon rythme de lecture, je dirai à peut près deux mois. Je ne voyais pas d’issue possible à cet enfer jusqu’au jour où je m’attaqua au dernier tome de la Tour Sombre, la dernière ligne droite. Je savais que la dernière page tournée, la dernière ligne lue, je serais comme cette aventure: finie. Aux yeux de Miss Morveuse, je n’aurai plus de bonne excuse pour me raccrochée à ce semblant de vie et elle en finirai avec moi comme moi j’en avais fini avec Roland. C’est dans les derniers chapitres que je compris enfin qu’il y avait un moyen d’en finir avec elle. Je tenais la solution entre les mains, je l’avais sous le nez depuis le jour de mon réveil à l’hôpital: mes livres.
Plus précisément, eux et la clé qu’ils détenaient sans même le savoir, cette lueur d’espoir qui était apparue. Une porte entrouverte vers la seule échappatoire possible : 19.
Mais il me restai peu de temps, cinq chapitres avant la fin (je devrait plutôt dire LES fins), je mis donc à profit le fait de pouvoir lire et faire d’autres choses en même temps. Je faisais les choses au jour le jour, de peur qu’elle ne se soit mise à douter de quelque chose, sachant que lorsque mon attention se détachait trop du roman elle pouvait se rappliquer vite fait. La pression de cette épée de Damoclès suspendue au dessus de la tête et les railleries journalières de la Morveuse me firent dépérir encore plus vite qu’à l’accoutumée. Déjà pas bien épaisse lors de ma sortie, je devins un véritable squelette ambulant, j’étais fréquemment prise de vertige, parfois je perdais connaissance.
Il fallait en finir au plus vite, avoir le dernier mot avant qu’elle n’ait ma peau. Cela me pris quatre chapitres, ma seule mesure pour évaluer le temps, je pense que cela équivalait une semaine peut être moins. Lors de la lecture du premier, j’alla dans la salle de bains, fouilla « au toucher » l’armoire à pharmacie jusqu'à ce que ma main gauche se referme sur les contours familiers de la boite de calmant que j’avais eu lors de ma sortie dans un autre siècle, un autre « quand ». Je reparti vers la cuisine, je n’avais aucun mal à me diriger je connaissais les lieux par cœur, je posai le flacon sur le plan de travail, ouvris l’armoire ou je rangeais mes friandises (caverne aux merveilles remplie de chocolat sous toutes les formes, de guimauve en lacets à tous les parfums, de chips et autres gourmandises caloriques mais guère nutritives). Ma main se saisit directement du petit bocal rempli de cacahuètes à l’enrobage de chocolat, mon péché mignon, je dévissai le couvercle et jeta le tout dans la poubelle. Je repris le flacon, fis sauter le couvercle avec le pouce et versa son contenu à la place des bonbons. Je venais à peine de replacer le bocal dans le meuble, caché par des paquets de chips, que l’autre débarqua. Elle me demanda si tout allait bien, je lui répondis que rien n’allait bien depuis qu’elle était là, ça la fit rire et elle me dit qu’elle reviendrait plus tard en espérant que je serais plus aimable mais je n’y cru pas une seule seconde, je savais qu’elle restai à l’affût, qu’elle guettai la moindre erreur de ma part. Et même si il n’en était rien, si ce n’étais que ma paranoïa qui me jouait des tours, je finis la journée comme à l’accoutumée oubliant le récipient camouflé dans le fond du placard, barricadant son image dans mon esprit.
Quand elle revint le soir, elle me fit payer le prix fort pour mon insolence de tout à l’heure: elle me fit vomir le peu que j’avais réussi à avaler et tomber dans l’escalier lorsque je voulu monter dormir. Je suppose que vous vous demander si c’était vraiment elle qui le faisait ? Honnêtement, je n’en sais rien; je suppose que sa façon d’énoncer ces menaces, la conviction qu’elle mettait dans son pouvoir de suggestion faisait que je tombais quand elle me disait : « JE te ferai tomber ». Vous connaissez « Jacques à dit » ? C’est comme ça qu’elle me « punissait » quand j’avais l’audace de vouloir lui tenir tête ou quand elle s’ennuyait. Elle me fis faire bien d’autres choses (que la décence m’empêche d’écrire, que je préfère oublier) mais son truc favori c’était me rendre malade. Elle m’en avait tellement fait baver le jour de l’échange des chocolats que je n’ai plus oser tenter quoi que ce soit pendant trois chapitres (environ quatre jours). Mais la réalité arriva comme le jour succède toujours à la nuit: il ne me restai plus qu’un chapitre, la dernière étape, le tout ou rien. Même si je n’avais pas oser faire quelque chose pendant les jours écoulés, j’avais beaucoup réfléchit et les conclusions n’étaient guère plaisantes. Si mon hypothèse s’avérait exacte; 19 était la seule clé pour ma liberté mais, cruelle ironie, pour y accéder il y avait une condition et je me sentais incapable de l’accomplir. Je me mis à douter, à me poser des questions: et si je ratais mon coup ? Si jamais elle revenait avant la chute finale ? Comment vivrais-je le reste de « ma vie », combien me fera t-elle payer mon audace? Tout ces doutes n’étaient que des trompe l’œil (ou trompe l’esprit si vous préférer), ce qui me faisait hésiter n’était rien d’autre que cette saleté de condition, cette maudite clause du contrat qui développai chez moi un blocage total pour passer à l’action. J’avais le blocage du lecteur! J’avais analyser l’acte final sous toutes les coutures mais je revenait toujours au même point: si je voulais en finir, je ne saurai jamais la fin des aventures de Roland. Je ne pouvais finir le livre et avaler les cachets ensuite, je n’en aurai pas eu le temps. Je devais prendre en compte le temps qu’ils mettraient à agir, calculé pour que tout soit finit avant son retour (en espérant qu’elle ne revienne pas sur le coup d’un pressentiment). Je me tenais à la croisée des chemins : Roland, la Tour et une vie dans les pires souffrances ou le grand saut, l’amère déception de ne pas connaître la fin mais avoir enfin la paix (du moins je l’espérais de tout mon cœur). Après m’être torturer l’esprit, j’en vint au seul dénouement logique : je devais le faire.
J’ai entamer le dernier chapitre lentement, à quoi bon me


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maerlyn
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MessageSujet: Re: DEUXIEME THEME D'HISTOIRES...   Sam 2 Oct 2004 - 0:09

Bravo. happy30
Juste un truc elle commence l'écriture de son journal après le décès de son père pourtant elle demande au début que l'on transmette ce journal à son père. signe07ooops
Sinon joli travail. En voilà déjà une(histoire) dont on conaît la fin. tongue10

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Littleangel_be
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MessageSujet: Re: DEUXIEME THEME D'HISTOIRES...   Sam 2 Oct 2004 - 0:38

mdr lol! , j'avais pas fais gaffe!!! je vais changer ca tout de suite.
Merci Very Happy
Ca y est, j'ai pris la 2eme option. P*****, la bourde quand même signe07ooops
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tosca34
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MessageSujet: Re: DEUXIEME THEME D'HISTOIRES...   Mar 5 Oct 2004 - 21:32

Vranchement ...
je m'incline !!!
C'est vraiment super !!
J'ai vraiment ragées a la fin quand l'héroine ne peut pas lire la fin de la tour sombre ...
c'est super bien écrit en plus ... a part quelques trucs que je sentirais autrement comme '' j'ouvrais le couvercle d'un coup de pouce et VERSA..etc ""
enfin c'est pas la phrase exacte mais je trouve que ça sonne bizzar mais ...je suis bizzar ...
vaiment bien!! happy30 happy30
On se prends un sacré coup dans la tronche !! fighting13
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Littleangel_be
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MessageSujet: Re: DEUXIEME THEME D'HISTOIRES...   Mar 5 Oct 2004 - 22:41

c'est pas bizarre, c'est juste que la conjugaison et moi c'est difficilement compatible!!! lol! signe07ooops Contente qu'elle t'ai plu.
Pour ce qui est de la fin: Et oui, c'est parfois con la vie même cruel. rip
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faeryl
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MessageSujet: Super   Jeu 7 Oct 2004 - 12:52

oh là là, devant vos textes mes efforts toujours avortés pour écrire me paraissent minables.
Littleangel_be, j'ai beaucoup aimé ta nouvelle. Par contre, l'héroïne se remet un peu trop vite à mon goût. Deux ans de coma et elle sort le lendemain de son réveil ?! Mais sinon, c'était bien.
Thomas Desmond, je suis allée voir tes nouvelles sur ton site, je les ai adorées, mais à quand la suite !!!!! C'est quoi cet appel, et cette porte ? C'est vrai que l'endroit décrit m'a fait penser au relais de DT.
Par contre, Muadusul, désolée mais j'ai pas pu lire ta nouvelle. Je dis pas que c'est nul, mais c'est que j'adhère vraiment, mais alors vraiment pas au style.
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Littleangel_be
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MessageSujet: Re: DEUXIEME THEME D'HISTOIRES...   Jeu 7 Oct 2004 - 13:18

Merci ca fait plaisr. signe07ooops
Je fais surement la modifier mais le 3eme thème est deja là alors je ne sais pas quand j'aurai le temps. rip
Sinon, c'est vrai que la sortie le lendemain c'est rapide lol, j'aurai peut etre du lui donner une semaine ou dire qu'elle avait signé une décharge pour sortir :scratch: .
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thomas desmond
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MessageSujet: Re: DEUXIEME THEME D'HISTOIRES...   Lun 25 Oct 2004 - 13:07

Salut à tous !!

Je viens enfin de terminer cette satanée nouvelle qui m'a fait m'arracher les cheveux pas mal de fois... Peut-être trop ambitieuse pour moi... Enfin bon je vous laisse seules juges... Voici la version finale...



L'APPEL DU DESERT


Dans un temps éloigné du notre, un homme a échoué en plein milieu d'un désert aride qui a recouvert les continents et les océans.

– Toc toc ? Hé ho ? Y a quelqu'un ?...
L'homme frappe de nouveau (pour la millième fois) sur la porte fermée. Les jointures de son index et de son majeur sont toutes écorchées, mais il ne sent plus la douleur.
Il n'est que douleur.
Il porte la main à ses lèvres et aspire goulûment le sang qui coule le long de ses doigts squelettiques.
– Ohhhh (il s'énerve) ! Ouvrez, ou je défonce cette PUTAIN DE PORTE ! Un silence étouffant succède à son cri qui après s'être répercuté sur les quatre murs disparaît dans le néant.
Lui-même étonné par la puissance de sa voix, il regarde autour de lui, comme pour vérifier qu'il est bien seul. L'étrange pièce aux murs de pierres grisâtres est vide. Toujours vide. Tout comme cet endroit où il a atterri depuis il ne sait plus combien de temps. Désespéré, il colle une nouvelle fois son oreille contre le panneau de la porte et écoute. Il tend l'oreille et se bouche l'autre. Sa bouche est grande ouverte, un filet de bave coulant de sa lèvre inférieure sur le col de sa chemise déchirée.
Plic Ploc
De l'autre côté lui parvient un bruit de gouttes d'eau qui frappent le sol.
Mirage.
Il sent à quel point il a soif, très soif. Il repense à ce satané puit dehors, qui est asséché, comme par hasard. Il avait mis ça sur le compte de ceux qui l'avaient envoyé ici, dès le premier jour quand il avait remonté le vieux seau vide du trou profond et sec. Soudain le temps se crispe et l'air semble se replier sur lui-même. Un grand fracas le fait sursauter et il se cogne le visage contre la porte fermée. Derrière lui, la porte principale de la cabane vient de s'ouvrir à la volée, s'écrasant avec puissance contre le mur et dégageant un nuage de poussière épaisse et puante.
Immobile, l'homme se frotte la joue et fixe d'un air fou l'embrasure de la porte qui donne sur l'extérieur. Il ne voit rien d'autre qu'un bout d'horizon vide. Peut-être que sur le côté...
Ne sors pas tu sais bien qu'il fait chaud dehors ferme donc cette porte, et ouvre l'autre, c'est ta seule chance ECOUTE-MOI ABRUTI !! Tu dois ouvrir cette porte !
Il se tape le front avec frénésie.
La voix qui a élu domicile dans son crâne depuis son arrivée ici commence à lui taper sur les nerfs.
– Ta GEULE, saloperie ! Il gémit et se frotte les yeux. Ça lui fait du bien et ça le calme.
– Tais-toi je t'en supplie... dit-il, son cri se transformant en un gémissement d'enfant perdu dans le noir.
La voix s'atténue, ce qui le soulage. Il peut de nouveau essayer de réfléchir et avoir ses propres pensées. Une larme salée coule le long de sa joue gauche. Inconsciemment, il attend qu'elle atteigne la commissure coupée de ses lèvres brûlées et l'aspire. Au contact du liquide chaud et salé, sa langue se contracte et tremble, et son regard est toujours fixé sur le morceau d'horizon qui se découpe dans la noirceur de la cabane.
Il inspire un grand coup et se met à avancer doucement vers la porte grande ouverte. La poussière est redescendue au sol et dans les joints des pierres fissurées. Portés par une force invisible, ses pieds nus traînent sur le sol de terre battue. Ils sont noirs de crasses et plein de croûtes séchées. Il avait atterri ici sans chaussures ni chaussettes mais il s'était très vite habitué à la douleur due aux multiples disparités du sol de ce monde étrange. Un caillou au bout pointu lui coupe la peau entre ses doigts de pied mais il ne le sent pas. Son attention est entièrement dirigée vers la porte ouverte sur l'extérieur : il perçoit la chaleur qui rentre par vagues régulières dans la petite cabane délabrée, et il sent la sueur se mettre à couler sous ses bras amaigris. Il avance et le paysage lui apparaît de plus en plus.
Il sait que son Destin l'attend, là, dehors.

Cela fait plusieurs jours, peut-être même plusieurs semaines qu'il n'est pas sorti de son abri de fortune, mais il n'a pas oublié les détails du monde extérieur, car au-delà de la porte de sa misérable cabane, il n'y a rien. Un désert de poussière et de caillasses émoussées a recouvert les routes et la végétation, si jamais il y en eues en ces terres dévastées. Le soleil semble si proche que partout où le regard se pose, la réalité ondoie, se déforme, tel un mirage gigantesque et perpétuel. Depuis son arrivée brutale et inexpliquée dans ce lieu perdu, l'homme a bien tenté de chercher une route, un chemin, mais ses pieds ont refusé de le porter bien loin : le sol aride est bouillant, comme une plaque de cuisson chauffée à blanc, et les crevasses sombres et obscènes qui parsèment le peu qui reste des chemins dessinés par le temps sont dangereuses. Une jambe est très vite cassée et les docteurs ne semblent pas exister dans cette partie du monde.
Le premier jour, qui lui avait semblé durer une semaine, il était parti en courant dans la direction du soleil levant, à l'Est, mais plus la petite cabane s'éloignait derrière lui et devenait minuscule, plus l'horizon semblait s'éloigner et s'épaissir en même temps, le rendant apparemment inaccessible. Aucun repère : pas une ville à l'horizon, pas une fumée ni même une montagne : rien. Un enfer de chaleur où tout a disparu. Tout, sauf sa cabane, son puit inutile et lui.
Comprenant qu'il était perdu au milieu de nulle part, la panique s'était emparée de sa raison, et il avait hurlé dans le vide, appelant vainement à l'aide, sautillant maladroitement sur ses pieds brûlés et écorchés. L'air brûlant qui était brusquement rentré dans sa gorge l'avait étouffé, et la chaleur de four qui étendait sa fatale étreinte sur ce monde pénétra dans tout son organisme, bouleversant tous ses points vitaux.
C'est alors qu'une voix douce et limpide, comme un petit ruisseau, s'était alors infiltrée pour la première fois dans son esprit à la dérive, et lui avait marmonné quelques paroles au creux de l'oreille, rafraîchissant son cœur et son âme isolée.

Retourne dans la maison, tu vas attraper chaud. Tu n'es pas raisonnable. Pense à tes frères, à ta famille... Tu sais que la route est longue jusqu'à Samboah, tu dois reprendre des forces, le voyage t'as beaucoup fatigué. Retourne dans la maison, tu dois revenir maintenant...

A l'évocation de la providentielle cruche d'eau, toute raison l'avait déserté. Il avait pris ses jambes à son cou et avait refait le chemin en sens inverse. La petite cabane avait très vite grossi dans son champ de vision et il s'était brusquement retrouvé de nouveau sous le toit de chaume, à moitié brûlé vif, les pieds ensanglantés, et cherchant frénétiquement, le regard fou, la satanée cruche qui aurait dû l'attendre là dans sa cabane, posée à même le sol dans la poussière piétinée, comme lui avait promis la voix dans sa tête. Il n'y avait pas de cruche d'eau, c'était évident, cette voix mentait comme ceux qui l'avaient envoyé dans ce trou à rat. Une crise le secoua et il se fracassa la tête et les membres contre les murs, arrachant des morceaux mous de pierres pourries.
C'est à ce moment-là qu'il avait découvert la porte. Derrière une épaisseur de torchis en décomposition se cachait une porte en acier. Il la dépoussiéra du revers de sa manche en lambeaux et pu presque se regarder dedans, tellement sa surface était lisse. Pas de poignet, ni de gonds. Elle était carrément encastrée dans ce mur de rien du tout. Incrédule, l'homme avait pris son courage à deux mains et était ressorti dans l'enfer extérieur pour faire le tour de la masure et voir si la porte donnait tout simplement derrière. Mais il ne trouva que le mur de pierres gauchement construit.
Il s'éloigna un peu de la cabane et essaya de mesurer mentalement ses dimensions, sans grand succès. Il réalisa néanmoins sans mal qu'il était impossible qu'une pièce secrète ne tienne dans le fond de la partie ouest de la cabane. Il était rentré et avait essayé d'ouvrir la porte par tous les moyens que son imagination à la dérive avait trouvés. Il avait passé sa main et ses doigts dans tous les angles de la pièce, sur et sous tous les trous et toutes les bosses. Il avait gratté le sol de ses mains, s'arrachant trois ongles et se brisant l'auriculaire contre une caillasse enterrée. Mais il n'avait rien trouvé, ce qui l'avait rendu encore plus fou.
Ceci avait aussi eut pour effet de laisser plus de place à la voix dans sa tête, qu'il ne différenciait presque plus de ses propres pensées. Elle s'étais mis à le posséder.
Les intervalles entre les jours et les nuits, complètement aléatoires, avaient commencé à se dérégler, comme si le temps avait été aux prises d'un enfant qui ne connaît pas les règles de son nouveau jeu. Sa raison avait commencé à s'absenter, à larguer les amarres de plus en plus souvent, pour des durées de plus en plus longues. La voix dans sa tête avait été de plus en plus présente, le rassurant, le conseillant, essayant tant bien que mal de lui redonner un peu le moral, ainsi qu'une petite once d'espoir.
La porte finirait bien par s'ouvrir de toute manière.
Sur quoi ?
Il ne le savait pas, mais il savait que sa vie en dépendait.

Il est donc là, dans sa satanée cabane, s'approchant doucement de la porte d'entrée, curieux et effrayé de découvrir qui ou quoi a bien pu ouvrir la porte avec tant de force. Des hommes ont-ils pu vivre dans ce désert ? Le traversent-ils seulement pour rejoindre un but lointain ? Ses pensées tourbillonnaient en lui, mais ses yeux fixaient le dehors : le désert blanc et jaune s'étendait à l'horizon.
2 mètres
Il entendit un petit sifflement, mais le son n'était pas dans sa tête, et cela le fit frissonner. Avait-il déjà entendu quelque chose d'autre que cette voix si familière qui avait kidnappé sa santé mental ? Il ne le savait plus...
1 mètre
Ses pieds ralentirent à l'approche du palier. Il entendit qu'on grattait le sol dehors. Son champ de vision s'écarta sur l'extérieur.
50 centimètres
Ses mains en charpies s'agrippèrent fébrilement aux deux montants délabrés de la porte ouverte et il se tira vers l'avant, offrant lentement son corps à la chaleur bouillonnante du dehors. Le sifflement était toujours là, plus fort. Un air mélancolique, comme une berceuse, une petite comptine à la clarinette...
10 centimètres
Il sort de la cabane, qui disparaît derrière lui. Le sifflement s'arrête brusquement. Dans l'air résonne dans une onde rude et incisive.
– Au nom du Grand Ensemble, qui va là, étranger ?

Rentre à l'intérieur te dis-je, tu dois ouvrir cette porte si tu veux retourner chez toi, auprès des tiens, rentre tout de suite. C'est une folie ! Tu deviens fou ne te laisse pas avoir par un banal mirage écoute-moi et rentre...

La voix bourdonne dans son crâne, mais il en fait complètement abstraction. Chancelant, il observe la miraculeuse silhouette haute qui se tient devant lui, déformée par la chaleur, contrastant par sa noirceur sur le fond écarlate de l'horizon. Ses yeux palpitent dans leurs orbites alors qu'il essaye de distinguer quelques détails de l'homme qui se tient devant lui tout en restant debout malgré la douleur qui l'assaille de toutes parts.
A dix pas de l'entrée de la cabane se tient un homme grand, coiffé d'un chapeau noir aux larges bords poussiéreux. Son visage est dans l'ombre mais on peut voir qu'il porte la moustache et que ses joues sont mal rasées. Des épaulettes en acier luisant ornent le haut de son torse massif, lui-même recouvert de toiles aux couleurs passées. Des cordes faites de boyaux séchés sont tendues sur le tissu et semblent cacher dans son dos de longs fusils. Une large ceinture de cuir sombre s'étend sur sa taille et son estomac, et une demi-douzaine de pistolets aux formes curieuses et originales y sont accrochés tout le long, ainsi que des bourses en peaux contenant de petits objets. Sous l'énorme ceinture se cache une cartouchière, plus étroite mais toute aussi impressionnante. Le long des hanches oscillent deux mains noircies par le soleil, prêtes à dégainer au moindre signal de danger. Les jambes sont recouvertes de pantalons gris rapiécés en de multiples endroits qui laissent entrevoir les muscles des cuisses taillés à la serpe. Deux poussiéreuses bottes de cuir noir terminent la silhouette, et deux éperons en ornent les talons, captant les rayons du soleil et éblouissant les yeux de l'homme brûlé par le soleil.
Dans son esprit cramoisi il pense à des images de vieux westerns qu'il a vu dans un autre temps, ainsi qu'à des films de science-fiction où les héros portaient d'étranges combinaisons futuristes. L'inconnu devant lui est un mélange de ces deux genres.
– Eh bien pauvre Randjis ? l'interpelle le curieux cow-boy. On t'aurait donc taillé la languette ?
La voix limpide à l'accent torturé l'atteint comme un coup en plein visage, tant sa pureté et sa clarté traversent avec fureur ses oreilles bouchées par la crasse et par les mauvaises habitudes.
Il titube nerveusement tout en marmonnant quelques mots inaudibles puis perd l'équilibre. Il sent déjà les rudes caillasses lui mordre les coudes mais le cow-boy est déjà sur lui. Il le saisit et l'empêche de s'écraser de tout son long et lui sauve sûrement du même coup la vie. Des mains vives et fortes l'étreignent, il sent leur texture rêche mais vivante.
Ce n'est finalement pas un mirage.
Le cow-boy soulève avec aisance la carcasse de l'homme brûlé et il le cale contre lui, tout en se dirigeant vers la cabane.
– Par le Grand Din-Tah, on peut dire que tu as frôlé de près les berges de l'Antique Rivière mon pauvre Randjis. Remercions-le de t'avoir épargné.
Il pénètre dans la cabane, se tournant de côté pour permettre à son fardeau de passer. Après avoir jeté un rapide coup d'œil sur les quatre murs de la cabane, il se baisse et dépose délicatement le corps de l'homme brûlé sur le sol. Ce dernier gémit et s'agite. Le cow-boy pose sa main droite sur le front plein de croûtes purulentes et prononce une mélopée de paroles aux consonances étranges.
– Din-Tah smir din Oht del ranskar somann Tinh eht !
Les mots et la mélodie semblent fusionner avec la chaleur de la main posée sur le front qui, paradoxalement, rafraîchie tout l'organisme de l'homme brûlé, comme une coulée de glace se déversant dans les artères calcinées.
Il se sent renaître à petit feu.
Le cow-boy aux sens aiguisés tourne soudain la tête vers le mur du fond. Il sent une force qui tente de faire dévier son regard. La main sur la crosse d'un de ses pistolets, il se redresse et se dirige lentement vers le mur recouvert de chaux pourrie. Il perçoit l'aura sombre qui émane de ce pan de mur.
– Ne t'approche pas de la porte.
La voix qui jaillit derrière lui le fait se retourner à la vitesse de l'éclair, un pistolet au canon long d'au moins trente-cinq centimètres déjà pointé vers le cœur de l'homme brûlé, qui s'est redressé pour prévenir son sauveur.
– Ne... ne t'approche pas de la porte, étranger... parvient-il à marmonner avant de s'écrouler, toute force l'ayant soudainement quitté.
Le cow-boy baisse son arme mais ne rengaine pas. Il sent les forces sombres qui ont investi cet endroit tournoyer autour de lui, menaçantes et peu hospitalières. Il se retourne et se rapproche du pan de mur qui cache quelque chose. Il arrache des morceaux de chaux et découvre une sorte de porte, faite d'un alliage très étrange. D'un pas vif, il enjambe le corps de l'homme brûlé et sort de la cabane. Il jette un coup d'œil incertain aux mornes horizons qui l'entourent et réfléchit à la décision qu'il doit prendre. Il tire religieusement d'une de ses poches un petit objet en bois blanc qu'il porte avec fébrilité à sa bouche. Il gonfle ses poumons d'air et après deux secondes d'hésitation il se met à souffler de toutes ses forces dans le petit instrument.
Un sifflement d'une puissance incroyable irradie soudain de tous les pores de sa peau et va se répercuter à des centaines de kilomètres à la ronde, tuant sur son passage les rares entités vivantes ayant survécues à l'arrivée du désert. Il retire l'instrument de ses lèvres et écoute son Appel fuir dans toutes les directions. Tout en se lissant la moustache d'un geste nerveux et inconscient, il attend la réponse à la question qu'il vient de poser.
Pour la première et dernière fois de sa vie, il vient de lancer l'Appel.

Batie Titmore, dit Bat la bourrique, est l'être humain habitant le plus près de la cabane perdue de l'homme brûlé. Son oasis est un petit paradis terrestre isolé au beau milieu du Désert Maudit, qui s'étend sur plus de 8500 km du nord au sud, et sur plus de 16000 d'est en ouest. Il y élève des ânes nains au pelage roux et aux yeux d'un vert émeraude, le plus rare, ce qui fait leur valeur et le plaisir des papilles gustatives des connaisseurs.
Les caravanes de voyageurs sont plutôt rares ces derniers temps, surtout depuis la disparition des derniers chameaux, mais elles lui permettent quand même de survivre et d'entretenir ses six femmes et ses dix-huit enfants.
Il est en train de corriger une de ses filles à grands coups de fouet derrière un des puits d'eau quand se met à gronder au loin le grondement sourd de l'Appel. Batie lâche doucement les cheveux de sa fille qui s'effondre au sol en pleurant. Il lui reste une petite mèche de cheveux bruns entre les doigts.
Tous les sens en alerte, il pose sa main sur le pommeau de son épée de fer noir, elle-même glissée le long de sa hanche dans un fourreau en or couvert de saphirs. Il se penche et soulève sa fille par le bras.
– Carolia, cesse ces pleurs et va chercher ta mère et tes sœurs. Cachez-vous toutes dans le tunnel du serpent, celui du fond, et dis à tes frères de se préparer au combat. M'as-tu bien entendu ma fille ?
Elle perçoit le ronronnement lointain qui grossit et ses orbites s'élargissent. Son père lui serre le bras très fort.
– Oui mon Pa, dit-elle, la voix assourdie par une peur grandissante. Elle sent que le moment est venu, que toute sa vie passée ici à l'Oasis de son père touche à sa fin.
– Alors cours mon enfant, et à Quei Valam ! dit-il en la poussant loin de lui.
Carolia hésite une seconde, puis donne une dernière accolade au seul homme qu'elle ait jamais aimé. Batie se raidit mais rend une rapide étreinte à la fille de son sang. Elle se libère des bras puissants de son père et recule subitement, des larmes s'échappant de ses magnifiques yeux sombres. Elle lui jette un dernier regard plein d'amour et part en courant vers la tente familiale.
Silencieux, son père lève la main à hauteur d'épaule et souffle vers la tente qui abrite les membres de son clan. Il leur dit au-revoir à la manière des Anciens. Il retient ses larmes. Pour Batie Titmore, la mort s'affronte le visage sec, et le cœur bouillonnant.
Il se retourne brusquement, dégaine son épée étincelante et part en courant à travers la végétation éparse de l'oasis principale. Une fois seul face à l'horizon distordu par l'Appel de plus en plus proche, il brandit vers les cieux son épée et crie de toutes ses forces, tant de courage que de terreur.

L'Appel progresse à une vitesse folle à travers le grand Désert Maudit. Il creuse sur sa lancée des sillons de plusieurs dizaines de kilomètres de large, et alors qu'il se rapproche de Nateria Tuni, la ville du Grand Haut, les quelques villages qui se trouvent sur son chemin sont pulvérisés et réduits en poussière, et dans les airs il ne reste des oiseaux que de plumes déchirées qui virevoltent dans l'air après le passage dévastateur de leur bourreau.
A Nateria Tuni, on sait que l'Appel a été lancé. On sait aussi qui l'a envoyé : Jibinias Casnar, le huitième et dernier guérillero du Désert Maudit. Les habitants de la grande ville fortifiée sont préparés à recevoir les Appels et des salles souterraines aux architectures complexes et solides permettent leur protection.
Les murs de 140 mètres de haut qui entourent la ville tiennent debout depuis plusieurs centaines d'années, quasiment depuis l'époque où le désert a recouvert les anciens continents dont on ne sait presque plus rien. Sur les remparts sont érigés des cadavres d'hommes sortis de la ligne du Bien, empalés de toutes parts sur de fins pieux de bois et à divers stades de décomposition. Les Nateriaens pensent que ces macabres vigies couvertes de mouches les protègent du mal.
Pendant que des milliers de Nateriaens gagnent les profondeurs de leur ville, piétinant dans la cohue les plus faibles et les vieillards, un Mécanisme s'enclenche.
Au cœur de la ville désertée, la grande place s'ouvre tel un nénuphar géant et un immense cheval en bronze s'élève lentement du sol, les naseaux pointés vers les cieux. Il est chevauché par un vieil homme sculpté dans la même matière et dont l'expression du visage ainsi que la gestuelle est immortalisé avec génie. Il porte une longue barbe bouclée et est vêtu d'une grande toile de bure. Les Nateriaens ont nommé cette statue la Vincide, en souvenir d'un Dieu de l'ancien temps.
Le vieil homme de bronze tient entre ses mains deux immenses plaques représentant un livre ouvert dont les pages sont vierges de toute inscription. Un étrange et inconscient oiseau, sorte de croisement d'un aigle et d'un pigeon, vient se poser sur l'épaule du vieil homme et tombe instantanément au pied de la Vincide, mort.
Dans les sous-sols de la ville, la population écoute le grondement du mécanisme dans une atmosphère craintive mêlée d'excitation. Quelques enfants pleurent tout bas dans les bras écrasants de leur mère et les hommes piétinent d'impatience devant les épaisses portes de fer, dont le fonctionnement mécanique ancestral passionne et occupe les recherches des savants survivants. Quelques hommes faibles et handicapés sont tués à coups de pierres par les guerriers pour détendre les esprits.
Le grondement s'arrête.
La Vincide est entièrement sortie des entrailles de la grande place, et sa surface parfaitement lisse brille de mille feux au milieu de l'enceinte de la ville désertée. Le grand livre de Bronze attend l'Appel, qui n'est plus très loin maintenant.
Dix secondes après l'arrêt du Mécanisme, le bourdonnement de l'Appel se fait entendre jusqu'aux bunkers de Nateria Tuni. La tension monte d'un cran et les Nateriaens ont peur pour leur ville. Cela fait plus d'un siècle qu'il n'y a pas eu d'Appel de lancé et les générations l'ayant vécu ne sont plus là pour témoigner et rassurer les autres. Les mères serrent encore plus nerveusement leurs enfants contre elles, brisant au passage quelques épaules et crânes, tandis que les hommes fiers tentent de masquer leur anxiété.
L'Appel est très proche, à quelques kilomètres de l'entrée de la ville. Les murs se mettent à trembler et à vibrer sous la puissance de la force qui approche. Des canaux en or massif creusés dans les murs d'enceinte sont prévus pour diriger l'Appel vers la Vincide, mais il sait d'instinct où il doit frapper. Il est programmé pour.
L'Appel est dans Nateria Tuni.
Dans les sous-sols, le vacarme est tel que personne ne se souviendra de ces brefs instants où la ville a frôlé la destruction massive, tant la puissance de l'onde de choc troubla les esprits et les consciences. L'Appel déboule dans la ville et se concentre en une onde d'énergie totale et sphérique qui va percuter dans une explosion de lumière le livre de bronze que tient dans ses bras le vieillard de la Vincide.
Au même moment, un mécanisme ancestral se met en branle dans les lourds battants de fer des sous-sols et toutes les portes se déverrouillent et disparaissent en glissant dans les murs épais. Les Nateriaens mettent une bonne minute avant de sortir de leur torpeur.
Lentement, ils se dirigent vers les sorties en enjambant les cadavres qui jonchent le sol et remontent à la surface de leur ville, se dirigeant tous vers la grande place. Titubant silencieusement comme des estropiés le long des couloirs qui mènent à la surface, ils ont tous une idée différente de la nature éventuelle du message délivré par l'Appel, mais nul ne se doute de la nature des mots qu'ils vont découvrir gravés dans le bronze.

Ils savent mon ami, écoute-moi, et ouvre ton esprit : ils savent pour notre petit secret. Je t'avais bien dit de ne pas sortir de cette foutue cabane, et maintenant tout ce foutu désert est au courant, on ne pouvait rêver pire situation. Tu sais ce qu'il te reste à faire, alors débarrasse-nous de lui avant qu'il ne soit trop tard, tu m'entends ? Ouvre les yeux... Tu dois revenir

Il ouvre les yeux et voit apparaître devant lui le plafond délabré de sa cabane pourrie. Il sent avec soulagement que l'air est moins chaud. Soudain tout lui revient : le curieux cowboy croisé avec un chevalier de l'espace. La voix dans sa tête lui a dit qu'il fallait se débarrasser de lui, mais l'autre a de gros pistolets le long de sa ceinture, et lui est quasiment handicapé et brûlé jusqu'à l'os. Il tourne brusquement la tête sur sa gauche et constate avec soulagement que la porte d'acier est toujours là. Ce satané cowboy est venu pour elle c'est évident, mais il n'en passera pas le seuil. Lui seul peut l'ouvrir et retourner chez lui ou ailleurs, peu importe, du moment que c'est loin de ce désert infernal.
De petits éclairs crépitent derrière ses paupières desséchées, et des images éclatent dans son esprit comme des flashs ultra-rapides. Il voit des bâtiments immenses, surplombant une grande arche électrique.
Une porte...
Durant une fraction de seconde, il se sent tout près de la vérité mais tout s'efface aussi vite, le laissant de nouveau perdu dans son esprit parcouru de pensées confuses et folles. Il tente de se redresser sur ses fesses mais sa carcasse semble vidée de toute énergie. Doucement il arrive à ramper vers la porte d'acier, il doit essayer de l'ouvrir avant que le cow-boy ne revienne le tourmenter. Il ne voit pas que derrière lui, sur le pas de la porte de la cabane, l'autre le regarde ramper vers la porte. Il attend avec intérêt de voir si l'homme brûlé va réussir à l'ouvrir.

A Nateria Tuni, la foule assemblée devant la Vincide contemple avec stupéfaction l'inscription tout juste gravée dans le bronze par l'Appel. Les sages ont tout de suite senti que quelque chose clochait, et que le message avait dû subir quelque altération au cours de son envoi. En effet quelques mots semblent manquer à la fin, et leur absence trouble le sens du reste du message. Un murmure se propage rapidement dans la foule, et rapidement un immense brouhaha couvre la grande place de la ville. Les sages se concertent et ils en concluent que Jibinias Casnar, le guérillero émetteur de l'Appel a sûrement eu un problème avec son Lanceur.
Le temps tourne et la ville doit prendre une décision, répondre à l'Appel par un autre Appel, ou bien envoyer une délégation spéciale pour constater la situation.
Car il s'agit bien là d'un Appel d'une importance gigantesque : le message de indique que Jibinias Casnar a retrouvé une des cinq portes menant dans le passé de leur monde. Mais il ne dit pas de laquelle il s'agit, et c'est ce qui inquiète le peuple de Nateria Tuni.

L'homme brûlé se tient à moitié agenouillé devant la porte en acier, il essaye de trouver une poignée mais il s'acharne pour rien.
– D'où viens-tu étranger ?
Il se retourne brusquement et se racle les bras contre les pierres du mur. Le cow-boy est à quelques pas de lui. Peut-être n'a-t-il pas vu la porte, dit la voix dans sa tête. Il ne faut pas qu'il la voie, surtout pas.
– Je ne sais plus, dit-il d'une voix pâteuse.
– Comment es-tu arrivé ici, en plein désert maudit ?
– Le désert maudit ? C'est comme ça que cet endroit s'appelle ?
– C'est ce qu'il est, un lieu maudit. Comment es-tu arrivé ici ?
– Je vous l'ai déjà dit, je ne sais pas, je...
– Aurais-tu emprunté une des cinq portes de l'Ancien Temps ?
L'homme brûlé reste bouche bée, et la voix dans sa tête devient plus forte. Il sait tout, il faut qu'il meure, sinon tout cela n'aura servi à rien, fait-le taire, trouve quelque chose bordel !
– Ça va ? demande le cow-boy d'un ton suspicieux.
L'homme brûlé réfléchit à toute vitesse. Il voit des flashs grésiller de nouveau derrière ses globes oculaires.
– Une porte ?
– Une porte qui donne sur plusieurs instants de la ligne du temps de notre monde. Cela ne te dit rien ?
– Non... Je ne sais pas ce que je fais là... commence-t-il d'une voix faible, avant de se recroqueviller alors que le cow-boy se jette sur lui à une vitesse démente. Il le saisit par ce qui lui reste de chemise et le soulève d'une seule main, comme un chiffon insignifiant.
– Maintenant tu vas arrêter de me prendre pour un cactus, mauvais menteur d'un autre temps, et tu vas me dire tout de suite comment ouvrir cette satanée porte de métal.
L'autre gémit de douleur. Son dos brûlé cogne contre le battant de la porte. Ne lui dit rien surtout ne lui dit rien ! résonne la voix dans sa tête.
– Quelle porte...? demande l'homme brûlé d'une voix incertaine.
Jibinias Casnar se met à rugir et se met à frapper la porte de fer à l'aide de la tête très vite en bouillie de l'homme brûlé, dont les hurlements cesse très vite.
Le guérillero sent qu'il a laissé son humeur prendre le dessus et qu'il n'aurait pas dû éliminer ce passager du temps passé. Car il s'agit bien d'un passager, il le sait. Ces hommes envoyés par des hommes de l'Ancien Temps pour savoir ce qu'il est advenu de la terre après le grand cataclysme. Apparemment ils n'arrivent jamais à les faire revenir et ne parviennent pas à communiquer avec eux.
Jibinias ne sait pas comment on ouvre ces portes vers le passé, et personne de son temps n'a ce savoir.
Soudain le sang du crâne de l'homme brûlé sur la porte miroitante attire son attention. Des mots ensanglantés apparaissent, dans une langue étrange. Jibinias commencent à essayer de les déchiffrer.


– Grand Peuple de Natéria Tuni, crie haut et fort le plus vieux sage de la ville monté aux abords de la Vincide. Son visage émacié est entouré d'une tignasse blanche qui le fait ressembler à un vieux lion, et il entretient sa barbe aux longes boucles grises pour ressembler au vieil homme de la Vincide, comme tous les sages de Nateria Tuni.
– Le moment est important, et cette nouvelle l'est encore plus. Le dernier Guérillero Jibinias Casnar, fils du Dvorka Casnar, a découvert une des cinq portes de l'Ancien Temps. Je vous rappelle à tous que ces portes disséminées sur la planète sont des portails vers d'autres quand de notre monde. Les légendes parlent de portes ouvrant sur des mondes de paix et d'autres ouvrant sur des enfers innommables. Le message que nous a transmis l'Appel a apparemment été endommagé lors de son périple... Sûrement une résistance, même si cela peut paraître incroyable. Nous ne savons donc pas si cette porte s'inscrit dans ligne du Bien ou celle du Mal. C'est pourquoi nous devons prendre la décision suivante : envoyer un Appel ou envoyer une délégation ? Tel est le choix que vous devez faire. Que choisit le Peuple ?
Un nouveau murmure parcourt l'assemblée jusque-là silencieuse. et des bagarres sanglantes éclatent.
Une voix s'élève soudain.
– Grand Sage, je demande Parole !
Le vieil homme jette un regard à ses condisciples puis fixe le grand homme aux cheveux dorés qui vient d'attirer sur lui tous les regards.
– Parole t'es accordée.
– Pourquoi ces portes légendaires sont-elles si importantes ?
Un murmure de mille lèvres accompagne cette question.
– Elles ouvrent la voie aux savoirs de l'Ancien Temps, comme la lictricitine ou les chariottes sans chameaux. Si nous avons accès à un passé, un passé de paix, je le précise, notre civilisation pourra faire d'énormes progrès et sortir de ce désert Maudit qui nous empêche de croître.
La voix dans la foule s'élève de nouveau.
– Et si la porte ouvre sur un monde de ténèbres.
La foule retrouve son silence, apeurée.
– Alors notre monde sera de nouveau plongé dans le chaos, jusqu'à la prochaine éclaircie.
Un silence tendu suivit ces paroles.
– Il est temps de voter ! Crie avec emphase le vieux sage. Que ceux qui sont pour envoyer un Appel crient de toute leur âme !
Une part importante de la foule pousse un grand ouoooohhh !!
– Que ceux qui sont pour envoyer une délégation crient à leur tour !
Une part plus importante encore crie !
Une fois le calme revenu, le grand sage annonce l'issu du vote.
– Une délégation de sages et de savants va partir pour aller inspecter cette porte, si Jibinias Casnar ne l'a pas encore ouverte...
La foule murmure de nouveau, inquiète, tout en observant quelques hommes s'installer au pied de la Vincide.
Les six hommes de la délégation sortent de leur poche un Lanceur. Ils se doivent tous d'en porter toujours un sur eux, et ils vont s'en servir pour la première et dernière fois de leur vie, comme le Guérillero quelques instants auparavant.
– Peuple de Nateria Tuni, aux abris, se met à crier à pleins poumons le vieux sage.
La foule bat en retraite à contre-cœur et regagne les sous-sols protecteurs de la ville, achevant définitivement les corps inconscients qui jonchent le chemin depuis la dernière remontée.
Une fois seuls au milieu de la grande place, les cinq hommes s'assoient tous dans la même direction et soufflent chacun leur tour dans leur Lanceur. La Vincide se met à rougeoyer et très rapidement, cinq petites boules de lumière fusent dans Nateria Tuni et foncent dans le désert, détruisant de nouveau tout sur leur passage.
Les informations fournies dans l'Appel de Jibinias Casnar leur permettent de se diriger sans problème vers la cabane, mais très vite, ils sentent que des ondes négatives ont envahi le désert maudit.
Ils ne savent pas qu'un commerçant du Désert au sang fort a effacé au prix de sa vie la partie du message de l'Appel qui annonçait le danger.

Le cœur enfiévré, Jibinias Casnar prononce à voix haute les cinq mots de la formule inscrite en lettres de sang sur le métal. Un déclic retentit dans la porte. Il sent autour de lui les molécules d'oxygène qui se contractent, qui s'affaissent, et il commence à manquer d'air.
La porte s'ouvre doucement, et des étincelles grésillent le long de l'épais panneau d'acier.
Tétanisé, le Guérillero distingue avec effroi la vision d'un monde du passé qui s'offre à lui. Ses yeux s'emplissent d'horreur et il perd tous ses moyens.
Une force magnétique se met à aspirer toute la réalité qui entour la cabane du Désert Maudit : la petite construction se brise en milliers de morceaux. Elle accroche dans son sillage la dépouille de l'homme brûlé et brise du même coup les os de Jibinias alors qu'il passe de l'autre côté, faisant ainsi un bond de plusieurs siècles dans le passé. Il touche le sol de ce qui pour lui est la pire vision de l'Enfer qu'un homme puisse imaginer. Mais il est très vite délivré par la mort et meurt avec soulagement dans cette époque ténébreuse.

Les cinq de Nateria Tuni stoppent leur avancée à quelques kilomètres de l'endroit où Jibinias a lancé l'Appel. Ils ne peuvent avancer plus loin, de peur de basculer dans la gigantesque brèche qui s'est ouverte dans le Désert Maudit. L'horizon est flouté par une immense toile d'araignée magnétique qui laisse entrevoir entre ses mailles un monde remplie d'horreurs et bouillonnant de fumées noires. La ligne du mal est bien distincte dans ce monde du passé. Des démons l'empruntent à une vitesse furieuse en hurlant.
Pétrifiés devant cette vision d'un monde maléfique, les cinq préfèrent rebrousser chemin plutôt que de tenter un passage.
Ils sont tellement éloignés de Nateria Tuni qu'ils ne peuvent plus revenir à la même vitesse qu'ils sont venus. La Vincide a besoin de plusieurs saisons chaudes avant de récupérer toute sa force. Perdus dans les plaines désolées et brûlantes du Désert Maudit, ils périssent rapidement et ne peuvent donc pas informer le peuple de Nateria Tuni de ce qui s'est passé.

Le corps inerte gît sur au beau milieu de la nationale assombrie par une pluie battante. Des voitures tentent de l'éviter mais finissent par se percuter de plein fouet, dans un fracas de toiles froissées et d'os brisés.
L'identité du mystérieux cadavre responsable de l'accident ne sera jamais découverte et la police décidera de classer l'affaire. Tous les effets personnels du mort seront conservés dans un coffre, placé loin sous la surface de la terre, dans un bunker d'acier dont l'accès n'est autorisé qu'à un nombre très restreint de personnes.
Bien des siècles plus tard, les expérimentations portées sur le petit objet fait d'un bois inconnu changeront la face du monde et réduiront sa population humaine, végétale et animale de 98%.



FIN
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Misquamacus
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MessageSujet: Re: DEUXIEME THEME D'HISTOIRES...   Jeu 28 Oct 2004 - 14:35

bravo ! Tu sais ce que j'en pense via ton site... yesmaster
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MessageSujet: Re: DEUXIEME THEME D'HISTOIRES...   

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