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 TROISIEME THEME D'HISTOIRES...

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LouVanHille
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MessageSujet: TROISIEME THEME D'HISTOIRES...   Lun 4 Oct 2004 - 14:41

Parfois la mémoire nous joue des tours... Amnésie quand tu nous tiens... Mais parfois, il est encore plus dur de découvrir qui l'on est réellement... On retrouve la mémoire et on apprend qu'on est un criminel... On se souvient vaguement de sa propre mort... On est face à ce côté sombre que la mémoire a fuit...

A vos plumes !!!!

PS : est-ce que quelqu'un aurait une place de libre sur son site pour y mettre toutes ces nouvelles (toutes celles écrites depuis le début) ? Ca pourrait être un projet assez sympa mais que je ne peux malheureusement pas gérer en plus du CSKL
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Seigneur Uldrich d'Akas
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MessageSujet: Re: TROISIEME THEME D'HISTOIRES...   Lun 4 Oct 2004 - 20:47

Je le ferais avec grand plaisir :face:

mais Neutral

Je n'ai pas de site... :pale: Mr. Green

Bon, sinon suis venu là pour poster un kruc... un kruc que j'ai écrit pour ce thème d'histoire, troisième édition.

Hum, le lien avec le sujet... Bah faut le chercher loin. En fait, à la base, cette histoire n'était pas du tout ce qu'elle est au final. Je me suis peu à peu éloigné de mon fil conducteur. Soyez indulgent donc. Pas de Hors sujet qui divise la note pleeeeassse !!

Je vous livre donc mon texte, première mouture (car je fais rarement de relecture pour mes nouvelles Neutral )...


Octave avançait. Qu’avait-il d’autre à faire ? On le traînait sans ménagement sur la grande cour pavée. Les gens qui l’accompagnaient ne laissaient pas le choix. Avancer vers l’estrade, face au public, affronter leur regard, leur rire, leur indifférence aussi. Bizarre. Bizarre de penser à de telles considérations quand on était si proche de la fin.

Monter sur les planches une dernière fois. La vie est parfois d’une ironie à faire peur. Ces réflexions n’embêteraient plus jamais Octave. Bel avantage pour sa situation. Les soucis quotidiens, les difficultés de la vie… Tout ça serait du passé. C’était déjà du passé. Si loin, si inconsistant. Balivernes ! pensa-t-il.

Octave et ses « compagnons » montèrent les marches de bois. Chacune était aussi haute qu’un château ; et furent pourtant gravies bien vite. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, le pauvre homme se retrouva à un mètre cinquante au-dessus de la cour, sur l’échafaud. Lui qui avait craint l’œil de la foule devait bien se rendre à l’évidence et s’avouer que la place était désespérément vide, déprimante de vide, absolument vide. Son sort n’intéressait pas plus les gens que sa vie, son art ou ses œuvres. Qu’il soit vivant ou mort, après tout, n’avait guère d’importance. Peut-être qu’après sa mort, son nom serait inscrit dans un quelconque registre à la Bastille. C’était un moyen comme un autre de faire perdurer son patronyme.

Une main brusque le poussa en avant pour le sortir de ses méditations.
« Avance ! dit une voix. Avance, que la foule te voit ! ». Mais il n’y avait aucune foule. Le bourreau poussait la procédure jusqu’au bout, jusqu’à l’humiliation. Octave se dit qu’il importait bien peu, finalement, d’être humilié ou pas, au soir de sa vie. Pourtant, ses maigres efforts pour se rassurer ne réussirent qu’à lui tirer des larmes. Des larmes que personne ne voyait. Des larmes qu’il tenta pourtant de cacher, tout en se demandant dans quel but. Il se détesta, il se détesta lui et le reste du monde. Il désira leur mort dans la seconde.

Puis il se reprit. À quoi bon se salir de si sombres sentiments après toute une vie qui n’avait pas été si mauvaise que ça ? Son regard se vida, son esprit se vida, son âme se vida. Il se préparait à mourir. Puisque c’était de toute évidence inévitable, autant s’habituer à l’idée et l’accepter rapidement. Il devait aussi s’avouer que jusqu’au bout, jusqu’à sa dernière nuit d’insomnie dans les froides geôles de la Tour, il avait espéré, follement espéré, naïvement espéré une délivrance. Il se rendait maintenant compte de sa stupidité, folle et naïve stupidité.

Il ne put contenir sa rage plus longtemps et hurla face au vide, hurla jusqu’à ce que sa gorge s’embrase et que son corps soit replié sur lui-même. Son cri se répercuta sur les bâtiments alentours. « Arrête de penser, arrêter de regretter, arrête ton amertume, arrête ! Stop les remords, stop les déceptions ! ».

« La ferme, décérébré ! s’écria le garde en donnant au condamné un nouveau coup de coude dans les hanches.
_ Et pourquoi êtes-vous si long, vous là ? L’art de la corde vous a-t-il abandonné soudainement ? » Il n’eut en retour aucun réponse. Il était devenu transparent, inexistant, déjà mort. Il essaya de suivre ce qu’il s’était ordonné de faire et effaça toute rancœur de son cœur. C’était inutile.

Il se laissa entraîner par le bourreau qui le tenait par le creux du coude. Il monta sur une autre estrade qui l’éleva encore au-dessus de la place. On l’allongea sur une couche absurdement aussi confortable que celle d’un roi. Il passa son cou dans un demi-cercle en bois, puis l’un des deux bourreaux referma le battant, emprisonnant ainsi le cou.

Octave faisait face au ciel. Il semblait qu’il soit gris chaque jour d’exécution. Comme si Dieu se refusait à voir pareil spectacle. Octave, lui, observait le fil, deux mètres au-dessus de lui. Son cœur commença à accélérer. Et sa respiration. Devint difficile. Des gouttes de sueur. Perlèrent sur son front et ses tempes. La peur s’insinuait dans son corps. Des gens. Dans le parfait respect. De la loi, allaient mettre fin à. Ses jours, sans qu’on intervienne. Sans recours. Il. Se mordit les lèvres pour ne. Pas hurler. Sa bouche s’assécha. En un instant. Des pas résonnaient autour. De lui mais il ne pouvait. Rien faire. Rien voir. Rien changer. On s’agitait. On s’organisait.

Pas de sentence, pas de jugement, aucune parole. Octave vit une main entrer dans son champ de vision et défaire le nœud qui retenait la corde, qui siffla en se déroulant, le fil sembla surgir à toute allure. Octave n’eut le temps de se rendre compte de rien. Il ferma les yeux.
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maerlyn
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MessageSujet: Re: TROISIEME THEME D'HISTOIRES...   Lun 4 Oct 2004 - 21:11

Effectivement complètement hors sujet. signe07ooops
Par contre j'adore ton style d'écriture. yesmaster

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Seigneur Uldrich d'Akas
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MessageSujet: Re: TROISIEME THEME D'HISTOIRES...   Lun 4 Oct 2004 - 21:56

Bah merci, et pour ma défense je peux dire que le pov gars repense à son passé, donc que ça fait intervenir la mémoire tongue10

Laughing :colors: pitié m'sieur Lou ne m'effacez paaaas !! Mr. Green
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Muadusul
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MessageSujet: Enfin une histoire que je finis !!!   Jeu 7 Oct 2004 - 14:19

J'ai écrit cette histoire l'été dernier. J'y ait apporté quelques modifs come remplacer l'endroit où se trouve la capsule : elle n'est plus dans l'anus mais dans le ventre, ce qui rend la connexion avec la naissance, le cordon ombilical meilleur que celle de l'anus qui ne veut strictement rien dire !!!

J'espère que vous apprécierez ! Cela fait quelques temps que je n'écris plus. J'ai des idées mais je ne parviens plus à les restituer comme par le passé! Je ne sais plus comment m'y prendre !!
Bon la voici ! Dite moi ce que vous en pensez !!! Merci d'avance !!!



ILLNAHOG

par Jérémy SEMET

__________________________________

Désert, lieu impie et infernal.
Désert, toi qui agrippes mes entrailles
Cesseras-tu de me hanter ?
Serais-je toujours ton prisonnier ?
__________________________________

T.S.

__

1
__


Il faisait chaud, j‘avais de sales entailles aux coudes et à l‘intérieur des mains. D’après la position du soleil dans le ciel, il devait être midi tout juste. Putain ce qu’il pouvait faire chaud ! Une chaleur atroce qui rendait mes aisselles moites et ma langue râpeuse. Et avec mon poids les choses ne s’arrangeaient pas ! Mon ventre me faisait atrocement souffrir. Il devait rester un morceau de je-ne-sais-quoi coincé à l’intérieur. L’objet devait être épais fait de métal car je sentais comme une langue glacée qui lapait mes entrailles. Bon dieu ce que ça pouvait faire mal !
Je longeai une route paumée au milieu de nulle part et celle-ci ne cessait de continuer toujours vers l’horizon. Il n’y avait pas un coin d’ombre et le soleil ne désirait pas bouger de son emplacement.
L’atmosphère se métamorphosa tout à coup : le sol se mit à serpenter dans des dédales pierreux et marécageux, le ciel se troubla et devint aussi meurtri qu’une plaie ouverte et le soleil céda sa place à une lune sordide. Je fixai un point quelconque et poursuivis ma route ; je n’y avais pas prêté plus attention au début. Mais je compris que le monde avait changé lorsque la douleur stomacale me sortit de ma torpeur. On aurait dit que la chose - confortablement logée dans mon estomac - s’était prit d’une agitation folle et avait songé à faire un petit tour à l’extérieur. La lune s’arrêta brusquement dans le ciel. Elle pivota sur elle-même, me contempla d’un regard emplit d’une frénésie maladive puis esquissa un doux sourire grimaçant qui faillit chasser l’objet de mon corps.
J’essayai de fuir. Je courus sans m’arrêter. La lune me suivait toujours de ses yeux félins. Mes foulées étaient saccadées, ma respiration hoquetait au fur et à mesure que les mètres passaient. Il y avait tant de chemins que je ne savais jamais lequel suivre. Je pris la première route qui zigzaguait. La lumière se faisait de plus en plus rare. Ma course me conduisit jusqu’à un flanc montagneux où je pus faire une halte. Je déboutonnai mon jean, descendis ma braguette puis mon pantalon. J‘arquai mon dos, je léchai du mieux que je pouvais et introduisit furieusement mon majeur dans mon nombril. Je dictais à mon doigt des mouvements peu communs : le faisant tourner à droite, à gauche ou tout bêtement de le faire décrire des cercles de plus en plus grands. Par chance (ou malchance) la lune avait retrouvé ma trace : sa pâle lumière m’aveuglait déjà lorsque je compris qu’une chose inanimée s’était introduite en moi qu‘il me faudrait un paquet de temps avant de le faire sortir.
Je remontai mes vêtements rapidement et empruntai un sentier qui grimpait davantage. Je ne savais pas où cela allait me conduire mais je le fis tout de même. Progressivement des formes se dessinaient sur une corniche à quelques mètres de moi. Elles avançaient fébrilement dans ma direction et crachaient un chapelet de mots incoercibles : darlec’shoy omina zarat. Juste au-dessus de ma tête se trouvait un creux dans la roche. J’y logeai quelques doigts et essaya de me hisser.
Mes bras étaient trop faibles et ma surcharge trop importante pour que je puisse exécuter la manœuvre. Je lâchai prise, bascula tête la première sur la paroi rocheuse inclinée et dévala le reste du flanc sur le ventre. Mon ventre me fit mal. Je n’étais pourtant pas tomber sur mes fesses mais le supplice s’était intensifié. Je rampai sur le sol boueux et fangeux. Je ne vous incommoderais pas en vous décrivant la puanteur qui se dégageait de ce bourbier gélatineux : je vous laisse simplement imaginer.
Je cherchai à prendre appui sur quelque chose de solide mais rien de bon ne paraissait être contenu dans cette tourbe primitive. Des insectes bicéphales étaient accrochés les uns aux autres par leurs innombrables pattes phosphorescentes et l’une de ces créatures me piqua au visage par je-ne-sais quel aiguillon contenu sur leur minuscule thorax. Ma vision se troubla et je sentis une vive chaleur envahir mes pieds, mes jambes, mon bassin puis le reste de mon corps jusqu’à ma tête. Je renouvelai un effort pour me remettre sur pied mais ce geste ne fit que multiplier le nombre de mes piqûres.
Mes doigts parcourraient furieusement ma figure qui se parsemait de bubons purulents prêt à faire jaillir leurs semences indélicates. Je ne cessais de me gratter et de me gratter encore et encore. Bientôt ni mon anus, ni la lune méphistophélique ne furent les problèmes majeurs. Ces foutus boutons infectieux me rongeaient le visage. Je hurlais pour ne pas succomber à la folie tant la vision de ces sphères acnéiques sous-jacentes me rendait dingue.
Je battis des jambes et des bras pour me sortir de là.
Des voix s’élevaient des boutons.
Les choses de ce monde n’étaient vraiment pas normales. Mais au fond qu’est-ce qui était normal ?
La lune me souriait toujours et m’envoyait ses relents gutturaux. Une vapeur verdâtre s’échappait de sa gueule cyclopéenne ; de longs crocs affûtés composaient une bouche surdimensionnée ainsi qu’une langue profusément noire. Les émanations parvinrent jusqu’à moi. Je respirai relativement lentement car les pustules s’étaient propagées sur la totalité de ma figure et condamnaient davantage ma bouche et mes narines : je sentis mon estomac se soulever, se tordre, se dévorer lui-même. Ma gorge prit l’aspect d’un buisson d’ortie et une substance organique gicla de ma bouche : du sang mêlé à de la bile et à un liquide abominable.
Les moustiques détraqués se précipitèrent vers ma vomissure et l’ingurgitèrent gloutonnement. Mes oreilles n’étaient point encore recouvertes par ces ignominieuses pustules. Je parvins à distinguer le faible glapissement de leur orifice buccale - qui s’avérait être une espèce de cloaque à ordures. La situation ne pouvait empirer ; j’étais empêtré dans les tréfonds de l’Enfer ou quelque chose du genre. Dante avait omis de décrire ce cercle car il n’en existait pas d’aussi effroyable et d’aussi avilissant.
Les silhouettes de tout à l’heure m’avaient rattrapé. Leurs déambulations s’apparentaient à une danse rituelle précédant l’accouplement d’un oiseau déchu.

__

2
__


Je ne vis plus rien.
Tout devint obscur.
Il n’y avait plus de son ni de bruit aux alentours.
Un cri éraillé retentit à l’intérieur de mon crâne : comme un rappel à l’ordre.
La clarté céda face à l’obscurité et je pus de nouveau entendre et voir. Mais après quelques instants d‘adaptation, l’atmosphère malsaine des lieux me saisit à la gorge et je me mis à sangloter comme un enfant.
Plus de lune. Plus d’insectes mutants. Plus de bourbe infecte. Et plus de chaleur.
En revanche, un désert de sable azur avait remplacé les marécages et les dédales ; un ciel entièrement orange scintillait au-dessus de moi et une tempête glaciale déplaçait de gros arbres à demi-mort. Je dis à demi-mort car leurs marmonnements ne m‘étaient pas étranger. Ce drôle de dialecte et le mouvement informes de leurs branchages décharnés me rappelaient les silhouettes.
Darlec’shoy omina zarat, grommelaient-ils en chœur.
Bordel de dieu ! Qu’est-ce que c’était que ce foutu endroit ?
Ils parlent tous la même langue et je ne comprends strictement rien.
Mon bide, pensais-je. Il ne me faisait plus souffrir. Je me précipitai sous un arbre dépourvu de vie : ses longues tiges sèches tombaient sur le sol et aucun son ne sortait de lui. A cet instant précis, j’espérai que ce qui me gênait dans mon anus était une balle de revolver ; que je puisse en finir, enfin ! Encore fallait-il dénicher un outil pareil, ici !
Je profitai de cet ultime moment de quiétude pour prospecter mes tripes afin de savoir si ce n’était pas réellement une balle que j’avais là-dedans. J’enlevai mon jean entièrement, enduis mon doigt de salive et je repartis faire un peu de spéléologie. Le temps était sec. La pluie n’était manifestement jamais tombée sur cette contrée aride.
A l’aide de mon majeur – surmonté de son ongle proéminent – je perçai la membrane qui recouvrait mon nombril. Une fois à l’intérieur, je me mis à la recherche de l’intrus. Je n’avais jamais pensé pouvoir m’introduire aussi facilement en moi.
Après un long moment, je touchai finalement au but : je tenais entre l’index et le pouce un objet glacé qui devait faire approximativement quatre centimètres. Maintenant que j’étais entré, comment allais-je faire pour ressortir ? Mes doigts avaient l’air d’être bloqué. J’avais survécu à une attaque de mouches urticantes et à une lune meurtrière. Ce n’était pas deux doigts qui allaient me faire perdre la face. Je grinçai des dents, mon front se plissa fortement et j’arrachai les deux doigts de mon nombril. Un filet de sang brillant explosa au moment où j’extirpai l’épais objet du fond des fonds. Dieu qu’il était beau : un tube recouvert d’une épaisse couche de chrome.
Quelque chose était peut-être dissimulée dedans ?
Je n’eus pas le temps de le découvrir car la tempête rassembla toutes ses forces et souffla comme un seul homme. Les bras voûtés des arbres se mirent à chanceler de plus en plus vite et de manière désordonnée. Certaines branches cédèrent puis craquèrent sous la puissance des rafales. L’arbre sous lequel je me trouvais se soumit à la volonté de la Nature impie de ce monde et fut emporté vers l’horizon.
J’étais à découvert. Plus rien ne me protégeait.
Je rangeai la drôle de capsule chromée et m’affolai lorsque je compris qu’il n’y avait plus d’espoir. L’endroit était désert. Il n’y avait plus de cachette possible. Alors je me résignai à mourir ; s’il était encore possible de mourir après toutes ces épreuves. Le vent souleva ma longue chevelure sombre. Les lunettes que j’avais sur le nez s’envolèrent puis échouèrent quelques kilomètres plus loin sur une paisible dune d’un bleu presque serein.
Le vent. Encore le vent. Il soufflait si fort qu’une poignée de mes cheveux se décollèrent de ma tête ; du sang s’écoula timidement. Puis je sentis un intolérable tiraillement. J’ôtai mon sweater et compris que ma peau se craquelait à certains endroits : principalement dans des recoins humides. Une partie de ma jambe gauche - en réalité ce n’était que la peau et quelques morceaux de muscle écarlate - se démembra et me décrocha un braillement animal. Je m’effondrai sur le sable, à demi conscient. Je m’attendais à ce qu’une silhouette me rattrape et m’envoie dans une autre réalité.
Au lieu de cela, une ombre nue s’approcha de moi. J’entendais ses pas hésitants et sa lourde respiration. Ce n’est qu’en le voyant que je compris qu’il était monté sur un destrier des plus fantasmagoriques : un curieux animal à huit pattes - dont les deux dernières ne servaient que de membres de secours et traînaient contrairement aux autres - pourvu d’une tête en forme de cloque magenta, d’une gueule étroite et d’une langue sifflante comme celle d’un serpent.
L’être descendit de sa monture, agrippa mon bras gauche, me souleva sur son épaule et me balança sur le dos de son étalon idiot. Le temps s’arrêta après cela. Le sol avait prit la place du ciel et vice-versa. Lui aussi marmonnait dans ce parler sibyllin ; cela avait-il une signification cachée ?
Je me surpris à penser. Mais mes pensées allaient au-delà du temps, du Cosmos et même des dieux. Je voguais dans un espace tout aussi mutant que ces lieux de dangereuse démence.
La bête trottait péniblement à travers les dunes.
J’entendis un mot. Ou plutôt une sonorité particulière. Je l’avais déjà entendu auparavant. J’en étais persuadé. Le nom revenait sans cesse dans mon esprit : Illnahog. Je connaissais ce nom et ce à quoi il était lié. Je n’avais toutefois aucune idée sur l’endroit où je dépérissais ni du nom de ce dernier ; ou encore de mon propre nom. Tout cela m’était étranger. Cela n’avait pas d’importance puisque je touchais au but.
A quel but ?
Au but que je m’étais fixé il y a bien longtemps.

__

3
__


Un feu presque éteint répandait sur le sol terreux de petits crépitements suivis d’éclats lumineux d’un vert olive morbide. Les murs étaient ornés d’organes putréfiés et de crânes décharnés appartenant à des animaux inconnus. La monture du mystérieux voyageur broutait une petite quantité d’un foin plus que douteux et laissait aller sa langue fourchue sur un minuscule bloc de sel marron.
Il s’agissait d’une toute petite grotte apparemment inoccupée et abandonnée par un peuple nomade ; à moins que le voyageur n’ait été le seul locataire de ce trou insalubre. Je leva les yeux et vis une ombre me tendre un tissu imprégné de sang. C’était du sang humain. Nom d’un chien bicéphale, mon sang se trouvait sur ce petit morceau d’étoffe ! Comment l’avais-je deviné ? Et bien je n’avais vu que des choses totalement abjectes et incroyables ; alors du sang humain, pensez-vous !
Tu as saigné profusément pendant le trajet, me dit le vagabond. J’ai été contraint de m’arrêter à plusieurs reprises pour m’assurer que l’hémorragie avait cessé.
Je dévisageai l’individu et remarquai qu’il n’avait pas de visage ni de forme précise : il n’était simplement qu’une ombre. Jusqu’à présent, les créatures de ce monde usaient d’une langue que je ne reconnaissais pas ; le voyageur savait parler ma langue. Il devait certainement savoir d’autres choses qui me seraient utiles par la suite.
Je bondis du matelas de fortune que m’avait confectionné l’individu. J’avais la sensation d’être débarrassé d’un point important. Avec un étonnement non dissimulé - qui me fit glousser de plaisir - je n’avais plus du tout mal au ventre. L’extraction maladroite de la capsule avait laissé quelques séquelles et c’était peut-être pour cela que les saignements s’étaient déclenchés. Mais non, je n’aurais pas saigné aussi puissamment. Le sang provenait de ma jambe : rappelez-vous, le vent m’en avait arraché un morceau. Et pourtant je n’éprouvais aucun mal à marcher.
Si l’ombre maîtrisait ma langue alors elle pouvait très bien me donner des informations sur cet étrange étui brillant. Je trouvai l’objet au fond de ma poche. Il n’avait pas changé le moins du monde : il paraissait toujours aussi resplendissant. Que pouvait-il contenir ?
Une main spectrale m’arracha l’objet des mains. Le voyageur fit quelques pas et prit place sur un repli rocheux qui avait la forme d’un siège. Il contempla avec insistance l’étonnante capsule : celle-ci scintillait toujours et réagissait aux manipulations ésotériques de l’individu. Ses doigts fantomatiques tournaient dans tous les sens jusqu’à ouvrir finalement l’objet. Celui-ci se mit à luire comme un joyau et une douce mélodie retentit. L’ombre fit pivoter les deux extrémités de l’étui jusqu’à obtenir deux parties égales. Au cœur de l’une d’elles se trouvait un petit cylindre de calcaire parfaitement polie.
De la craie, m’écriais-je.
Le voyageur baissa sa tête en guise d’acquiescement et débuta une sorte de litanie : Jerco’viz Cerlad Illnahog Grindo Apu Karkido Neth Arkal.
Lorsqu’il eut terminé je lui demandai ce que son chant signifiait. Alors il me répondit tout en montrant la craie : Il n’y a pas d’Elu ni de Messie en ces lieux, Illnahog t’a laissé passer entres les mailles du filets car il le voulait ; il n‘y a pas de hasard.
Illnahog ! Ce nom venait d’être prononcé à nouveau. Je savais qu’il y avait un rapport avec un dieu et que cette divinité possédait deux parties incompatibles. Mais alors quel était le rapport avec ce lieu invraisemblable, ce drôle de nomade fantôme et ce morceau de calcaire ?
Résumons la situation : je me trouvai sur le bord d’une route déserte quand tout à coup l’endroit s’était mit à changer ; il ressemblait à un coin de l’Enfer encore non explorée et, comble de malchance, je m’y perdais et me trouvais nez à nez avec une lune carnivore et des moustiques génétiquement modifiés. Je manquais de justesse de ne pas succomber à une obscure maladie lorsque le monde bascula de nouveau et me propulsa dans un désert bleu peuplé d’arbres à demi-mort qui vociféraient des paroles confuses. Une tempête se souleva brusquement et emporta un morceau de ma jambe. Un drôle de voyageur mystique me recueillit et parvint à ouvrir l’objet qui était jadis logé dans ma panse. Comment était-il arrivé là ? Ce n’était qu’un mystère de plus au puzzle de ce monde tordu.

__

4
__


« Tu dois cheminer seul à présent, dit-il, impassible. Reprend la route qui te conduira jusqu’à la Limite.
- Quelle Limite ?
- Si ce n’est pas toi qui la trouveras, alors elle se présentera à toi.
- Que suis-je supposé faire ici ? Je ne sais même pas où je me trouve, m’exclamais-je.
- Rien n’arrive par accident, me confia-t-il. Tout événement est lié à un autre et ainsi de suite.
- Mais je ne sais pas pourquoi ?
- Pourquoi ? Illnahog avait une idée en tête en te permettant d’entrer ici !
- Justement, je crève d’envie de savoir qu’est-ce que c’est que cet endroit à la mord moi le nœud !
- Parce que tu ne le sais pas ?
L’ombre me lança le bout de craie et me pria de le suivre. Il se déroba derrière une morne tapisserie en laissant un étroit passage à travers duquel je pus le suivre sans difficultés. Derrière le damas des escaliers tortueux grimpaient en direction d’une tour qui devait probablement servir de vigie au nomade. Je me retrouvai sur une plate-forme faite de glaise pourpre qui surplombait un lac où abondaient des milliers de taupes-requins. J’étais parvenu à les voir sans mes lunettes. Quel exploit !
Une partie de moi s’éveilla soudainement. J’étais déjà venu antérieurement. L’endroit me semblait de plus en plus familier. J’avais reconnu ces étranges bêtes qui suffoquaient au contact de la moindre molécule d’eau et qui ne supportaient pas de se mouvoir sur le sol. Quel paradoxe ! Le voyageur se tourna dans ma direction et poursuivit :
- As-tu remarqué ces taupes-requins dans le lac ?
- Ils me sont apparus comme la foudre frappe le sol, répliquais-je.
- Ils font partie intégrante de ce monde et pourtant ils ne semblent pas vivre au sens propre. Mais ils sont bien là !
- Je ne comprends pas.
- Il n’y a rien à comprendre. C’est cette spécificité qui fait de vous des Hommes : vous cherchez toujours le pourquoi du comment. Alors que les choses ne sont ce qu’elles sont et il n’y a pas de raisonnement là-dessous.
- Alors pourquoi m’avoir conduit ici ?
- Pour te faire comprendre où tu te trouves.
- Je ne comprends toujours pas.
- Tu refuses simplement de comprendre. Ouvre les yeux, nom d’un chien ! Regarde et perce la membrane qui occulte ton esprit. Où penses-tu te trouver ?
Je clos mes paupières, pris une profonde inspiration et bafouilla :
- Je ne suis plus sur Terre.
- Très bon début. Continue !
- Toutes ces choses ne peuvent exister.
- Elles existent puisque tu peux les voir et les comprendre.
- Alors tout cela n’est qu’un rêve, un triste rêve.
- Tu brûles.
- Je suis dans un rêve !
- N’oublie pas le principal.
- Illnahog ?
- Oui. Comme je te l’ai dis tout à l’heure, il t’a permit de fouler ces terres maudites.
- Cela ne se peut
- Quoi ?
Je rouvris les yeux et faillit tomber du haut du plateau. Il me retint par la ceinture et me reposa sur la plate-forme. Mes yeux brillaient d’un feu de désespoir. Ma cervelle se mit à bouillir et mon visage s’empourpra aussitôt.
- Je suis à l’intérieur d’Illnahog ?
- Où aurais-tu pus te trouver autrement !
- C’est fou !
- Mais sache que si tu es ici tu ne pourras plus jamais sortir.
- Pourquoi donc ?
- Parce qu’il ne le permettra pas.
- Tu m’as dit de trouver la Limite.
- J’ai également ajouté qu’elle pourrait te trouver. Or je n’ai pas précisé quand.
- Dit-moi ce qu’elle est !
- Elle est la jonction entre le Paradis et l’Enfer.
- Et à quoi me servira la craie ?
- La craie te servira à inscrire la marque de l’infini sur la Route goudronnée. Car c’est sur cette route que se trouve la Limite. Tu pourras l’apercevoir de loin.
L’ombre me tendit une main amicale et pointa de son doigt transparent le chemin à suivre. Je descendis du plateau, caressai la monture mutante puis empruntai un étroit tunnel avant de trouver la sortie.

__

5
__


Je n’avais rien vu du voyage qui m’avait conduit jusqu’à cette caverne. Alors je fus extraordinairement surpris lorsque je pénétrai dans ce qui s’avérait être une forêt tropicale habitée par de colossales palmiers lumineux : ils dégageaient une fluorescence orangée qui contrastait avec la couleur mauve du ciel.
Le monde vient de se renverser, pensais-je.
J’avançais lentement entres les troncs qui grésillaient. J’étais continuellement sur mes gardes, prêt à riposter en cas d’attaques surprises. L’ennemi pouvait surgir de n’importe où. Dans un lieu aussi foisonnant que celui-là, je n’étais nulle part à couvert. Mon regard se posait sur chaque branche, chaque feuillage suspect. Je cherchais cette Limite. D’après le nomade, il n’y avait pas de hasard : tout événement était en accord avec les autres. Si je voulais que quelque chose se passe, il fallait que j’agisse. Mais je n’avais aucune piste à suivre ; rien dont je puisse me servir pour progresser dans mes recherches.
Je devais somme toute remarquer une chose : cette forêt avait tout l’air d’un Paradis. En effet je n’avais, pour le moment, trouvé aucuns sons ni mouvements hostiles ou bizarres. L’accueil avait été plutôt amicale jusqu’ici. Le bruit de mes pas qui craquaient sur les racines géantes de ces palmiers rythmaient ma marche. Mais alors si ce lieu s’apparentait à un nouvel Eden et que les autres mondes rencontrés avaient tout l’air de Limbes : cela voulait dire que j’avais déjà dépassé la Limite. Et que je m’étais trompé de route. Pourtant j’avais suivit fidèlement la voie que m’avait désigné le voyageur. Je pris donc la lourde décision de faire demi-tour et de retourner voir l’ombre pour qu’elle me conseille.
Un mugissement. Un battement d’ailes.
Des bruits de feuilles froissées et écrasées sous le poids d’un animal excessivement lourd. Je suivis le sentier à reculons en prenant bien garde de ne pas attirer l’attention sur moi. Parce que je ne savais pas si la créature qui survolait les palmiers était agressive. Mon cœur battait dans ma poitrine ; je sentais chaque impulsion sanguine dans mon corps. Le sang affluait dans mes veines et circulait à toute vitesse afin d’irriguer mes muscles au maximum. Je regardai furtivement derrière mon épaule et compris qu’il n’y avait plus de sentier et que je me trouvais dans une autre partie de la forêt. Le temps semblait sauter comme sur un vieux disque vinyle.
Contrôlé par un instinct dont je ne soupçonnais même pas l’existence, je bondis sur l’un des gigantesques palmier et gravis l’épaisse écorce jusqu’au sommet de l’arbre géant. Je poussa les longues feuilles lumineuses et me hissai jusqu’au point le plus haut de la forêt.
A cette hauteur, il n’y avait plus que moi, le ciel pourpre et la silhouette de ce maudit oiseau qui planait au-dessus. Là où je me trouvais je ne discernais que deux serres proéminentes qui crevaient littéralement la dense couverture nuageuse. Elles s’approchaient dangereusement de moi et frôlaient de plus en plus la cime des palmiers. Je tentai de glisser sur une des larges feuilles mais les griffes du volatile furent plus promptes et me saisirent en plein vol. Les serres s’enfoncèrent dans ma chair grasse et laissèrent de vilaines entailles. D’un coup de ses vigoureuses pattes, l’oiseau me balança sur son dos. Je fis attention de ne pas me couper avec ses écailles ; les traces laissées sur mes coudes et mes paumes firent accroître ma vigilance.
Quelle créature extraordinaire !
Son corps tout entier était couvert de drôles de plumes façonnées dans une pierre précieuse semblable à de la Jade et son bec était enveloppé dans ce qui paraissait être de l’or. La vue était phénoménale : au-dessous de nous, la forêt tropicale se répandait encore sur des centaines de kilomètres. Je jetai un coup d’œil en bas pour trouver une trace de la grotte du nomade mais la densité des palmiers m’empêcha d’y voir quelque chose.
La célérité de l’oiseau était impressionnante : dix hectares défilaient en quelques minutes sans pour autant que le vent ne fasse voltiger mes cheveux.
Il était devenu habituel que les évènements échappent à mon contrôle.
Bien accroché à ses plumes pierreuses, j’espérais sincèrement trouver cette Route pour enfin sortir de ce monde horrible. Mais je devais encore trouver la Limite.
Si j’étais passé de l’autre côté de cette Limite, - que je cherchais en fait depuis le début, c’était cela mon but ultime - où est-ce que ce furieux volatile m’emmenait ? En me repérant par rapport à ma position initiale, c’est-à-dire celle que j’avais en entrant dans cette forêt, et en reportant cette marque à notre trajet présent : je devais normalement rencontrer ce que je cherchais. Mais quand ? Je l’ignorais.
L’oiseau piqua inopinément du nez et s’engouffra dans la robe nébuleuse. Nous ressortîmes de l’autre côté et nous planâmes au-dessus d’un titanesque pont de verre. Aux bouts de ce pont : quatre soldats vêtus d’armures sombres et armés de fusil à trois canons surveillaient l’édifice. Ils nous avaient assurément déjà repérés car j’avais noté à ce moment précis qu’ils s’étaient tout à coup immobilisés. La tête de la créature pivota dans ma direction et brailla : Darlec’shoy omina zarat.
Cette phrase aussi était devenu une routine ; après l’avoir entendu, je présageais le pire.
Je joignis les mains et priai. Je priai pour que la créature ne me largue pas sur ce pont. Si j’étais capturé par ces types, je ne donnais pas cher de ma peau. Les soldats accoururent vers nous lorsque l’oiseau se posa sur le pont dans un crissement assourdissant. Leurs armes étaient braquées sur nous. Bien que je présageais que la bête ne sentirait rien du tout sous son épaisse peau olive, je songeais aux balles sifflantes qui pourraient trouer la mienne. Des points lumineux parcouraient mon corps de la tête au pied : chaque fois qu’ils arrivaient à ma tête, mon cœur s’emballait et j’entendais le cliquetis de percuteur et le sifflement inaudible du projectile. Mais ce n’était que mon imagination. Les types se contentaient de fixer le bout de leurs canons sur moi ; ils avaient totalement oublié le colossal piaf. C’était moi qu’ils désiraient comme trophée.
Darlec’shoy omina zarat, hurla l’un des soldat, tenant toujours son fusil coincé au creux de son épaule.
- Allez tous vous faire foutre, bande de fêlés, vociférais-je. Vous dîtes tous la même chose mais qu’est-ce que ça veut dire à la fin ?
Le soldat resserra encore plus fermement sa main sur la crosse de son arme et répliqua avec dédain :
- C’est la seule phrase que nous avons apprise en arrivant ici. Elle signifie : les évènements se répètent inlassablement.
- Quoi ?
- C’est pour cela que les choses te semblent familière et que tu connais Illnahog. Tu es déjà venu et tu reviendras encore et encore. Ton calvaire n’a pas de fin. Chaque fois que tu tentes de franchir le pont, je te descends d’une seule balle dans la tête. Ensuite tu t’écroules, tu es automatiquement replacé sur la route déserte et tout recommence.
Le désespoir. Cette sensation enivrante qui vous empêche soudainement de respirer et de voir la vérité en face. Mes mains devinrent moites et parsemées de ces boursouflures étranges. Des larmes volcaniques me coulèrent des yeux. J’hurlai jusqu’à m’en faire exploser les cordes vocales. A quoi servaient-elles ici ? A rien !
La Limite ! Je n’y pensais déjà plus. Ces types gardaient le pont de verre car c’était la seule construction qui conduisait à la Route goudronnée et donc à la Limite.
Il n’y a pas de hasard. Pas de hasard.
S’il n’y avait pas de hasard alors tout coïncidait et appartenait à un tout unique. Donc si ces types étaient réels et que je l’étais également ici : c’est que je devais agir. Or je me trompais tout le temps. Cela ne devait plus arriver.
Je me trouvais dans une impasse. Comment me sortir de ce foutoir sans avoir à recommencer tout depuis le début ?
Je n’avais connu jusqu’à présent que la folie et la démence en traversant ces territoires infernales. Alors une idée germa dans mon esprit : si là-bas n’apparaissait que le mal, pourquoi ne ferais-je pas apparaître le bien ici ? C’était concevable. J’étais dans un dieu après tout. Je fermai les yeux et tendis la main gauche vers le volatile titanesque. Ce dernier approcha son encolure de feu et la désigna de ses yeux coruscants : une turgescence bleuté pointait en direction du ciel ; celle-ci se mit à gigoter et à produire un craquement organique. Un objet perfora le cou de la bête. Il s’agissait d’une espèce d‘ossature métallique enrobée par de la gélatine couleur amande. Je risquai une main et m’emparai de la chose qui, après un nettoyage sommaire s’avérait être une arme constituée d’une crosse d’argent et d’un énorme canon ; je saisis alors d’où venait l’expression « trou de balle ».
C’est alors que je compris où il voulait en venir : la capsule ! Cette foutue capsule avait le calibre d’une balle de revolver. Je saisis l’objet et l’insérai dans un petit barillet qui ne contenait qu’une seule alvéole. Je relevai le chien et visai les soldats les uns après les autres. N’ayant qu’une seule munition, je devais être prudent et dégommer le bon.
L’oiseau poussa un cri et me lança à nouveau sur son dos à l’aide de son bec. Nous prîmes de la hauteur et de là où je me trouvais, je remarqua que les types étaient positionnés sur le pont assez curieusement. Si je penchais la tête vers le côté droit et que je visais avec suffisamment de précision, je pourrais très bien les avoir tous les quatre en utilisant qu’une seule balle.
Je pressa la gâchette et le coup parti : il n’y eut pas de détonation mais un simple souffle roque qui me creva le tympan. Mon oreille s’emplit de sang ; j’avais bien crut que je l’avais perdu. Je demeurai tout de même sourd de cette oreille. La balle atteignit sa cible à quatre reprises, traversa leur corps et échoua sur le pont de verre. L’oiseau me reposa sur le pont et je pus le traverser sans problèmes. Je ramassa la capsule et l’introduisit dans la poche de mon jean ; celle-ci était tâchée d’une substance laiteuse.

__

6
__

Il n’y avait pas de vent, ni d’arbres, ni de lune, ni d’insectes et ni de soldats.
De l’autre côté de l’édifice régnait une quiétude et une sérénité sans nom. Tout était calme. Je ne m’attendais à rien. Je me laissais aller sur le trottoir de cette Route goudronnée que j’avais finalement trouvé quelques mètres après le pont. La première chose que je vis à l’entrée de la Route était un gros panneau jaune où était inscrit Randomia en grosses lettres rouges.
C’était la même texture de goudron et la même chaleur aussi. Je me serais crut revenu en arrière ; je n’avais pourtant pas l’air d’avoir échoué.
Je marchais depuis un sacré bout de temps déjà. Je l’avais remarqué à la pancarte de bienvenue : elle était désormais un simple grain sombre à l’horizon et celui-ci s’éloignait à chacun de mes pas. Jusqu’où devais-je aller ? Où devais-je m’arrêter pour inscrire la marque de l’infini ? D’ailleurs je me demandais bien à quoi cette marque pouvait bien ressembler.
Plus je progressais et plus je me rendais compte que la route n’avait pas de fin. Je ne voyais pas de ligne, ni de démarcation dans le paysage qui aurait pus me mettre sur la voie. Bon dieu ! Où était cette Limite de mes deux ? Le nomade s’était joué de moi et m’avait menti : la Route était là mais je ne voyais de Limite nulle part. Je tomba à genoux sur le sol et pris ma tête aux creux de mes mains. Un sang épais et grumeleux jaillit de mon oreille et tacha mon épaule. J’arrivais même à sentir le goût de mon propre sang qui tapissait ma gorge. Bientôt le sang se mêla à la salive et parvint jusqu’à mon estomac. Dès lors je me roula de douleur sur le sol tant mes tripes se tordaient dans d’affreuses contorsions. Mon esprit s’égara. Tout tournait autour de moi. Rien n’avait de sens. Je ne savais pas pourquoi j’étais ici ni depuis quand. Je m’attendais à voir cette Limite n’importe où mais rien ne semblait vouloir se révéler.
Un brouillard déposa sa longue traîne sur la route et occulta les environs.
Je me retrouvais seul dans les ténèbres avec une putain d’explosion de tympan qui s’excitait toutes les minutes. Je n’en pouvais plus. Mes forces m’abandonnaient.
« Si je n’ai pas de signe qui me pousse à continuer, gémis-je, alors je me laisserai crever ici sur cette route à la con. Vous entendez ? Vous ou Toi ! Le grand Illnahog, seigneur du tout-parfait.
Des pas. Des pas lourds et vacillants. Je les aurait distingué entres milles : la monture mutante de l‘ombre. Il voyageait sur le dos de son étalon idiot et boitilla jusqu’à moi. Son visage m’était toujours caché. Lorsqu’il s’arrêta juste devant moi, je voyais bien que son destrier allait rendre l’âme car sa langue de serpent traînait sur ses babines.
- Je t’ai entendu, me dit-il. D’ailleurs toutes les créatures qui vivent ici t’ont entendu et écouté.
- Alors laissez-moi crever, bordel de merde, vociférais-je.
- Tu ne peux mourir.
- Je le peux si j’en ai envie !
- Malgré ta performance de toute à l’heure – dont je dois te féliciter – tu ne pourras pas la reproduire sur la Route.
- Pourquoi ?
- Ce lieu lie le Bien et le Mal, le Paradis et l’Enfer
- Tu veux dire que
- Tu as compris cela aussi et depuis le commencement.
- La Route est la Limite, bégayais-je.
La silhouette sauta du dos de son étalon et pénétra mon corps comme pour pratiquer une petite séance de chirurgie psychique. Sa main passa à travers ma jambe - je grimaçai de douleur avant de chanceler et de me retrouver à terre - et elle ressortit avec la capsule.
- Tu as besoin de ceci, dit-il en dévissant l’étui de chrome et en me présentant le morceau de craie.
- Pour inscrire la marque de l’infini ?
- Exactement !
Je m’accroupis et regardai le nomade fixement. Puis je lui lançai :
- Qui es-tu ?
Il eut un moment de réflexion avant de pouvoir me répondre :
- Je suis la conscience altérée d’Illnahog. J’agis pour la bonne entente entres les deux parties du dieu.
J’imaginai l’apparition d’un sourire sur ses lèvres.
- Et tu es ici pour que j’agisse dans ce but, n’est-ce pas ?
- Tout à fait.
- Que se passerait-il si je n’inscrivais rien sur cette Route ?
- D‘une manière ou d‘une autre, tu y serais forcé. Il n’y a pas de hasard, rappelle-toi.
- Y a-t-il une fin ?
- Une fin ? Je n’en sais rien. Peut-être que oui ou peut-être que non. Tout ce que je sais c’est que tu dois marquer cette Route coûte que coûte. Tu dois inscrire sur le goudron ce symbole autant de fois que nécessaire. Encore et encore. C’est un supplice qui t’incombe personnellement.
- Combien de fois suis-je déjà venu ?
- Tu penses bien que je ne compte même plus.
- Et ce soldat sur le pont ? Il m’a dit que je n’arrivais jamais plus loin. Pourquoi ?
- Il le fait toujours. C’est une sorte de booster pour te faire croire que tu as réalisé un exploit surhumain.
- J‘ai toujours ce fusil ! Je pourrais retourner l‘arme contre toi et m’enfuir !
- Pour aller où ? Dit-moi !! Cela ne servirait à rien car je n’existe pas.
- Tu as dit tout à l’heure que
- Que je ne suis que la conscience altérée. Ni plus, ni moins. Je ne vis pas ici, je n’en suis que le gardien. On pourrait dire que je suis l’agent de maintenance de ce grand taudis céleste.
- Et moi je suis un pion et rien de plus ?
- Rien de plus. »
Je me résigna à inscrire le signe de l’infini sur la Route : le chiffre huit renversé à l’horizontale. La Route s’illumina et la silhouette disparut. Je pouvais encore entendre sa voix dans le néant : tel Sisyphe tu pousses une volumineuse pierre sur une montagne sans fin ; Illnahog est cette montagne et ta vie est la pierre.
________

Épilogue
________

Il faisait chaud, j‘avais le tympan crevé et un morceau de mollet arraché. D’après la position du soleil dans le ciel, il devait être midi tout juste. Putain ce qu’il pouvait faire chaud ! Une chaleur atroce qui rendait mes aisselles moites et ma langue râpeuse

FIN.


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ddelph
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MessageSujet: Re: TROISIEME THEME D'HISTOIRES...   Ven 8 Oct 2004 - 13:38

Voilà une des versions de l'enfer, tellement horrible qu'on préférerait mourir.
Au départ l'écriture à la première personne m'a gêné, je pense qu'il doit y avoir quelques maladresses de narration même si la fin justifie amplement cette première personne.
Autre chose qui m'a dérangé: la manière de s'exprimer de ton presonnage la "conscience altérée" est parfois un peu familière pour ce genre de personnages, je verrais plutôt des termes plus "littéraires" que "booster" ou que la phrase "tout évènement est lié à un autre et ainsi de suite", il devait y avoir une formulation plus adaptée.
Sinon l'idée de l'éternel recomencement est une bonne idée, même si elle commence à être "usée" et c'est très effrayant.
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Muadusul
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MessageSujet: merci c gentil   Ven 8 Oct 2004 - 13:42

Merci pr cette critike !!!!
C vrai ke g corriger certain truc mais pas tout... le truc de la boucle sans fin, jlavai imaginé avant ke King n'en parle dans DT... mais bon c vrai ke le retour en arrière ca saoule... faudrai trouver un otre "truc" !!!
En tt cas merci pr ta bonne critike !!!
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Littleangel_be
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MessageSujet: Re: TROISIEME THEME D'HISTOIRES...   Ven 8 Oct 2004 - 17:36

Plutôt flippante ton idée de l'enfer!!! affraid
C'était pas mal Wink Mais es tu sur d'avoir tout modifier?

"Bientôt ni mon anus, ni la lune méphistophélique ne furent les problèmes majeurs. "

Je croyais qu'il avait ça dans le ventre?
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maerlyn
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MessageSujet: Re: TROISIEME THEME D'HISTOIRES...   Ven 8 Oct 2004 - 18:01

Stephen King l'avait déjà écrit dans "la tempête du siècle" et "tout est fatal": l'enfer est un éternel recommençement.

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Muadusul
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MessageSujet: Merci pr la critike !!!   Ven 8 Oct 2004 - 20:14

Ah mince !!! Jme disais que je n'avais pas tt enlever !!!!
Je vais devoir m'y remettre !!
Je c ke je n'ai rien inventer !!! enfin jve dire mis à part ke le type est ds un DIEU! A ma connaissance ca n'a jamais été fait ! Mais je ne suis pas une lumière, je ne connais pas tout !!!
Sinon quelles sont vos réactions quant à mon histoire ?? J'aimerais savoir ce ke vs en pensez et si el vo la peine kje la modifie ou ke je la peaufine davantage !!!
Kan j'écris, je suis bloké ! Et je ne modifie plus l'histoire par la suite ! Mais si vs me dites kil fo kje continue alors je pense tenir une histoire intéressante !!!
Jattends vos réactions !!!
Encore merci pr les critikes !!
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maerlyn
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MessageSujet: Re: TROISIEME THEME D'HISTOIRES...   Ven 8 Oct 2004 - 20:20

Moi je crois que tu tiens une bonne histoire mais c'est vrai que quelques corrections ne pourraient que l'améliorer. yesmaster

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Muadusul
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MessageSujet: merci   Ven 8 Oct 2004 - 20:23

Merci pr tes encouragements !!!!
Je v me remettre à écrire cette histoire !!!! Je tiens un bon thème, il suffit simplement que je l'exploite un peu mieu, ke je creuze l'idée !!!
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seraphiel0
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MessageSujet: Re: TROISIEME THEME D'HISTOIRES...   Ven 8 Oct 2004 - 22:09

il ne faut surtout pas avoir peur de reecrire ton histoire a mon sens,de nouvelles idées peuvent venir pendant la reecriture
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seraphiel0
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MessageSujet: Re: TROISIEME THEME D'HISTOIRES...   Ven 8 Oct 2004 - 22:10

en tout cas bravo a tous,vous avez tous pas mal de talent yesmaster
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faeryl
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MessageSujet: Critique de Illnhaog   Mer 13 Oct 2004 - 12:51

Message pour Muadusul :
Je ne sais pas si ma boîte mail marche bien aussi je ne suis pas sûre que tu aies reçu ma critique de Illnhaog comme tu me l'avais demandé. Je n'avais pas lu les autres critiques pour ne pas être influencée.
Depuis j'ai relu et cette fois j'ai mieux compris ce qu'était cet endroit.
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faeryl
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MessageSujet: Re: Critique de Illnhaog   Mer 13 Oct 2004 - 12:54

[quote="faeryl"]Message pour Muadusul :
Je ne sais pas si ma boîte mail marche bien aussi je ne suis pas sûre que tu aies reçu ma critique de Illnhaog comme tu me l'avais demandé. Je n'avais pas lu les autres critiques pour ne pas être influencée.
Depuis j'ai relu et cette fois j'ai mieux compris ce qu'était cet endroit.[/quote]

Oups, désolée pour la faute, c'est Illnahog, bien sûr signe07ooops
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Misquamacus
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MessageSujet: Re: TROISIEME THEME D'HISTOIRES...   Dim 24 Oct 2004 - 20:53

La mémoire, alors... Bon, OK, j'en ai une vieille sous le coude :
CAPSULE


Carnet de bord, 18 janvier.

C’est arrivée. Aujourd’hui. Je ne sais pas pourquoi. En un sens, c’est amusant. Au début, j’étais égaré, je ne comprenais pas... Ce flash dans ma tête... Maintenant, ça va mieux. Il faut que je couche ça sur papier. On ne sais jamais, si les choses tournaient mal.

Carnet de bord, 19 janvier.

Pas mal, pas mal...
Il y a des boutons partout. Ils clignotent devant mes yeux. Ce sont mes compagnons d’infortune. Dommage qu’ils n’aient pas construit la capsule plus grande. Enfin, il ne pouvait pas savoir. Pourtant, j’aimerais bien pouvoir me délasser un peu les jambes.

Carnet de bord, 20 janvier.

J’ai pas le moral aujourd’hui. La capsule m’écrase de son exiguïté. Heureusement que j’ai arraché les fils de l’encéphalo, autrement ils auraient fait une drôle de tête en bas. Ah, je me présente : je me nomme Clark. Je suis le troisième à partir avec une capsule du programme spatial. J’ai une caméra branché sur moi, ce qui commence à poser problème.
Enfin, plus qu’une semaine, peut être moins, si il commencent à s’inquiéter, en bas...


Carnet de bord, 21 janvier.

J’ai tout débranché. Tout. J’imagine leur air en bas ! Cela doit être comique. Le pire, c’est qu’ils doivent croire que c’est la faute des ordinateurs !
Est-ce que je devient fou ?
Dois-je redescendre ?

Carnet de bord, 22 janvier.

Mon Dieu ! J’ai des souvenirs !
C’est dingue ! Je me rappelle... Le flash dans ma tête... En plus, je ne les concentre que sur une seule personne : Cynthia. Quand elle ma conduit à la capsule, elle me tenait par la main. C’est elle qui m’a installé, avec ses gestes tendres, son sourire. Avant de refermer le panneau, elle m’a embrassé. Oh, juste un petit bisou sur les lèvres... Mais il représente beaucoup. Maintenant, depuis le flash...
J’aime Cynthia.

Carnet de bord, 23 janvier.

Au début, ces papiers et ces crayons ne servaient pas à ça... Si ils savaient... J’écris en vert. C’est plus joli, ça me remémore ma jeunesse.
J’aime Cynthia. Vais-je le lui dire ? Non... Je ne peux pas. Que faire ?

Carnet de bord, 24 janvier.

Que voulez-vous que je vous dises ? Hein ? Merde ! Voila ce que je peux vous dire. Merde. Le flash dans ma tête.
Le flash dans ma tête ! LE FLASH !

Carnet de bord, 25 janvier.

J’ai compris. Je suis un paria. Je crois que Dieu existe. Oui, j’ai la foi. Alors pourquoi m’as-t-il fait cela ? Une épreuve peut être. J’ose croire que oui.
Est-ce que mon âme va aller au paradis ?
Serais-je banni ?

Carnet de bord, 26 janvier.

Chers amis.
Vous ne lirez pas ce carnet. Personne ne le lira. Dommage. Je crois -je pense- que les deux autres avant moi n’ont rien subit... Pourquoi ? Je ne sais pas... C’est comme ça. Vous faites des calcules savants pour savoir si mon métabolisme subit des changements. J’ai arraché les fils. Si vous saviez...
Je vous quittes. Je vous aimes.
Je t’aime, Cynthia.

Les yeux dans le vague, pleins de larmes, il déchira ses notes. Ensuite, il se détacha, se leva. Sa tête touchait le plafond malgré sa position. Enfin, il saisi la barre au dessus de lui et se retrouva à l’envers, pendu pas les pieds. Il avança sa main velue vers le bouton rouge, et, tout sanglotant, il murmura : « si vous saviez... » Il pressa le bouton et il mourut.

Extrait du rapport sur la phase 3, 27 janvier, Cap Canaveral :

« ... Une mal-fonction inexplicable c’est donc produite suite à un flash mystérieux surgi sur l’écran caméra le 18 janvier à 5h30 du matin. La capsule en panne s’est auto-détruite le 26 janvier à 2h30 du matin, entraînant la mort de Clark, le... »
Cynthia posa son stylo. Une larme perla sur sa joue et s’écrasa sur le rapport. Elle murmura :
« C’est dommage, je l’aimais bien, ce singe... »
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MessageSujet: Re: TROISIEME THEME D'HISTOIRES...   Dim 24 Oct 2004 - 21:04

Très sympa. trembing
Mais je pense qu'elle aurait besoin d'être étoffée. On va penser que je suis exigent lol! mais je trouve le déroulement trop court.

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MessageSujet: Re: TROISIEME THEME D'HISTOIRES...   Dim 24 Oct 2004 - 21:25

Merci !
Mais tu l'as déjà lu ? Je viens juste de la mettre ! C'est dingue, ça... happy05
C'est une vieille nouvelle (écrite il y a 16 ans...) Effectivement, j'ai utilisé la méthode préconisée par le King, à savoir reprendre et retravailler ce truc. Mais comme j'éprouve à son égard une tendresse particulière (c'est une de mes premières nouvelles...) j'ai pas réussi. Trop vieille, certainement.
Je propose donc ce p'tit machin sans modif' car je n'y arrive pas. C'était une époque où j'essayais de faire dans le très court.
Je viens de poster ça sur un coup de tête et je me rend compte que c'est bourré de défauts... Mais j'aime bien l'idée.
Je devrais peut être tenter de transposer ça dans un autre contexte...
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faeryl
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MessageSujet: à mon tour   Mer 26 Jan 2005 - 17:49

Voilà la première partie d'une nouvelle que j'écris.

DOUBLE VIE

Quand j'ai ouvert les yeux, deux pensées me sont venues simultanément : un, que vu mon mal de crane carabiné, j'avais dû faire une sacrée bringue, et deux, je suis où là ?
A côté de mon lit, un lit étroit d'une personne, il y avait une fille aux cheveux chatains, coupés au carré. Elle lisait une revue. Je la voyais du coin de l'oeil, car j'avais un mal fou à tourner la tête. Comme si mon cou ne me répondait plus. De l'autre côté, des machines avec des écrans. Ca bipait. La fille a levé la tête, puis elle a souri, l'air soulagé, et s'est précipitée dans le couloir. Un type et une fille en blouse blanche ont rappliqué.
Ils m'ont examiné sous toutes les coutures et m'ont posé des questions auxquelles je ne savais pas répondre : à mon grand désarroi, je venais de me rendre compte que j'étais à l'hôpital, et amnésique par dessus le marché. J'ai voulu parler, mais j'arrivais pas à articuler comme il faut. J'ai paniqué.
Le type - enfin, le docteur - m'a dit de me calmer, que tout allait bien, que c'était normal que je me sente faible après six mois de coma. D'après lui, tout allait redevenir comme avant petit à petit, j'avais eu la chance, toutes les blessures que j'avais eu étaient soignées, et mon cerveau était intact. Ils allaient bien s'occuper de moi. Il m'ont fait une injection de je ne sais pas quoi, et j'ai senti mon corps se détendre. Après quelques efforts, j'ai pu leur répondre en tournant la tête pour oui ou non. Ils ont conclu à une amnésie passagère, vu que je comprenais quand même ce qu'ils me disaient.

Quand ils sont sortis, la fille aux cheveux chatains est revenue. Elle m'a dit mon chéri, mon pauvre chéri, tu ne te souviens plus de moi ? Natalie ! Toi, tu t'appelles Marc. Marc Neale. Ne t'inquiète pas, je serai avec toi."
Je l'ai bien regardée, bon, apparemment, j'ai bon goût, car elle a l'air gentille et elle est plutôt pas mal ; mais elle ne m'évoquait absolument rien.
- Bon, je vais te laisser, je suis rassurée maintenant, je vais te laisser te reposer. Je dois aller annoncer la bonne nouvelle et préparer la maison pour ton retour. Je reviens demain." Là-dessus, elle m'a planté un baiser retentissant sur la joue, et elle est partie.
L'infirmière est revenue, et elle m'a mis la télé, pour stimuler mon cerveau.
J'étais en train de suivre vaguement une niaiserie quand une autre fille est arrivée, et alors, celle-là quel canon, je lui aurais bien fait une petite place dans mon lit. Vu la façon dont elle m'a dit bonjour, cela s'était déjà produit par le passé. Et si elle n'évoquait rien à ma mémoire, mon corps, lui, se souvenait. Je peux vous garantir qu'il n'y avait pas de problème de fonctionnement de ce côté.
Elle m'a donné une petite enveloppe avec quelque chose de dur dedans, et elle m'a dit cache-la bien, je reviendrais si je peux, sinon rendez-vous comme convenu. Elle m'a encore embrassé et elle est partie.
La cacher, elle est rigolotte elle, je peux à peine bouger ! Bon, je l'ai glissée tant bien que mal sur mon oreiller. Puis je me suis endormi, j'étais trop fatigué.
Natalie est revenue le lendemain, et puis tous les jours pendant trois semaines, elle m'a raconté ma vie, petit bout par petit bout. Où j'étais à l'école, que je n'avais plus de famille, que j'étais consultant dans une grosse boîte de Boston, ce qui me faisait voyager beaucoup, où on s'était rencontrés, ce genre de trucs. Natalie est la fille de mon patron, et nous parlions de nous marier, avant mon terrible accident de voiture.
En même temps, je faisais de la rééducation, et bientôt j'ai pu reparler et marcher un peu. Mais la mémoire ne me revenait toujours pas.

La veille de ma sortie de l'hôpital, Natalie était là et elle me disait qu'on irait dans un chalet que je possède pour voir si cela pouvait m'aider à me rappeler quelque chose. Y'a un gosse qui est rentré dans ma chambre, il m'a regardé, l'air de vouloir me dire quelque chose et puis en s'avançant, il a vu Natalie et il a dit "oh pardon, je me suis trompé de chambre", et il est ressorti. Sauf qu'en sortant, il a mis un truc dans la poche de ma veste qui était suspendue à côté de la porte. Du coup, ça m'a rappelé l'enveloppe que l'autre fille m'avait donnée, je l'avais changée de place en me disant que m'en occuperais plus tard, et je l'avais oubliée, elle était coincée sous le tiroir de ma table de chevet .
Dès que Natalie est partie, je l'ai ressortie. Dedans, il y avait une petite clef plate et un numéro sur un papier, 65, écrit de deux chiffres tout en rondeurs, une écriture de fille. Dans la poche de ma veste, il y avait un petit papier plié en quatre, où il était écrit, là aussi tout en rondeurs, "méfie toi d'elle".
D'elle ? C'est qui "elle" ? Je ne voyais que Natalie, ou l'autre fille. Mais vu que le message avait plutôt l'air de venir de l'autre, je penchais pour Natalie. Mais pourquoi me méfier d'elle ? C'était quoi cette histoire ?
Je fis mes bagages, j'avais quelques vêtements et affaires de toilette que Natalie m'avait amené. Et avant même de m'en rendre compte, je me suis retrouvé en train de découdre soigneusement la doublure du fond de mon sac, pour y ranger l'enveloppe avec la clef. Je l'ai recousu avec un petit nécessaire que j'avais dans ma sacoche, avec mon portefeuille et mes papiers, comme si j'avais l'habitude de faire ce genre de choses. C'est plutôt les filles qui ont ce genre d'accessoire d'ordinaire. Le petit mot, je l'ai fait disparaître dans les toilettes.
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Rosie
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MessageSujet: Re: TROISIEME THEME D'HISTOIRES...   Mer 26 Jan 2005 - 20:26

Wouah, mais comment vous faîtes pour pondre des trucs pareils, et surtout, réussir à les coucher sur papiers.
Je suis épatée, il y a réellement plein de talents par ici.
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tosca34
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MessageSujet: Re: TROISIEME THEME D'HISTOIRES...   Mer 26 Jan 2005 - 22:54

Oy !!! vivement la suite !! trembing
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faeryl
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MessageSujet: Deuxième partie   Jeu 27 Jan 2005 - 12:00

DOUBLE VIE (partie 2)

Natalie est venue me chercher le lendemain matin et m'a emmené chez moi. Enfin, chez nous, vu qu'elle avait emménagé chez moi quelques semaines avant l'accident m'a-t-elle dit. Pour mon boulot, je ne devais pas me faire de bile, elle avait tout arrangé avec son père. J'étais en vacances jusqu'à ce que la mémoire me revienne. En arrivant devant la maison, je n'ai pas cru que c'était là jusqu'à ce qu'elle descende de la voiture. Au vu de la baraque, je devais être sacrément riche ! J'ai visité les lieux, il y avait des tas de disques, de livres et d'autres objets personnels, mais ils m'étaient tous inconnus. Dans le garage se trouvait une splendide Pontiac. Alors que j'étais en train de l'admirer, Natalie est arrivée derrière moi.
"Alors, tu t'en souviens ? Tu l'adorais cette voiture. Elle était sacrément abîmée après l'accident, mais je l'ai faite amener chez ton garagiste, et je lui ait dit de ne pas regarder à la dépense. Tu vois, elle est comme neuve."
Effectivement, n'auraient été les kilomètres au compteur, on aurait pu la croire neuve. Ce garagiste avait de l'or dans les doigts.
Les jours suivants je me suis trainé dans le quartier, j'ai lu, j'ai écouté de la musique, à la recherche d'un élément déclencheur, qui me permettrait de retrouver un souvenir. Rien. Les voisins me saluaient comme une connaissance, mais je ne les reconnaissais pas. Mais surtout, je me creusais la cervelle au sujet de cette fille et de la clef au numéro, sans succès.
Mon patron et futur beau-père est venu dîner. Il n'a pas arrêté de me poser des questions pour voir si ma mémoire ne me revenait pas sur un point ou un autre, surtout pour le boulot. A la fin, ça devenait gênant, Natalie lui a demandé d'arrêter.
Sur le plan de l'intimité, et bien, ma foi, Natalie était une belle jeune femme, et puis comme elle avait l'air de m'aimer...

Au bout de quelques jours, Natalie m'a dit : " Tu ne fais rien ce week-end ? On va au chalet alors, je m' occupe de tout. Prépare tes bagages, demain on prend le train. Ca sera moins fatigant que par la route "
Quand nous sommes arrivés à la gare, nous avons dû faire la queue pour prendre les billets que Natalie avait réservés. En attendant, je regardais autour de moi, et mon regard a été attiré par les casiers à consigne. Dessus, il y avait de petites serrures et des gros numéros peints en noir. J'ai immédiatement pensé à la petite clef plate, que j'avais d'ailleurs avec moi, toujours au fond de mon sac. Mais les numéros s'arrêtaient à 60. Bon, j'irai voir à l'aéroport, il doit y avoir des consignes là bas aussi.
Au chalet, la première chose que j'ai faite a été de prendre une bière et d'aller la boire sur la terrasse, en regardant les oiseaux pêcher des poissons dans le lac. Natalie m'a regardé d'un air bizarre et m'a dit que c'était toujours ce que je faisais en arrivant. Ensuite, elle n'a cessé de me surveiller, ça en était pénible. J'ai fini par m'enfermer un moment dans la salle de bains. Je ne suis sorti qu'au moment du repas de midi. Après manger je suis retourné sur la terrasse, et comme il faisait de plus en plus chaud, je suis monté dans la chambre prendre un bermuda. Le couloir du haut faisait un L, d'un côté il y avait notre chambre et un bureau, de l'autre côté, la salle de bains et une chambre d'amis. A ce sujet je me suis fait la réflexion qu'il était curieux qu'aucun ami ne soit venu me voir.
Alors que j'allais redescendre, j'ai entendu un bruit dans la salle de bains. Je ne sais pourquoi, je m'en suis approché sans bruit. Natalie y était, pourtant elle avait pris une douche avant le repas, pour se délasser du voyage. Je l'ai regardée par la porte entrebaillée, elle fouillait partout, en prenant soin de tout remettre à sa place ensuite. Je suis redescendu en pensant au mot que le gosse avait mis dans ma poche.
Quand Natalie m'a rejoint sur la terrasse, je lui ai posé la question au sujet de mes amis. Elle m'a débité un truc sur le fait que j'avais déménagé cinq mois avant l'accident, avant je travaillais pour une succursale à Philadelphie, et puis, j'étais souvent en déplacement alors... Enfin, j'avais bien un ami, qui était aussi un collègue, mais malheureusement, il avait fait un arrêt cardiaque pendant mon coma, mais comme je ne me souvenais pas de lui, elle n'avait pas jugé utile de m'en parler. Je lui ai demandé son nom, en me promettant d'aller voir sa famille.
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Littleangel_be
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MessageSujet: Re: TROISIEME THEME D'HISTOIRES...   Jeu 27 Jan 2005 - 12:06

Et????????? La suite, la suite!!!!! jumping38 jumping38 jumping38
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Rosie
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MessageSujet: Re: TROISIEME THEME D'HISTOIRES...   Jeu 27 Jan 2005 - 17:52

J'attend aussi avec impatience...
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faeryl
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MessageSujet: troisième partie   Jeu 27 Jan 2005 - 19:05

DOUBLE VIE (troisième partie)


Au retour à la maison, j'ai attendu le moment où je serais seul pour prendre la voiture et aller à l'aéroport, puis rendre visite à Caty Holmes, la femme de mon ami John. Je n'avais pas envie d'avoir Natalie sur le dos. Je m'étais rendu compte que c'était elle qui avait déballé mon sac en arrivant au chalet, et à nouveau de retour à la maison. Dans le doute, je gardais à présent la clef sur moi et je la glissais dans mes chaussons la nuit. Je m'étais débarrassé du papier au numéro. J'étais parvenu à la conclusion que la fille de l'hôpital avait été ma maîtresse, et que je devais simplement faire attention à la jalousie de Natalie, qui cherchait à trouver des preuves de mon infidélité. J'avais été de ceux qui mènent une double vie, mais il me semblait que je devais profiter de ma mémoire à nouveau "vierge" pour repartir du bon pied. La curiosité me faisait cependant conserver la clef.
Je suis monté dans ma Pontiac et j'ai filé à l'aéroport. Malheureusement, là-bas, c'était des consignes à code. Bon, tant pis, on verra une autre fois pour la clef. J'ai cherché ensuite la maison de Caty. A ma grande surprise, j'ai trouvé le chemin de façon instinctive, ma mémoire commençait-elle à revenir? Sur place, une petite femme vêtue de noir m'a ouvert puis son visage s'est éclairé.
"Marc, je croyais que tu ne viendrais plus ! Alors, je vois que tu te portes bien malgré ce terrible accident. Malheureusement, mon cher mari n'a pas eu la même chance... Il était pourtant en pleine forme.
- Et bien, je suis désolé de ne pas être venu plus tôt, mais mon accident m'a rendu amnésique.
- Ah bon ? Mais Natalie ne m'a rien dit ! Mais on ne me dit rien de toute façon."
Je lui ai demandé ce qu'elle voulait dire par là, et elle m'a dit de rentrer, qu'elle ne pouvait pas me parler dehors comme ça. D'après elle, son mari ne pouvait pas avoir avoir eu un arrêt cardiaque, il venait de faire son bilan de santé annuel et il était en pleine forme. Elle avait voulu une autopsie, mais on lui avait répondu qu'elle n'avait pas d'arguments suffisants pour en obtenir une.
Dès le lendemain de la mort de John, des gens étaient venus du bureau tôt le matin pour récupérer son ordinateur et ses papiers, disant qu'ils avaient besoin de ces documents, sans lui donner plus d'explications. John était comptable, et ramenait souvent du travail chez lui. On lui avait rendu l'ordinateur complètement vidé de ses données, même les courriers personnels avaient disparus. Depuis, elle se sentait surveillée. C'était très curieux effectivement. Après avoir échangé quelques paroles sur tout et rien, je lui ai dit que j'allais prendre congé. Caty m'a reconduit à la porte puis s'est arrêtée brusquement :
"Oh, attendez, je viens de me rappeler quelque chose ! Elle alla à l'étage, puis revint avec une enveloppe.
- John voulait te remettre cette lettre le jour où tu as eu ton accident. Il l'avait gardée comme marque-page, alors ils ne l'ont pas emmenée avec ses papiers. J'espère que ce qu'elle contient pourra t'aider à retrouver la mémoire. "
Dans la voiture, j'ai ouvert l'enveloppe. Dedans, il y avait une copie de relevé de compte banquaire, sur laquelle certains virements crédités au compte étaient surlignés en jaune. Sur une autre feuille, les numéros des créditeurs surlignés étaient identifiés par des noms. Je n'y comprenais rien, mais vu les sommes concernées, cela devait être important.

Je ne pouvais pas ramener ce truc à la maison, vu que Natalie mettait son nez partout. J'ai repensé alors aux consignes, et je suis allé à la gare. J'ai pris un casier où j'ai mis les papiers. En me retournant pour partir j'ai vu en face de moi la vitrine d'un marchand de journaux, où se reflétaient les casiers. Il s'est produit comme un déclic dans ma tête : 65 à l'envers, cela donnait... J'ai essayé d'ouvrir le casier 59, et bingo, c'était ça. Dans le casier, il y avait une mallette. J'ai récupéré les papiers et je suis parti examiner le tout dans les toilettes pour hommes. Dans la mallette, il y avait des papiers d'identité, un permis de conduire et une carte American Express au nom d'un certain Norman Langill, banquier venu de la Nouvelle Orleans. Sauf que sur les photos, c'était moi, avec les yeux bleus et une moustache, mais c'était moi. Il y avait en outre différents documents, de ceux que pouvait transporter un banquier en voyage d'affaire. Mais surtout, rangé dans un étui de ceinture, il y avait une arme de petit calibre avec un chargeur, ainsi que le permis de port d'arme assorti. Mais c'était quoi tout ça, dans quel pétrin m'étais-je fourré ? "L'affaire" John et ceci ne pouvaient être qu'une simple coïncidence. J'avais à présent la conviction que j'allais devoir réviser mon hypothèse sur ma double vie passée. J'ai rangé les papiers de John dans la mallette, puis comme j'allais remettre le tout dans une consigne, je me suis rappellé la réflexion de Cathy, sur le fait qu'elle se sentait surveillée. Si elle était effectivement surveillée, alors on m'avait vu et je devais faire attention. J'ai gardé le contenu de la mallette sur moi, et j'ai remis la mallette vide en consigne.
Quand je suis rentré, Natalie était revenue. Elle m'a interrogé sur ce que j'avais fait, je me suis dit que le mieux était de mentir le moins possible, aussi je lui ai répondu que j'étais allé présenter mes condoléances à Caty Holmes.
J'avais dans l'immédiat deux choses à faire : trouver une bonne cachette pour tout ce que j'avais récupéré, et voir à quel degré je devais me méfier de Natalie. J'avais déjà ma petite idée pour ce dernier point.
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Littleangel_be
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MessageSujet: Re: TROISIEME THEME D'HISTOIRES...   Ven 28 Jan 2005 - 8:01

Bien,bien. Cela me plait de plus en plus jumping38
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faeryl
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MessageSujet: Re suite   Ven 28 Jan 2005 - 19:21

Et bien, plus j'écris, plus l'histoire se développe d'elle même. Je ne sais pas encore quand et comment elle va finir, mais en attendant, voici la 4e partie.

DOUBLE VIE (quatrième partie)

Fort heureusement, l'occasion de cacher tous ces trucs sans attirer l'attention de Natalie s'est présentée le soir même. Alors que je tondais la pelouse (j'étais assez riche pour me payer un jardinier, mais cela me donnait de l'exercice), j'ai trouvé un chat crevé sous la haie. Je suis allé chercher un sac poubelle, et j'ai mis dans ma poche un de ces grands sacs de congélation qui se ferment avec un "zip". J'ai dit à Natalie que j'avais trouvé un chat crevé et que j'allais l'enterrer. En allant chercher une pelle dans le garage, j'ai récupéré les papiers et l'arme que j'avais laissés sous la roue de secours en attendant, j'ai mis le tout dans le sac congel que j'ai planqué sous ma chemise. Naturellement, quand je suis ressorti, j'ai trouvé Natalie devant le chat mort. Elle m'a dit que c'était dégoûtant, d'enterrer vite cette horreur, et elle est rentrée. Bien entendu, je n'ai pas enterré que le chat, et le plus drôle était que j'avais la bénédiction de Natalie.
Deux ou trois jours après, j'ai laissé tomber exprès ma clef de consigne sur la moquette de la chambre, en faisant celui qui ne s'en était pas rendu compte. Une heure plus tard, elle n'y était plus, et Natalie était partie faire des courses. Et quand elle est revenue, la clef est revenue aussi. Je l'ai ramassée sans faire de commentaire. Je ne pouvais vraiment pas me fier à elle, mais pourquoi ? Selon moi, il n'y avait que deux catégories de types qui pouvaient avoir des faux papiers et une arme : les criminels et les flics, ou agents secrets. Mais j'étais quoi moi ? Et Natalie était qui ? Vu la façon dont elle me surveillait, elle représentait un danger pour moi, et réciproquement. Je devais absolument trouver qui j'étais, et ce que je faisais, pour me sortir de cette situation plus que délicate. D'autant plus qu'à présent, elle, et sans doute "ils" car elle ne devait pas être seule, savaient que j'avais en ma possession le contenu de la mallette.
Mais à la réflexion, je n'étais pas seul moi non plus, il y avait ma visiteuse de l'hôpital. Il fallait que je trouve le moyen de la contacter.
Pendant quelques jours, j'ai cherché une solution. Je ne savais pas son nom, ni rien sur elle. Elle avait évoqué un rendez-vous convenu entre nous, mais où, quand ? Vu que j'étais resté dans le coma plusieurs mois, ça ne devait pas être un rendez-vous du genre tel jour à telle heure, mais plutôt un endroit où on pouvait s'attendre, se laisser des messages. Un endroit où elle devait passer régulièrement dans l'espoir de m'y trouver. Pour moi, cette solution était impossible. Si je ne pouvais la contacter, il fallait donc qu'elle me contacte. Sans doute d'ailleurs n'attendait-elle que ça, vu le mot qu'elle m'avait fait passer, elle avait dû apprendre que j'étais amnésique, et elle voulait sûrement m'aider à me sortir de ce mauvais pas. Je devais partir de l'hypothèse que j'étais surveillé sans cesse, pour plus de sécurité. Elle devait penser la même chose, puisqu'elle ne m'avait pas donné d'autres nouvelles. Une seule possibilité s'offrait à moi : reprendre mes anciennes habitudes, ainsi je pourrais me rendre dans des tas d'endroits sans que cela paraisse suspect. Et si mon hypothèse était bonne, elle ou quelqu'un d'autre pourrait me trouver plus facilement hors de portée des indiscrétions de Natalie. Paradoxalement, j'avais besoin de Natalie pour ça.


Un matin au petit déjeuner, je lui ai dit qu'il fallait que je reprenne ma vie d'avant.
" Pourquoi ? M'a-t-elle demandé, Oh, tu as retrouvé la mémoire ?!
- Non, mais renouer avec ce qu'était mon quotidien avant devrait m'y aider."
Elle m'a regardé d'un air absorbé, et m'a dit qu'elle verrait ça avec son père.
Deux jours plus tard, j'étais de retour au bureau, accueilli en prince par mes collègues. Moi qui croyais que je n'étais pas apprécié, vu mon peu d'amis, je me trompais. J'ai recommencé à fréquenter les bars, restaurants et sandwicheries habituelles, où je m'attendais sans cesse à être abordé. Je restais toujours sur le qui vive, cherchant à repérer mes (éventuels) "suiveurs". Il me semblait avoir repéré une certaine voiture. Un jour que je me rendais dans un bar où un client m'avait donné rendez-vous, pas très loin du bureau, j'ai eu la surprise d'être accueilli à bras ouverts par la serveuse :
"M. Neale ! Je suis ravie de vous revoir. Vous vous êtes remis de ce terrible accident ! C'était horrible tout ce sang. Il ont attrappé le chauffard qui vous a foncé dessus j'espère ? " J'étais un peu sous le choc, recevoir tant d'informations d'un coup...
" Et bien, je suis désolé de ne pas vous reconnaître, mais voyez-vous, cet accident m'a rendu amnésique. Vous avez tout vu ? Je venais souvent ici ?
- Oh, je suis navrée. Oui, j'ai tout vu, c'était pratiquement devant le café. Vous veniez tous les matins avant d'aller travailler, et un matin, vous veniez de vous garer là-bas, vous voyez ? dit-elle en me désignant un emplacement au niveau du carrefour proche. Et bien, vous alliez sortir de votre voiture quand un taré est arrivé à toute allure de la route d'en face. Il a grillé le feu, et si vous n'aviez pas eu le réflexe de vous jeter en arrière sur le siège passager, il vous aurait réduit en bouillie. Il n'avait rien et s'est sauvé avant que les flics arrivent." Ce n'était pas le genre d'accident auquel j'avais pensé, et d'après ce que je savais, cela ressemblait plutôt à un attentat.
J'ai décidé de retouner dans ce café régulièrement. Le lendemain matin, quand la serveuse m'a amené la soucoupe avec ma monnaie, il y avait un papier au fond. Je l'ai déplié discrètement, et mon estomac s'est serré.
C'était son écriture, ronde, mais la lettre commençait par "Mon très cher Mike"
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MessageSujet: Re: TROISIEME THEME D'HISTOIRES...   Sam 29 Jan 2005 - 16:12

J'ai hate de voir la suite jumping38
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faeryl
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MessageSujet: 5e partie   Lun 31 Jan 2005 - 19:02

DOUBLE VIE (5e partie)

"Mon très cher Mike,
Je me suis tellement inquiétée pendant ces longues semaines, j'ai imaginé tellement de conséquences horribles, que quand tu es enfin revenu je n'ai pas pensé une seconde que tu pouvais avoir oublié.
Cependant je te connais bien, et je sais que tu as déjà compris beaucoup de choses. Certainement pas tout, mais au moins qu'il serait trop risqué que je t'explique clairement la situation. Tu dois comprendre.
Ce qui me blesse le plus est que tu ne saches plus tout ce que nous avons vécu ensemble, et tout ce que nous pourrons vivre quand tout sera fini.
Continue à être aussi prudent et aussi ne parle jamais, même si tu es seul. Ne fais confiance à personne, à part à Karen, mais ne lui transmet rien qui puisse la compromettre ou la mettre en danger. J'ai déjà pris trop de risques en t'écrivant ceci.
Tu n'es pas seul, nous t'aiderons du mieux que nous le pourrons, mais cela sera délicat ...
Si vraiment cela devient nécessaire, fuis. Je te retrouverai.
Je t'embrasse de tout mon coeur,
Evy."
Bon, apparemment, je ne me faisais pas de fausses idées sur la nature de mon "accident". Ni sur la nature de mes relations avec Evy. Mais à part ça, je n'étais pas plus avancé, sauf peut-être sur le fait que mon vrai prénom était Mike. J'ai lu et relu encore la lettre, persuadé qu'il devait y avoir dedans des informations cachées. Et puis j'ai vu, il y avait comme un défaut : "Je sais que tu as déjà compris ... qu'il serait trop risqué que je t'explique" et, de suite après, "tu dois comprendre". Elle savait que j'avais compris mais elle me disait pourtant qu'il fallait que je comprenne, quelque chose clochait. "Tu dois comprendre" ne devait pas concerner la situation dans laquelle j'étais, parce-que j'avais déjà compris l'essentiel. Cela devait être plutôt une indication sur ce que je devais faire, je devais comprendre quelque chose. Autrement dit, je devais me renseigner, trouver des explications. Sur quoi, je ne sais pas, mais cela devait certainement concerner ces relevés de compte. J'étais sans doute un flic cherchant à prouver des transferts de fonds illégaux, ou alors un escroc cherchant à détourner des fonds, ou quelque chose du genre.
J'ai pris mes affaires et la lettre et je suis allé aux toilettes. J'ai fait disparaître la lettre dans la cuvette et j'ai écrit ce petit mot :
"Evy,
Je t'avais effectivement oubliée. Je peux t'assurer cependant que le jour où je t'ai vue, tu ne m'as pas laissé indifférent, loin de là. J'ai hâte que nous puissions nous revoir.
En allant prendre le train l'autre jour, j'ai bien saisi que la situation était des plus délicates. Mais je vais faire en sorte de comprendre du mieux que je peux.
M."
En payant la note, j'ai tendu le mot à Karen (c'était la serveuse), caché sous un billet de 5 dollars. Puis je suis allé au bureau, où j'avais des choses à comprendre.

En réfléchissant à la manière de m'y prendre, il m'est venu à l'esprit que si ils avaient cherché à me tuer, c'est que j'avais déjà trouvé des "preuves", et que je devais être du bon côté de la loi. Autrement, ils m'auraient livré aux flics non ? De plus, ces preuves devaient être toujours en ma possession,sinon Natalie ne passerait pas son temps à me surveiller. Moi mort, les preuves pouvaient bien être dans la nature, ils s'en foutaient bien. Mais puisque j'étais vivant, et qu'apparemment ils n'avaient pas trouvé ma planque, ils espéraient que je les y mène. C'te bonne blague, je ne savais pas moi même où chercher ! Ca n'était cependant sans doute pas à la maison, Natalie aurait trouvé, depuis le temps qu'elle fouille partout. Je n'avais pas dû mettre ça au bureau, trop exposé, mais j'y ai cherché quand même quelque indice. J'y ai trouvé des factures d'entretien de voiture, et bien on peut dire que je la bichonnais ma Pontiac. Justement, est-ce que j'aurai pas pu y cacher quelques documents ? Je l'ai inspectée dans le parking, je n'ai rien trouvé à part un minuscule micro planqué sous le tableau de bord. Je l'y ai laissé, ça pouvait toujours servir pour les envoyer sur une mauvaise piste. Mais cette voiture avait été entièrement refaite, si quelque chose était planqué dedans, le garagiste avait dû le trouver, ou ça avait été détruit.
J'ai décidé que le lendemain, ma voiture aurait besoin d'un bon nettoyage.
Quand le garagiste m'a vu arriver il est venu me saluer :
"M. Neale, bonjour. Je savais bien que vous alliez revenir. On a beau avoir perdu la mémoire, une voiture pareille, ça ne s'oublie pas, et il faut bien s'en occuper.
- Oui, c'est vraiment une belle voiture. Vous avez fait du beau travail dessus. Je venais vous voir pour savoir si vous n'avez pas trouvé des affaires à moi dedans.
- Je les ai donnés à votre femme. Ah, mais vous voulez peut-être parler de ce truc. Venez dans mon bureau, on va s'occuper de votre voiture pendant ce temps."
Il m'a offert un café, puis il a cherché dans des tas de dossier, pour finalement sortir une bande de quatre négatifs. Ils étaient tout rayés mais on voyait encore bien ce qu'il y avait dessus. Deux d'entre eux représentaient une scène de pique-nique avec Natalie. Le troisième était un paysage. Sur le dernier, on voyait mon patron discuter avec un autre type dans un parc. Le type me disait vaguement quelque chose.
"J'ai donné la pochette à votre femme, mais cette bande avait dû tomber et je l'ai trouvée plus tard. Je l'avais mise de côté en attendant de vous voir."
Oui, je pense plutôt que j'avais retiré cette bande de la pochette à cause du quatrième négatif. J'ai remercié le garagiste et je suis rentré chez moi dans une voiture rutilante.
J'ai découpé le négatif, et je l'ai gardé dans mon portefeuille en attendant de trouver mieux.
Les autres, je les ai simplement mis avec le reste de la pochette.
[/i]
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