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 DIMENSIONS - Episode III

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Killer 777
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MessageSujet: DIMENSIONS - Episode III   Mer 13 Avr 2005 - 11:24

UNIVERS, 3


« Pouvez-vous fermer la porte derrière vous ? Merci, dit le secrétaire. Prenez donc place.
- Merci, dit Novik.
- Bien. Asseyez-vous. » Il prit le ton triomphant d’un directeur d’école qui a déjoué l’ultime conspiration d’un élève diabolique. « Nous savons tous que vous ne pouvez être un messager de l’Empire, Capitaine, puisque…
- Ce n’est pas ça le problème, en fait, le coupa Novik.
- Ah ! Il semble que vous ayez compris vous aussi ! le recoupa aussitôt Aovon. Mais qu’est-ce que vous cherchez ici ? Et puis, qui êtes-vous ?
Novik se demanda s’il pouvait faire confiance au petit secrétaire en lui révélant son nom. Aovon allait-il lui aussi partir en courant ? « Je suis venu ici parce que je n’avais aucun autre endroit où aller, finit-il par dire. Je ne me souviens de rien, absolument rien, qui me soit arrivé avant il y a quinze minutes. Et comme j’ai un uniforme impérial, je m’en remets à ce qui me semble être l’Empire. »
- Attendez… vous êtes en train de me dire que vous avez perdu la mémoire ? Mais c’est du délire ! » dit Aovon en levant les yeux au ciel.
- Non. Je ne connais plus rien… Je ne sais pas où je suis, ni comment j’y suis arrivé. Pourtant, il y a des choses que je sais.
- Ah ? Vous connaissez votre nom, au moins ?
Novik regarda le secrétaire Aovon avec circonspection. « Je vous préviens, ça va peut-être vous choquer. J’ai vu des enfants qui… laissez tomber, dit-il enfin quand il vit le regard dubitatif du secrétaire. Je m’appelle Novik. Novik Naomer-Oolon. »
Aovon partit d’un grand rire aigu.
« Vous voulez me faire croire ça, à moi ? C’est la plus mauvaise blague que j’aie jamais entendue. Allez, dégagez d’ici, je ne veux plus vous voir », dit-il en allumant une pipe qu’il avait sortie du tiroir de son bureau.
« Vous devez m’aider ! »
Novik ressentit de l’angoisse – et de la déception – dans sa propre voix.
« Dehors. Je vous ai assez vu. »
Novik se leva. Il toisa le secrétaire qui était assis, la pipe à la main, et qui lui rendait un regard de pierre, à la fois insolent et humiliant.
Sans raison apparente, pendant un très bref moment, ce fut comme si tous ses souvenirs venaient lui rendre visite. Dans son état, il se jeta sur la première information qui lui vint, et ce fut à cet instant précis qu’il sut ce qu’il devait faire. Il tira son épée.
« Vous m’avez offensé ! » dit-il en menaçant Aovon de sa lame.





EXTERIEUR, 3


L’Univers, l’Extérieur.
Sa première sensation fut comme s’il était trop « incomplet » pour ce nouveau monde auquel il allait avoir accès, puis ce malaise se dissipa dès qu’il fut totalement à l’Extérieur. La nouvelle réalité se matérialisa autour de lui en filaments vagues et incandescents. Les choses semblaient à la fois prendre de plus en plus de substance et avoir de moins en moins de sens, comme si le lait qui composait le monde s’épaississait en devenant incolore. La lumière qui venait des filaments et l’avait au début aveuglé commença à devenir moins dense et lui permettait de voir partiellement – d’apercevoir – ce qui l’entourait.
Il était assis sur une chaise et devant lui se dressait un bureau. C’était tout ce qu’il voyait pour le moment, car au-delà, la lumière restait très intense. Il ne pouvait même pas savoir s’il était du bon côté du bureau, mais il avait une intuition sur la chose.
(arrive…)
Il crut entendre une voix, mais celle-ci était déformée comme si un immense gong résonnait à côté. La lumière diminuait. Il distinguait l’autre bout du bureau, mais le meuble – ainsi que les rares objets qu’il pouvait voir dessus – avait l’air bancal.
Ou à la verticale. Ou encore, il y avait deux bureaux superposés. Marrant, se dit-il.
Plus le temps passait – et il passait très lentement –, plus il voyait loin, et plus il avait l’impression de voir double, sauf que l’une des deux visions était en travers de l’autre.
(longtemps… oui. C’est l’ort…)
Sa vue – ou plutôt ce dont il pensait que c’était une perception similaire, mais plus étendue que la vue – se rétracta, en tout cas c’est le mot qui lui vint à l’esprit lorsque ses deux « visions » se rejoignirent. Il devait rester très concentré pour garder la cohésion entre les deux projections, mais il y arrivait. L’effort effectué faisait que toutes les lignes qu’il pouvait voir à peu près distinctement avaient l’air de trembler, ce qui était pour lui la preuve que les deux images voulaient rester séparées.
Les lignes qui constituaient l’espace avaient l’air très tendues, prêtes à éclater ; il en ressentit presque l’effet produit sur le bureau, qui semblait contenir un bureau plus grand et vouloir en sortir. Paradoxal, mais juste. Je suis certain de ce que je vois.
Il resta sous l’emprise de délires similaires tout en tentant de leur attribuer une explication rationnelle. Pour lui, s’accrocher au sens des choses était un moyen pour ne pas paniquer. Il avait, dans sa vie passée, traversé bien des crises en les analysant. Le temps que vous analysiez la crise, elle était passée. Rien de tel, il le savait bien, puisque la politique fonctionnait de la même manière là où il avait vécu.
Il parvint à s’accoutumer à ces deux visions superposées avant de comprendre quelle était leur vraie nature. Peut-être est-ce mieux ainsi, se dit-il.
Je vois !
Le bureau était noir, lisse et très large. Un homme était assis de l’autre côté – du bon côté – du bureau, et fumait un cigare énorme, les pieds croisés sur le rebord du bureau. Voyant que son invité se réveillait, il s’assit normalement et croisa les jambes. « Je suis Quojan, et vous… vous êtes Edayhr. Vous allez bien ? Vous vous êtes accoutumé ?
- Heu… Edayhr ? Je reconnais que ça ressemble à mon nom d’avant, mais…
- Soyez tranquille, tout va bien, Edayhr. Je vais tout vous expliquer. Seulement, pour cela, il faut que vous m’écoutiez attentivement. Je suppose que maintenant, vous avez assimilé le concept des espaces multiples auquel nous sommes soumis ? »
Edayhr, puisque c’était son nom, se dit que Quojan voulait sûrement parler de cette vision partagée en deux – qu’il voyait telle, et non plus comme une seconde vision excédante.
« Disons que je l’ai assimilé, mais que je ne suis pas encore rompu à sa nature, répondit-il.
- Voulez-vous un café ? Un remontant ? Une cigarette ? demanda Quojan.
- Non… ou plutôt si. Je boirais bien un café.
- Je m’en occupe, dit Quojan alors qu’un petit carré de la surface du bureau se détachait et se retournait, faisant apparaître une tasse, qu’il poussa du bout du doigt vers Edayhr.
- Votre but est de m’impressionner ? dit d’emblée Edayhr. Que fais-je ici ? Je suis mort, non ? À moins que vous n’ayez envie de m’utiliser ? Si c’est le cas…
- Si c’était le cas, vous feriez tout de même mieux de m’écouter, le coupa-t-il en tapotant son cigare au-dessus du cendrier. Votre vie, disons, n’est pas encore terminée. Cette vie éternelle dont je sais que vous y croyez a un prix.
- Un prix ?
- Un combat sans merci contre les forces du Mal. Vous vous attendiez à quoi ? Une pesée des âmes ? » rétorqua Quojan en riant.
Edayhr s’était toute sa vie juré que s’il rencontrait un représentant de l’au-delà, il lui poserait toutes ces questions que tout le monde a au sujet des mystères de l’Univers. Mais il ne s’était pas attendu à ce que ledit représentant soit un homme d’affaires fumant des cigares gros comme des poteaux. Faire face à une telle allégorie de l’au-delà lui donnait la nausée ; c’était comme si sa vie avait été, du début à la fin, une arnaque dont il était le seul perdant.
Maintenant, les questions existentielles n’avaient plus aucune valeur ni aucun sens. Et encore : Edayhr n’avait pas encore vu à quel point l’Extérieur ressemblait à l’Univers. Ce qu’il répondit n’était pas le fruit de son expérience passée, mais le résultat d’une horrible intuition.
« Alors la vie continue, si je comprends bien. C’est quand même assez décevant.
- Je sais. Mais si vous croyez que vous êtes là pour vous plaindre de votre nouvelle condition de Gardien, vous gaspillez votre temps, et le mien par la même occasion. Alors si on commençait à discuter de choses vraiment intéressantes, ça serait bon pour nous deux.
Gardien. C’était ce qu’on devenait, ou plutôt ce que certains devenaient, après la mort. Edayhr ne trouva pas cela absurde ; après tout, ce n’était pas plus stupide que « Ange » ou « Fée » ou « Éthéré ». Mais ce qui pouvait être ennuyeux dans ce titre, c’était qu’il impliquait que celui qui le portait avait nécessairement une fonction. Alors qu’Edayhr aurait préféré ne plus rien avoir à faire.
« C’est amusant que vous pensiez cela, Edayhr. »
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