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 MARKANDAR : EPISODE 5

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Langolier
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MessageSujet: MARKANDAR : EPISODE 5   Mar 5 Juil 2005 - 15:50

MARKANDAR : LIVRE I : Prologue

Episode 5 : Préhistoire glaciale
(Première partie)

Stockholm (Suède) : Hiver 2004

1

Chacun sa route, chacun son chemin. Une bise glaciale provoqua des frissons dans la nuque d’Ellrick. Il se rendait à son cours de solfège. Ce cours du soir se donnait dans un module qui faisait penser à une grande caravane spacieuse.
Ellrick ne voulait pas y aller. Ce n’était pas la première fois mais plutôt une habitude. De toute sa vie, Ellrick avait connu de nombreux professeurs, tous de caractères très différents, certains avec de plus gros défauts que d’autres mais globalement il les avait aimé plus ou moins pour leur personnalité propre. Madame Larsson ne faisait pas partie du même groupe que ses précédents professeurs. Ce n’est pas qu’il la détestait mais elle lui inspirait le sentiment de dégoût le plus profond. Elle donnait cours par clans et bizarrement, cela ne gênait personne. Personne à part Ellrick. Il arrive à certains moments de la vie où l’on se sent incompris des autres, où une évidence n’est pas perçue par tous. Parfois, un élève haussait la voix, Ellrick se sentait alors rejoindre par les autres mais ce n’était toujours qu’une fausse alerte, un faux espoir. Larsson enseignait de la façon la plus partiale qui soit. Elle agissait comme un professeur privé mais avec l’ensemble des élèves hormis quelques uns, que l’on mettait de coté pour les explications mais que l’on mettait en premier plan lors des interrogations. Ellrick faisait partie de ceux-là. Que faire lorsqu’on est seul contre tous, lorsque tous les premiers signes de riposte sont réprimés dès les premières syllabes ? Boycotter. C’est la seule solution à laquelle on a recours quand on tient vraiment à ses idées. Il faut s’imposer et ne pas céder. Qui sait ? La chance tourne, on est peut-être seul aujourd’hui, mais sait-on de quoi sera fait le lendemain ? Mais pour cela, il faut que les autres suivent, c’est l’ultime condition…
Ellrick ne faisait donc rien. Il jetait de temps à autre un regard à travers la fenêtre. La neige tombait fortement et il n’y avait pas un chat dehors. Les magasins étaient fermés. La solitude d’Ellrick se renforça alors. Faisant une totale abstraction aux explications du professeur, il prit de son sac un livre qu’il venait d’acheter une petite heure auparavant. Il commença alors à lire les premiers paragraphes. Il ne tint pas une dizaine de phrases car il se sentit soudainement très fatigué. Cela ne lui était jamais arrivé auparavant. Il avait l’impression qu’il subissait les conséquences d’une dose trop forte de barbituriques. Il referma le bouquin et le rangea. Il s’empara ensuite de son gros pull de laine, le ratatina le plus possible pour en faire une grosse boule et posa délicatement sa tête dessus. La fatigue prit possession de son cerveau, ses paupières devinrent lourdes. N’essayant plus de résister au sommeil, il ferma les yeux. Il commença à rêver.
Il se trouvait alors dans un lieu flou. Il avait beaucoup de mal à faire la distinction du lieu et ne réussit pas immédiatement à identifier le décor. Une silhouette se trouvait devant lui. Ellrick lui demanda :
- Qui êtes-vous ?
- Chut ! Ne parle pas inutilement, c’est la première règle à suivre, répondit l’étrange silhouette, des paroles paraissant être des plus anodines pourraient être une source d’information sur ta culture, ta provenance et ça tu le sais, Ellrick. Prenons un exemple : combien de fois as-tu pris la parole pendant ton cours aujourd’hui ?
- Je ne pense pas que je l’ai prise ne fût-ce qu’une seule fois, répondit Ellrick.
Il réfléchit et releva soudainement la tête avant d’ajouter :
- Non mais attendez… Je suis en train de rêver… Pas vrai ?
Aucune réponse, il tenta alors une dernière fois de soutirer une information :
- Où suis-je ?
L’homme rompit le silence et fit mine de satisfaire la curiosité de l’adolescent :
- Je ne peux rien te dire, cependant ta curiosité est une de tes nombreuses qualités. Mais quoiqu’il se passe, n’aie plus l’air étonné, jamais ! Ce qui te paraîtra extraordinaire va devenir pour toi ordinaire désormais. Tu te poseras encore plus de questions à ton réveil et tu ne trouveras pas toutes les réponses tout de suite. Et surtout, ne recherche pas ces réponses trop hâtivement, cela pourrait être fatal dans le déroulement actuel du mécanisme, cela pourrait compromettre l’avenir du tout. Concentre-toi d’abord sur ta propre protection. Fais confiance à ce qui est écrit.
Le brouillard reprit alors forme de façon à y perdre toute visibilité. C’est dans ces conditions qu’Ellrick se réveilla.

2


Il eut alors comme une étrange sensation : il avait l’impression que son rêve était à la fois très récent et à la fois comme un vieux souvenir. Comme s’il avait perdu toute notion du temps. Le reste de la classe ne lui prêtait toujours aucune attention. Car si lui avait perdu la notion du temps, eux avaient perdu la notion de réalité. Pour eux, plus rien n’avait d’importance si ce n’était le sujet du cours. L’école, l’apprentissage sont certes très importants. Pourvu que ceci n’entrave pas le monde réel, les vrais problèmes personnels. Il ne faut pas qu’un élève fasse abstraction de tout ce qui ne touche pas aux études. Il se ferme au monde en quelque sorte. La classe d’Ellrick était une classe studieuse où la plupart des élèves consacraient tout aux études, à leur avenir. Ils faisaient un blocage sur ce point de la vie. Quelque chose avait changé autour de la classe et tous ces intellos n’avaient rien remarqué. Le décor avait changé. Ellrick ne prit même pas la peine de jeter un regard à travers la fenêtre. Son instinct lui décrivait ce qu’il se passait dehors. Il ressentait ce changement. Pris dans un élan de curiosité, Ellrick dressa la tête et la plaqua contre la vitre. Il faisait nuit. Il plaça ses mains en visière de façon à ce que la lumière émanant de la classe ne gêne pas sa vision. Un sentiment de solitude s’accrût en lui de façon exponentielle. Tout avait disparu dehors : les maisons, les routes, les magasins. Même la neige s’était arrêtée de tomber. Ellrick se rappela alors du conseil de l’homme de son rêve. C’est à ce moment précis qu’il se rendit compte que ce qu’il lui avait demandé était bien plus difficile qu’il l’avait imaginé : ne pas être étonné. En effet, Ellrick avait de quoi être l’homme le plus étonné de la planète.
La caravane-classe de solfège était désormais perdue dans un immense désert de glace. Et pour la première fois aujourd’hui, Ellrick prit la parole. Le ton de sa voix faisait penser à un murmure :
- Regardez dehors les gars. Je crois que nous sommes confrontés à un petit problème, dit-il sans le moindre étonnement.
Dans un premier temps, personne ne fit attention aux propos d’Ellrick si ce n’est Roxanne. Cette fille, bien qu’assez différente de lui, partageait une certaine complicité avec Ellrick. Elle le regarda d’abord longuement dans les yeux. Elle comprit que c’était sérieux quand elle vit le regard grave de son ami. Elle fit alors un pas hésitant en direction de la fenêtre. Elle ne voyait rien de là où elle se trouvait, si elle voulait voir quelque chose, il faudrait penser à s’approcher beaucoup plus. Pour l’instant elle ne voyait que son propre reflet et celui d’Ellrick, elle trouvait qu’ils étaient beaux tous les deux ensemble. Mais elle savait pertinemment que derrière cette image, derrière ce reflet se trouvait une autre réalité, bien plus dure, bien plus terrifiante. Elle s’avança vers son reflet. Au fur et à mesure de son avancée, son rythme cardiaque augmentait comme s’il était inversément proportionnel à la distance qui la séparait de la fenêtre. Arrivée face à la vitre, elle approcha ses yeux du carreau. Son reflet s’effaçait petit à petit pour laisser place à un paysage lugubre. Elle détourna subitement son regard et le dirigea vers la classe. Il fallait prévenir les autres. Elle dit alors de plus ou moins de la même manière qu’Ellrick :
- Regardez tous dehors. Il n’y a plus rien.

3


Tout le monde la regarda d’un œil incrédule. Certains se demandaient même quand Roxanne avait-elle commencé à consommer de l’herbe. « Il n’y a plus rien », c’était cette phrase que personne ne comprenait. Les plus curieux d’entre eux se dirigèrent vers les fenêtres pour voir ce qu’était ce « rien ». De petits cris plaintifs commencèrent alors à se faire entendre. Au début, ce n’était que de simples murmures. Après quelques minutes, c’était des pleurs qu’on entendit. Les garçons quant à eux laissaient plutôt libre cours à leur colère :
- Et mais c’est quoi ce bordel ? dit Marcus, les gros bras de la classe.
- Vous trouvez pas que fait penser au Magicien d’Oz quand la maison de Dorothy s’écrase dans un monde imaginaire ? demanda Tomasson.
- C’est moi qui vais écraser ta gueule si tu nous débines encore tes conneries, répliqua Marcus.
Tomasson ne répondit pas à la remarque de Marcus mais il choisit tout même l’option du silence. Ce n’était pas le moment d’envenimer la situation. Les plus sensibles pleuraient et les plus durs étaient sur les nerfs. C’était surtout les filles qui frisaient l’hystérie. Les garçons, plus familiarisés avec le cinéma, la littérature fantastique et d’horreur éprouvaient une certaine fascination pour le déroulement incroyable des choses.
Le professeur tenta tant bien que mal de préserver un certain ordre dans la classe mais ses efforts étaient vains. Quelques élèves se dirigèrent déjà vers la porte de sortie. Ils furent suivis en un temps record par tous les élèves bien décidés à identifier la supercherie.
Ellrick et Roxanne n’avaient pas bougé. Ils étaient à présent seuls dans la pièce. Ce fut Roxanne qui rompit la première le silence angoissant :
- Ce n’est peut-être qu’une impression Ellrick mais j’ai le sentiment que tu en sais plus que les autres sur ce qu’il vient de se passer. Je t’observais de temps en temps tout à l’heure et…
- Tu m’observais ? coupa Ellrick.
- Ellrick, soupira-t-elle, tu as l’air plus étonné du fait que je t’observais plutôt que de la disparition du décor extérieur. J’avoue ne pas comprendre ta réaction, elle est inadaptée à la situation. J’espère que tu te rends compte que nous sommes isolés dans un désert de glace comme si on était en expédition en plein milieu de l’Arctique. Marie est tombée dans les pommes tout à l’heure. Ta façon de voir les choses m’a l’air bien différente, explique-moi, je t’en supplie !
- Attends Roxanne, tu parles de ma réaction, tu ne la comprends pas, cependant j’ai mes raisons de réagir de la sorte. Toi aussi tu adoptes un comportement bizarre et je ne vois pas pour quelles raisons.
- Comment ça ?
- Pourquoi n’est-tu pas aussi sur les nerfs que les autres ? Pourquoi tu ne te rends pas dehors pour contempler le nouveau décor ?
- Pour la simple raison que j’ai peur et j’ignore pourquoi mais je me sens plus en sécurité à tes cotés.
- Tu as tort, rétorqua-t-il, tu es peut-être encore plus exposée au danger en restant avec moi.
- Tu n’as toujours pas répondu à ma question, lui rappela-t-elle.
- Je ne sais pas si je dois en parler.
- Ca a quelque chose à voir avec ton rêve ?
- Tu es sûre que ce n’est que de « temps en temps » que tu m’observais tout à l’heure ? demanda Ellrick avec un léger sourire.
Roxanne ne répondit pas. Ils se regardèrent encore en silence et paradoxalement avec la situation, ils éclatèrent de rire. Ils se sentirent ensuite honteux de s’amuser dans de pareilles circonstances. Roxanne reprit un ton plus sérieux :
- De quoi as-tu rêvé ?
- C’est assez flou, quelqu’un essayait de me faire comprendre que ce qu’il se passe actuellement est bel et bien réel. J’en ai déduit alors que des phénomènes du même genre vont bientôt se manifester.
- Et cette personne ne nous a pas donné d’objectif à atteindre ?
- Il m’a dit que je ne devais pas chercher les réponses trop hâtivement.
Ils se turent à nouveau et remarquèrent quelque chose. Le bruit de fond avait changé. Les autres élèves semblaient faire moins de raffut dehors. Roxanne reprit :
- Je vais faire un tour dehors , je reviens vite te donner des nouvelles.
Elle se leva, s’approcha d’Ellrick et l’embrassa furtivement avant de franchir vers la porte qui la menait vers l’extérieur, vers l’autre monde…
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herbertwest
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MessageSujet: Re: MARKANDAR : EPISODE 5   Mar 5 Juil 2005 - 16:05

tu arrives toujours a accrocher le lecteur...
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poupou
Fidèle Lecteur


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MessageSujet: Daryam, mon roman. En voici le début...   Ven 23 Juin 2006 - 17:38

Bravo pour ce texte joliment structuré!


Dernière édition par le Mer 5 Juil 2006 - 4:53, édité 1 fois
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poupou
Fidèle Lecteur


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MessageSujet: Re: MARKANDAR : EPISODE 5   Ven 23 Juin 2006 - 17:49

Ooups...désolé, je crois que mon histoire du haut n'est pas dans le bon sujet...
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herbertwest
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MessageSujet: Re: MARKANDAR : EPISODE 5   Sam 24 Juin 2006 - 18:18

edite ton message et poste le dans un nouveau sujet... merci
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MessageSujet: Re: MARKANDAR : EPISODE 5   

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