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 Ma nouvelle : Destinées

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Franck
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Localisation : Forbach, France
Date d'inscription : 14/09/2005

MessageSujet: Ma nouvelle : Destinées   Mer 14 Sep 2005 - 21:07

Bonjour à tous, je suis nouveau par ici.

J'ai vu qu'une partie de ce forum était dédiée aux nouvelles qu'on écrit soi-même, alors j'en profite pour poster les premiers chapitres d'une nouvelle que j'ai écrit récemment. C'est pas du grand art, mais j'ai fait du mieux que je pouvais. Si une âme perdue l'aime, je pourrais peut-être poster la suite lol


Destinées




Chapitre 1 : La nouvelle voisine



La nuit tombait doucement sur la cité. Les immeubles, d’innombrables formes rectangulaires aux couleurs variées, semblaient s’endormir, comme de grands géants exténués de leur longue journée à soutenir, interminablement, les appartements de leurs habitants.
En cette journée d’été de l’année 2004, un jeune garçon, du nom de Steve, était assis à la fenêtre de sa chambre, à regarder ce spectacle tranquille et apaisant. Un bruit de moteur se fit entendre au loin, et le garçon ne fut pas étonné de voir arriver, après quelques secondes, une voiture rouge, qui avançait sur la route en contrebas de sa fenêtre. C’était une BMW, série 5, presque la même que possédait son oncle, un aficionados des voitures et grand collectionneur de modèles miniatures.
La voiture rouge tourna au coin d’une rue, et fut cachée de la vue de Steve un court instant, puis elle réapparut, avança d’une vingtaine de mètres, puis s’arrêta devant un autre immeuble, qui était la copie exacte de celui de Steve, à la différence près que le sien était vert pâle, alors que l’autre était jaune.
Dans l’état second dans lequel était plongé Steve, il regardait ce spectacle sans le regarder vraiment, étant perdu dans ses pensées, qui vagabondaient et virevoltaient, tantôt nageant au fond d’un magnifique océan, tantôt voltigeant au dessus des nuages les plus hauts. Mais il réfléchissait surtout à la dispute qui venait une fois de plus d’ébranler le fragile couple que formaient désormais ses parents. Pourquoi n’arrêtaient-ils pas de se disputer? Le pire dans tout ça, c’est que ses parents ne se disputaient même pas pour des histoires de couples, telles que la jalousie ou le mensonge… Non, ils se disputaient à propos d’un sujet bien mystérieux, qu’ils n’évoquaient jamais devant leur fils unique, et si ce dernier se trouvait être dans les parages et qu’une énième dispute éclatait, ils parlaient de ça, sans être plus précis. La mère du garçon finissait la plupart du temps en sanglots, et, ne sachant plus quoi dire ni quoi faire, ce dernier se réfugiait dans sa chambre, le seul endroit de l’appartement où il sentait encore une once de tranquillité.
La voiture était déjà immobile depuis plusieurs minutes, et Steve devina que les passagers étaient en train de discuter un peu, avant de se séparer. La porte avant, celle du passager, s’ouvrit soudain et une femme, d’une soixantaine d’années environ, sortit de la voiture. Steve sortit tout à coup de sa torpeur et s’intéressa à la dame qui maintenant refermait la porte de la BMW avec une agilité et une souplesse étonnantes, vu son apparent âge avancé.
Il n’avait encore jamais vu cette femme dans le voisinage, elle venait certainement d’emménager dans l’appartement vide du premier étage… Maintenant qu’il y pensait, Steve se rappela que le petit appartement du premier étage dans cet immeuble était vide depuis quelques semaines. Qui y habitait avant? Il n’était pas capable de s’en souvenir, et cela ne lui causa aucune émotion, car à présent, il se moquait éperdument de la réponse.
La vieille dame avança de quelques pas, se retourna et fit un signe de la main vers la voiture qui s’éloignait lentement. Après quelques secondes, elle reprit son chemin vers l’entrée de son immeuble et pendant ce qui parut être une nanoseconde, elle regarda en direction de la fenêtre à laquelle était assis Steve. Celui-ci ne comprit pas tout de suite ce qui venait de se passer et lorsqu’il le réalisa, il s’écarta rapidement de la fenêtre. Son cœur s’était mis à battre la chamade dans sa poitrine et il sentait déjà la transpiration envahir son dos et ses aisselles. Il resta en retrait de la fenêtre pendant une dizaine de seconde, puis, se rendant compte, avec la force d’une claque, à quel point il était stupide d’avoir fait ça et à quel point sa réaction était idiote, il se remis à la fenêtre, mais la vieille dame avait déjà disparu.


Chapitre 2 : Tranche de vie



Steve Bentz, car c’était là son nom de famille, naquit le 13 mars 1992, et en cet été de l’année 2004, il avait douze ans. Il vivait en Lorraine, dans une cité appelée le Wiesberg, à Forbach. Il avait les yeux bruns, les cheveux châtains, et était assez grand pour son âge, il était même le plus grand de sa classe.
Son père, Stéphane Bentz, avait trente-six ans et vivait au Wiesberg depuis bientôt plus de vingt ans. Il était venu s’installer ici durant la première moitié des années 80, car le grand-père de Steve, Raimond Bentz, venait de décrocher un bon poste de professeur dans le collège de quartier. Il y enseignait alors l’histoire géographie. Sa femme, Marine Bentz, était avocate.
A seize ans, le jeune homme qu’était alors Stéphane, rencontra diverses jeunes femmes, qu’il tenta, souvent en vain, de séduire. Ceci lui causa bien des problèmes, tous plus farfelus et abracadabrantesques les uns que les autres. Non qu’il ne savait pas se servir de ses différents charmes, non, de ce côté-ci Stéphane n’avait aucun problème! Mais son idée assez spéciale des choses de la vie, selon laquelle l’idéal serait de posséder à la fois une jolie femme, de toujours avoir un paquet de cigarettes à portée de briquet et une télé pour regarder le football quand son équipe préférée joue, et tout ça à la fois sans jamais venir à bout d’aucun des trois, lui avait joué quelques mauvais tours. Les pères de toutes ses petites amies le regardaient d’un œil suspicieux et se rendaient bien assez vite compte de la vraie nature du jeune homme pour lequel leur fille bien-aimée s’était amourachée, ce qui entraînait très rapidement la fin des couples, de façon très spectaculaire.
Cette période de la vie de Stéphane s’étala sur environ trois années, après lesquelles son bon sens l’emporta enfin sur ses hormones encombrantes, et c’est là qu’il fit la rencontre de la jeune femme qui deviendra bientôt la personne que Steve appellera un beau jour « maman ».
Cette jeune femme, Velladora Picolini, une jolie brune d’origine italienne, venait de s’installer dans la région avec ses parents. En effet, son père avait trouvé un travail dans la mine locale, qui ne sera encore ouverte qu’une décennie et demi à partir de cette année 1987. Vella et Stéphane se rencontrèrent durant l’été de cette année, et tombèrent petit à petit amoureux. Ils se marièrent en Août 1988.
C’est l’année suivante que le père de Vella décéda d’un accident de la mine. Il avait quarante-six ans. La mère de Vella, qui avait alors quarante-cinq ans, supporta très difficilement le choc. Elle vécu dans un état quasi léthargique durant 5 mois avant de décéder elle-même d’une crise cardiaque. Vella, devenue orpheline en l’espace de seulement cinq mois, vit le monde qu’elle s’était bâtie s’effondrer en grande partie.
Les années passèrent, le temps cicatrisa lentement mais sûrement les blessures du passé, permettant ainsi au jeune couple de s’épanouir malgré tout.
Un peu moins de quatre ans après leur mariage, la concrétisation de leur amour naquit, un joli petit bébé de trois kilos pile, avec quelques cheveux bruns sur la tête. Steve venait d’arriver dans ce monde.
Les parents de Stéphane ne purent malheureusement apprécier la sensation d’être grands-parents qu’une seule année. Raimond Bentz et sa femme, Marine, alors en croisière sur un magnifique paquebot, furent victimes d’un accident et moururent noyés. Cette tragédie, signe que le destin s’acharnait contre la jeune famille, portait un nouveau coup dur à la stabilité du ménage.
Stéphane, ravagé par la mort accidentelle de ses parents, se confondait en remords. Le pire dans cette histoire, selon lui, est que, juste avant le départ en croisière de ses parents, il s’était disputé avec eux. Assez violemment, d’ailleurs. Le sujet de cette dispute n’était pas précis, c’était encore une de ces histoires sans queue ni tête. N’empêche que Stéphane ne pouvait s’empêcher de se dire que ses parents sont décédés en ayant une image négative de lui.
« Mais non, Stéphane », ne cessait de répéter Vella, « je suis sûr qu’avant… heu… avant l’accident, tes parents ne t’en voulaient plus. C’était une dispute aussitôt faite, aussitôt oubliée. Crois moi.»
Au fond de lui Stéphane savait que sa femme avait raison, mais ce sentiment de culpabilité ne le quittera jamais vraiment.
En plus de ça, Steve ne connaîtra jamais, n’aura jamais vraiment la joie et le plaisir de se faire chouchouter et gâter par ses grands-parents.


Chapitre 3 : Mystères et cris



Des cris, encore des cris, toujours des cris. Steve n’en pouvait plus de les entendre hurler de la sorte. Il essaya de se boucher les oreilles, en vain.
C’était le jour suivant celui où Steve avait vu la vieille dame à travers la fenêtre de sa chambre. L’après-midi tirait à sa fin mais il faisait toujours une chaleur étouffante.
Quelques minutes auparavant, les trois membres de la famille étaient paisiblement assis dans le salon, en train de regarder une émission sur le traitement des personnes du troisième âge dans les maisons de retraite en France. C’est alors que Vella dit :
« On devrait l’envoyer dans une maison de retraite. Si tu vois ce que je veux dire.»
En disant ce dernier mot, elle jeta un regard mystérieux et complice à son mari. Ce dernier, qui jusque là était de bonne humeur, souriant, en train de siroter son café, se renfrogna aussitôt que sa femme eu terminé sa phrase.
« Tais-toi », répondit-il sèchement. Ses yeux bleus lançaient des éclairs, et il se leva de son fauteuil, s’élevant de toute sa hauteur, c’est-à-dire un bon mètre quatre-vingt cinq. « Ne parle pas de ça .»
Vella, qui avait une belle chevelure blonde, des yeux aussi bleus que ceux de son mari, le regarda intensément pendant un instant, puis se leva à son tour, et répliqua :
« Je crois qu’on devrait lui dire, tu sais, ça commence à … »
Mais elle ne put terminer sa phrase, car Stéphane la coupa net, levant le ton sensiblement :
« Pas question, tu m’entends! Ne t’avise pas de… » Il se tourna subitement vers son fils. « Tu ferais mieux d’aller dans ta chambre toi, ou d’aller dehors », lui dit-il.
Triste, Steve s’exécuta, et alla dans sa chambre. Il ferma la porte, se coucha sur son lit, et attendit. Ses parents parlaient plus doucement maintenant, mais il sentait qu’ils continuaient à se disputer quand même.
Tout à coup le silence fut total. Steve tendit l’oreille. Et alors il entendit cette phrase, qui lui glaça le sang et réveilla sa curiosité de façon assez sauvage :
« Il ne doit pas savoir, jamais, tu m’entends, t’imagines ce qu’il en penserait, ça aurait des conséquences terribles pour lui et… »
Steve ne réussit pas à entendre le reste de la phrase. Il repensa soudain à la vieille dame qu’il avait vu la veille et à l’effet qu’elle lui avait fait. Il ne savait pas pourquoi il se mettait à penser à elle tout d’un coup, mais elle l’intriguait. Et voilà que maintenant sa curiosité était à nouveau mise à rude épreuve. Ses parents lui cachait quelque chose, il le savait, c’était évident. Mais quoi? Qu’est-ce qu’il ne pouvait pas savoir? Qu’est-ce qui pourrait avoir des conséquences terribles à ce point pour lui?
Le fil de ses pensées fut interrompu par des cris, encore des cris, toujours des cris. Il essaya de se boucher les oreilles, mais n’y arrivant pas, il se leva, sortit de sa chambre, sortit de l’appartement. Ses parents étaient trop occupés pour se rendre compte que leur fils unique venait de quitter le foyer.
Steve descendit les escaliers, et alla sonner chez les voisins du dessous. Ils avaient deux enfants, avec qui Steve étaient devenu amis : Laurent et Sophie, qui avaient respectivement treize ans et onze ans. Il attendit quelques secondes, et la porte s’ouvrit.
Monsieur Kerenski, le père des deux enfants, se tenait dans l’entrebâillure de la porte, et sourit à la vue de son jeune voisin.
« Heu… Bonjour », dit Steve timidement, « Est-ce que Sophie et Laurent sont là? »
« Oui, bien sûr, attends je les appelle » répondit l‘homme. « Laurent! Sophie! C’est Steve! Venez! »
Laurent s’approcha de la porte. Il était un peu enrobé, ses cheveux étaient châtains, ses yeux verts et il avait un petit nez.
« Salut », dit-il en souriant. Son père s’éloigna et Sophie apparut à côté de son frère. Elle était jolie avec ses longs cheveux bruns, des yeux bruns et un visage angélique.
Elle dit :
« Salut Steve, qu’est-ce qui se passe? »
« Je me demandais si vous aviez envie d’aller dehors… passer le temps, quoi… »
« Ben, on va bientôt manger en fait… » répondit Laurent, hésitant, « mais pourquoi pas? Pas longtemps alors, une demi-heure, environ. »
« Comme vous voulez » dit Steve.
Il attendit que ses amis aillent mettre leurs chaussures et, après qu’ils aient prévenu leurs parents qu’ils allaient un peu dehors, ils descendirent tous les trois l’escalier qui menait vers la sortie de l’immeuble.
Steve avait besoin de se changer les idées, et préféra ne pas parler à ses amis de ce qu’il venait juste d’entendre. Il regarda en direction de l’immeuble de la vieille dame, et il pouvait jurer sur sa propre vie qu’elle était derrière sa fenêtre à ce moment, cachée à moitié par les rideaux, et tournée vers lui. Toutefois, après avoir cligné des yeux pour être sûr de lui, elle n’était plus là. La sensation de malaise et de curiosité qu’il éprouvait depuis la veille au soir s’intensifia encore plus dans sa poitrine et cette nuit-là, il ne dormit pas beaucoup.
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kali
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MessageSujet: Re: Ma nouvelle : Destinées   Ven 16 Sep 2005 - 10:00

je viens de lire "ta nouvelle" et je suis assée curieuse de connaitre la suite et sache que pour le moment j'aime beaucoup donc depeche toi please yesmaster
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Franck
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MessageSujet: Re: Ma nouvelle : Destinées   Ven 16 Sep 2005 - 19:04

Shocked Oh my God! lol

J'avais posté la nouvelle en me disant que personne ne répondrait et que personne n'aimerait... Embarassed Ca me fait vraiment très plaisir ce que tu me dis là. Wink Je poste les deux chapitres suivants, et le reste je préfère le passer individuellement, je ne veux pas la mettre en entier sur un forum. :cheers:

Voici les chapitres 4 et 5!



Chapitre 4 : Laurent, au courant



La vieille dame s’était levée tôt ce matin. Elle avait déjeuner des tartines à la confiture de fraise, un bon café, fort s’il vous plait, puis s’était vêtue ses plus beaux vêtements, même plus beaux que ceux que la folle du dessus porte, et c’était pas peu dire.
Elle avait une sorte de « mission » pour aujourd’hui. Elle avait déjà tout mis au point il y a déjà plusieurs mois de ça. Elle n’avait pas emménagé dans cette cité, qu’elle trouvait laide et inhospitalière, pour rien! Je vous en prie, tout de même!
Elle se dirigea vers la grande armoire en if placée dans la cuisine, entre le plan de travail et la table à manger, ouvrit la porte, et scruta l’intérieur du meuble. Elle ne trouva pas ce qu’elle cherchait tout de suite. Elle regarda derrière les vieux pots qu’elle avait depuis sa tendre jeunesse, de la jolie vaisselle, avec des motifs couleurs or et argent. De nombreux collectionneurs auraient donné cher pour avoir ce service de table, mais la vieille dame s’y accrochait comme une souris s’accroche à un bout de gruyère.
Elle déplaça des vieux stylos, des boîtes de conserve, mais elle ne trouvait toujours pas ce qu’elle cherchait. Elle commença à se dire qu’elle ne l’avait pas laissé dans ce meuble ci, lorsque finalement elle le vit. Du papier à lettre. Elle prit une belle feuille de papier bleu, légèrement parfumé, et une enveloppe.
Après s’être munie d’un bic à encre, la vieille dame alla s’asseoir à table, et commença à écrire sa lettre, qui était destinée à bouleverser une vie, du moins elle l’espérait.

*

Laurent faisait du vélo devant son immeuble, seul, car sa sœur et ses parents étaient partis pour toute l’après-midi et Steve n’était non plus pas chez lui. Les Bentz étaient partis rendre visite à de la famille, Laurent n’en savait pas plus. Il faisait chaud et, fatigué de tourner en rond avec son deux roues, il s’arrêta quelques instants à l’ombre d’un peuplier, afin de récupérer un peu.
C’est alors qu’il vit la vieille dame qui avait emménagé de l’autre côté de la rue s’approcher. Elle traversa la route et s’avança dans sa direction. Elle jeta un regard vers lui mais il préféra détourner les yeux. Puis, elle se dirigea vers l’entrée de l’immeuble de Laurent. Celle-ci était fermée avec des portes électriques, il fallait que quelqu’un à l’intérieur du bloc vous ouvre la porte, si vous voulez entrer, à moins, bien entendu, que vous possédiez une clé.
La vieille dame arriva dans l’entrée, essaya, en vain, d’ouvrir la porte. Laurent commençait à être intrigué. Si elle venait rendre visite à quelqu’un, pourquoi ne sonnait-elle pas? C’était toujours mieux que d’entrer par effraction, comme une voleuse. La dame se retourna, l’air ennuyée. Elle resta ainsi sans bouger pendant quelques secondes, puis elle regarda vers Laurent à nouveau. Finalement, elle alla vers lui.
Le garçon commençait à avoir peur, mais quelque part il se sentait stupide. Que pouvait bien lui vouloir une veille femme? Rien de bien grave, c’est pas comme si c’était un jeune fumeur de havanes qui se dirigeait vers lui avec un pistolet dans la main droite et un hachoir chinois dans la main gauche, l‘odeur de la cocaïne émanant de tous ses pores. Donc, le jeune garçon ne bougea pas, et quand la vieille dame arriva à sa hauteur, elle lui dit :
« Bonjour jeune homme, connais-tu Steve Bentz? »
Laurent, perplexe, répondit prudemment :
« Oui, on est amis... Pourquoi? »
« Ah, c’est bien ce que je pensais… » Elle le regarda, de l’avidité dans les yeux. « Peux-tu lui remettre cette lettre, jeune homme? »
Elle sortit de son sac, une fausse imitation de crocodile, qu’elle a sûrement dû acheter cinq euros au marché, pensa Laurent, une enveloppe bleue, sans inscription dessus, à ce qu’il put en voir…
« Ben, oui, bien sûr » dit-il. « Quand je le vois je lui la donnerai .»
Elle lui tendit l’enveloppe.
« D’accord », dit la vieille dame, « mais surtout, fais attention qu’elle ne tombe pas dans les mains de ses parents, ni dans celle de quelqu’un d’autre, tu as compris? »
« Oui », répliqua Laurent, qui commençait à trouver cette dame assez étrange. Il prit l’enveloppe de ses mains.
« Autrement dit, » continua-t-elle, « ne la met pas dans leur boîte aux lettres, ses parents la confisquerait, ne la laisse pas à portée de tes parents, ou de ta petite sœur et… »
« Comment savez-vous que j’ai une petite sœur? » la coupa-t-il?
Le visage de la femme se crispa légèrement, et elle répondit sur un ton plutôt sec :
« Je le sais parce que je l’ai vu. »
Laurent ne savait pas pourquoi, mais cette réponse l’agaçait. La vieille dame les avait vu ou bien… elle les avait espionné? Cette idée pouvait sembler ridicule, toutefois, Laurent était persuadé que sa version des choses était celle qui se rapprochait le plus de la vérité.
« Ok, » dit-il, « je la lui donnerai. »
« Je te fais confiance, jeune homme, » répondit la veille dame d’un ton impérieux, « Alors ne trahis pas ma confiance. »
Sa voix était devenu presque menaçante, et Laurent fut parcouru d’un frisson.

*

Une demi-heure plus tard, Laurent rentra chez lui. Il était seul chez lui. Il alla directement dans sa chambre.
Ce qui venait de se produire avec la nouvelle voisine l’avait beaucoup tourmenté.
Il regarda la lettre. Une idée, qui réveillait en lui une curiosité sans nom, lui vint en tête. Et si…
Non! Il ne pouvait pas! Il ne pouvait définitivement pas faire ça.
Mais, après tout, c’est à lui que la dame avait donné la lettre. Si son contenu était tellement secret, c’était idiot de l’avoir remise entre ses mains à lui, Laurent, un jeune garçon de treize ans, qu‘elle ne connaissait même pas.
Une autre idée lui vint à l’esprit. Peut-être que la dame avait eu cette attitude parce qu’elle voulait qu’il lise la lettre en premier… une sorte de panique jouissive l’envahit.
Laurent pesa encore le pour et le contre pendant quelques instants, puis finalement, il décida d’ouvrir l’enveloppe.
Son cœur battait à une folle allure, il le sentait cogner comme un dingue dans sa poitrine. A présent, le jeune garçon retirait la lettre de l’enveloppe, qui elle aussi était bleue. Il remarqua à peine le bon parfum qui s’en dégageait. Les mains tremblantes d’excitation, il ouvrit la lettre pliée en deux.
L’écriture était petite, serrée, élégante. Une écriture de femme, il n’en doutait pas un instant.
Il lut la lettre.
Pour ce que le garçon connaissait de la vie de Steve, son contenu le choqua intensément, au fur et à mesure de la lecture.
Il ne put en croire ses yeux. Était-ce une farce? Non, c’était trop gros pour faire ça à un garçon de treize ans. Non, Laurent, voulant préserver son meilleur ami, décida d’oublier le contenu de cette lettre, bien que cela serait quasi impossible, et de se débarrasser de ce morceau de papier. De toute façon, si la veille dame apprenait ce qu’il a fait, que pouvait-elle faire? Rien, conclut Laurent, rien de bien grave, en tous cas. Il s’apprêta à déchirer la lettre, quand il entendit des pas devant sa chambre et que quelqu’un entra dans la pièce.


Chapitre 5 : Arthur



Pendant ce temps là, Steve était chez de la famille. Son oncle, le fan de BMW, et sa tante, la sœur à son père. Ils habitaient aussi au Wiesberg, à cinq cent mètres des Bentz, mais cela n’empêchaient en rien les deux familles, très proches, de se rendre visite régulièrement.
Fatigués des discussions ennuyantes des adultes, Steve et la fille de son oncle, Claudia, quatorze ans, étaient sortis du salon, d’où s’échappait une odeur âcre de fumée de cigarette, odeur dont avait horreur Steve, mais comme sa tante était une grande fumeuse, et qu’il était son invité, il se privait de faire des remarques désagréables.
Claudia emmena Steve dans sa chambre. Celle-ci était recouverte de posters de ses chanteuses préférées. La seule que Steve aimait bien parmi toutes celles accrochées ici était Mariah Carey. Il aimait beaucoup sa voix, et il connaissait quelqu’un qui était vraiment fanatique de la chanteuse. Il y avait un ordinateur dans un coin, un bureau dans un autre coin, ainsi qu’une armoire, un lit, et des dizaines d’objets de diverses nature un peu partout.
« Je peux pas rester longtemps ,» dit soudain Claudia, « j’avais déjà une sortie de prévue avant que je sache que vous veniez ici. »
« Oh .» Steve ne savait pas quoi dire. « Ben… oui, tant pis » Il était un peu déconfit, sa cousine allait partir et il allait rester seul à s’ennuyer.
« Désolé, » fit Claudia, bien qu’elle ne montrait aucun signe de remord. Elle alluma son ordinateur et les deux jeunes jouèrent dessus, pendant quelques minutes avant que Claudia dise finalement :
« Bon, je dois y aller. Heu… n’oublies pas d’étendre l’ordinateur quand tu t’en va. A plus. » Elle sortit de la pièce, salua les parents de Steve, et s’en alla.
Le jeune garçon continua encore à jouer pendant quelques minutes. Il continuait à penser à ce que ses parents lui cachait. Depuis la vieille, cette histoire le tourmentait énormément. Il avait plusieurs fois demandé à ses parents qu’est-ce qu’ils lui cachaient, mais autant parler à un mur, puisqu’ils ne lui répondaient pas.
Ce jeu était vraiment ennuyant. Steve l’éteignit ainsi que l’ordinateur. Il sortit de la chambre.
« Maman » appela-t-il, « je peux aller un peu dehors? »
Sa mère s’arrêta de parler et tourna la tête vers lui.
« Ben, oui, si tu veux, mais tu reste devant le bloc, tu ne t’éloignes pas! » répondit-elle.
Steve ne prit pas la peine de répondre. Il hocha la tête et sortit de l’immeuble.
Il alla s’asseoir sur un banc vide devant le bloc. Il continuait certes à s’ennuyer mais au moins il pouvait respirer l’air frais d’une belle et agréable journée d’été. Il resta assis pendant quelques minutes et…
« Bonjour, jeune homme,» dit une voix derrière lui.

*

Steve sursauta et sentit les poils de sa nuque se dresser sur la tête.
Il se retourna et vit un jeune homme, d’environ dix-sept ans, qui se tenait derrière lui, souriant. Il était grand, les cheveux châtains et les yeux bruns. Il portait des jeans noirs, un tee-shirt sans manches rouge. Il fixait Steve des yeux. Après quelques instants d’effroi, celui-ci réussi à articuler :
« Bon… bonjour » Il respira une grande bouffée d’air. « Qui es-tu? » Il se permit de tutoyer le jeune homme, après tout, il n’était sûrement pas encore adulte, alors il n’y avait rien de mal à ça. L’autre le fixa du regard, puis finit par répondre :
« Je m’appelle Arthur, et toi tu t’appelles Steve . »
Steve eut un autre choc quand il entendit cet étranger prononcer son nom. Il avait beau se creuser les méninges, il ne se rappelait pas avoir un jour rencontrer l’individu en face de lui. Arthur vit l’étonnement de Steve et cela parut lui procurer une grande satisfaction.
« Et oui, Steve, » continua Arthur avant même que le jeune garçon ait pu penser à une réponse, « je connais ton prénom…et même ton nom, pour être précis, mais ça, ce n’est pas important. »
Steve commençait à avoir peur.
« Je t’ai vu assis là, sur ce banc, » continua Arthur, « et je me suis dit que je devais venir discuter un peu avec toi. » Son sourire s’élargit, révélant une parfaite lignée de dents droites.
« Que me veux-tu? » finit par demander Steve.
Arthur fit le tour du banc, pour venir s’asseoir à côté de Steve.
« Te révéler quelques petits secrets, » murmura-t-il. Ses yeux brillaient de milles feux et Steve oublia un instant sa peur et se mit à penser à ce qu’il avait entendu la veille, durant la dispute de ses parents. Il ne dit rien et attendit qu’Arthur parle. Ce qu’il fit après quelques instants.
« Je vois que tu es… hum… intrigué, n’est-ce pas? » Une lueur de malice brillait à présent dans ses yeux. « Tout ce que je vais te dire, et que tu peux savoir c’est que… »
Il s’arrêta de parler, le regard perdu soudain dans ses pensée. Effet de style ou pas, Steve tomba dans le piège du jeune homme et cria presque :
« Qu’est-ce que je dois savoir? Dis-moi! » Arthur ne réagit pas tout de suite et Steve tira sur le tee-shirt du jeune homme, impatiemment. « Alors? »
Steve sembla sortir de sa rêverie et finit sa phrase :
« …je suis au courant. » Steve le regardait en écarquillant les yeux. « Au courant pour tout » finit Arthur.
Il se leva soudainement et Steve se sentit désespéré de n’avoir entendu que des choses qui ne le menaient absolument pas plus loin.
« Attends, » implora-t-il, alors qu’Arthur commençait à s’éloigner. « Tu pourrais être plus précis, s’il te plait? J’ai rien compris, t’es au courant de quoi? De mes parents? »
Il lui sembla qu’il était absurde de parler des ses parents à Arthur, car, vu les manières et l’attitude de ce dernier, il était clair qu’on lui jouait un tour. Une farce d’un très mauvais goût.
« Tes parents? » fit Arthur, en se retournant. Il réfléchit un instant. « Peut-être, ouais, ils ont peut-être à voir avec cette histoire, indirectement en tout cas. »
« Quelle histoire? » demanda avidement Steve.
Arthur commença à rire, un rire sournois.
« Ça à voir avec la vieille voisine près de chez moi? » lança soudainement Steve, perdant espoir et voulant dire n’importe quoi qui intriguerait, peut-être, Arthur, et le forcerait à en dire plus.
« Tu parles de Madame Divot? » fit Arthur.
« Je ne sais pas comment qu’elle s’appelle, » répondit Steve. « Elle habite en face de chez moi, au premier étage, elle vient d’emménager… Enfin bref, je sais pas pourquoi je te parle de ça, ça n’a rien à voir… Et… »
« Non ,» interrompit Arthur, le regard plus malicieux que jamais.
« Non… heu… quoi? »
« Non, tu te trompes fiston » répondit le jeune homme. « En plus ça rime, ah ah ah » ricana-t-il.
« Alors… mais… qui est cette dame alors? » demanda Steve, implorant presque Arthur.
« Je suis en retard, jeune Steve, je dois m’en aller, et… ne m’interromps pas! » grogna-t-il, alors que Steve montrait toutes les dispositions à l’interrompre. « Je ne peux pas t’en dire trop, tu sais, mais j’ajouterai une chose : tous les deux, on pourrait être bien plus proches que tu ne le penses .»
Et il s’en alla en courant, ignorant Steve lorsque celui-ci essaya de le retenir.
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Red&Black
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MessageSujet: Re: Ma nouvelle : Destinées   Ven 16 Sep 2005 - 20:46

J'ai lu le début de ta nouvelle.

Pour ce qui est de l'histoire, je réserverais mon avis puisque ce n'est pas encore terminé.

En revanche, je ne saurais trop te conseiller de te relire pour corriger ce qui alourdit ton récit : des phrases à la construction hasardeuse, quelques poncifs éculés à éviter, le shéma descriptif que tu emploies à l'entrée en scène de chaque nouveau personnage (tel âge, tel cheveux, tels yeux...), l'utilisation abusive d'adverbes, la découpe des paragraphes (pas évident quand on diffuse sur un forum, je sais bien...).

Si tu ne l'as pas encore fait, je te conseille la lecture d'Ecriture, mémoires d'un métier, de S.K. Et surtout continue : c'est en forgeant qu'on devient forgeron. Smile
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Franck
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MessageSujet: Re: Ma nouvelle : Destinées   Ven 16 Sep 2005 - 22:12

T'inquiètes pas, je suis au courant pour toutes ces imperfections. Je ne suis pas un littéraire (je suis en terminale S d'ailleurs lol) et j'ai écrit cette nouvelle pour le plaisir. Donc voilà, essayez de ne pas faire attention aux fautes de syntaxe et aux quelques fautes d'orthographe restantes (j'ai fait lire la nouvelle à pas mal de gens et on m'a signalé pleins de fautes que j'ai déjà corrigé et je ne doute pas qu'il en reste). Ce que je préfère c'est l'histoire en elle-même. Very Happy
Sinon merci d'avoir pris le temps de me lire. Wink

Je peux vous passer la fin en MP si vous voulez. :pr:
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