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 La croisée des chemins

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Fox
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MessageSujet: La croisée des chemins   Ven 10 Fév 2006 - 0:15

Bonjour. Voici une nouvelle que je viens de terminer.
J'espère qu'elle vous plaira. J'attends vos avis.
Bonne Lecture. evilgrin25


La croisée des chemins

Bijouterie de Wickett, au Texas.

Quand Tim Burton sortit de la boutique, l’alarme se déclencha. Il tenait dans ses mains un sac bourré de montres, de bracelets, de colliers et de bagues. La plupart des bijoux étaient en or 24 carats, certains composés de pierres précieuses.
Une bague sertie d’un énorme diamant avait particulièrement retenu l‘attention de Tim.« Celle-là, c’est pour Marie.», avait-il dit, tout en admirant l’éclat de la pierre polie sous son socle de verre qu’il avait ensuite brisé avant d’enfouir la bague dans sa poche.

- Grouilles-toi! grommela Ed Hans, l’ami de Tim, qui attendait sur une Harley Davidson, une Fatboy.
« Une bécane de tous les diables », disait Ed. Jantes pleines chromées, amortisseurs customisés, échappement en forme de canon de fusil, selle et tableau de bord garni de cuir, repose-pieds et guidon look FLH. Elle était flambant neuf. Il venait de la voler, deux jours auparavant, à Brad Kartwell, un pauvre type qu’il n’avait eu aucun mal a semé grâce aux 1450 centimètres cubes qui vrombissaient sous le réservoir.
Ed était un paumé, bien plus que Tim. Il avait mauvais caractère et l’esprit dérangé. On le considérait comme une crapule mais tout le monde la fermait face à lui. C’était le genre de mec à ne pas contrarier. Certains l’appelaient « Boss ». En fait, ce n’était qu’un crétin.

Tim courut en direction de la Fatboy, le sac à la main, lorsqu’il fût soudain agrippé par quelqu’un. Le réflexe fût qu’il tenta de s’en dégager, mais rien n‘y faisait, il était pris. La poigne de la main qui tenait son avant-bras démontrée une grande force de l’assaillant car, bien que Tim ait toujours été un cake à l’école, il pratiquait en revanche des sports tels que la boxe et l’haltérophilie régulièrement depuis plusieurs années et s’y connaissait donc fichtrement bien sur ce sujet. La force physique c’était son truc.
Son étonnement toucha son comble lorsqu’il vit qu’il s’agissait d’un vieil ivrogne, aussi sec qu’un manche à balai de chiotte, un clochard du coin, Rad Bogderlan, ou Raton pour les intimes.
- Lâches-moi, sac à merde!, grogna Tim.
- Écoutes la voix de l‘Eternel, mon fils, s’exclama le vieux Rad, le teint livide, d’une voix de mourant.
Ils arrivent! Ils arrivent!
Ils ferment leurs entrailles.
Ils ont à la bouche des paroles hautaines.
Ils sont sur nos pas, déjà ils nous entourent.
Ils nous épient pour nous terrasser.
Ils s’avancent de toutes parts contre toi.
Et il te jugeront selon leurs lois.
Et si juger tu dois l’être.
Alors ils te traiteront avec fureur et haine.
Ils enlèveront tes richesses.
Ils te couperont le nez et les oreilles.
Et ce qui restera de toi tombera par l’épée.
Ils prendront tes fils et tes filles.
Et ce qui restera de toi sera dévoré par le feu.
Ils te dépouilleront de tes vêtements.
Et te laisseront nu, entièrement nu.
Ces choses t’arriveront si tu bois dans la coupe.
La coupe de désolation et de destruction.
Ils arrivent…

Et il le lâcha.
Tim s’installa enfin derrière Ed et coinça le sac de bijoux entre son corps et sa veste en cuir qu’il referma, d’un coup sec de fermeture éclair, jusqu’au cou.
- Complètement taré ce mec, dit Tim qui n’avait jamais entendu un truc pareil.
- J’te f’rais la peau un jour, vieux chnoc, balança Ed. Une formule qui était devenu pour lui un adage courant. Il avait ensuite mis les gaz, poignée bloquée, en direction de la route N57.

Route N57, Texas, en direction de Pyote.

- Roules moins vite bordel!, dit Tim.
- Fermes-là!, répondit Ed qui dépassait déjà les 100 milles sur sa «bécane de tous les diables», sa Fatboy.
- Si on se casse la gueule avec ta foutu pétoire, je te jure que tu l’regretteras.
- C’est ça, causes toujours, répondit Ed qui accéléra encore un peu plus pour faire chier Tim, le sourire sadique au coin des lèvres.
La route N57 n’est qu’une longue ligne droite au milieu d‘un paysage désertique, au sol rouge ocre et poussiéreux, plombés par quelques rochers aux bord de la route. Ed le savait. Elle ne présente, réellement, aucun danger. Hormis au passage de la borne 22 qui se trouve au sommet d’une colline. Ce passage ne permet aucune visibilité de ce qui vous arrive en face avant de ne l’avoir atteint.

Harry Grant cheminait, ce jour-là, la route N57 au volant de son pick-up. Il se rendait à Wickett pour acheter des pièces de voitures.
« Beautiful life » de Bilen Crow passait à la radio.
Il tapait ses mains sur le volant de son pick-up, un semblant de rythme.
I wAnnA bE lOve… All thE liVe!…
Harry chantait si faux que si le moteur de sa caisse avait une âme, celle-ci aurait certainement coulé une bielle. Heureusement, le son de la radio camouflait un peu sa voix, ce qui donnait parfois l’impression qu’il chantait juste. Paix à son âme.
Harry commença sa montée. Il était maintenant tout proche de la borne 22 lorsqu’un vautour se posa sur la route.
Réflexe. Il braqua son volant et se retrouva sur la file de gauche, en sens inverse.
- Chauffard!, hurla Harry avec Bilen Crow.
A place for all at the paradis!…Come on all!…come on all!…

A cet instant, Ed qui n’avait pas relâché la cadence de sa Fatboy, se trouvait à 2 mètres de la borne 22.
Le choc était inévitable.
- Eeeeddd!, hurla Tim.
- Bordel de…!, s’étouffa Ed en voyant le pick-up surgir de la boite de pandore.
- Nom de…!, s’étrangla Harry qui braqua encore à gauche.
Ed tenta un coup de guidon pour esquiver le pick-up, ce qui à deux doigts près fût réussi. Mais l’arrière de sa bécane percuta le pick-up. La Fatboy se mît à tourner comme une toupie. Une bonne façon de perdre du poids, ce serait amusé de dire Tim dans une situation un peu plus stable.

Tim fût projeté dans les airs avant d’atterrir hors piste sur la terre sèche et désertique.
Quant à Ed, il fît d’abord un tonneau avec la Harley et fût violemment éjecté sur l’asphalte de la N57, tourneboulant sur lui-même sur une dizaine de mètres.
La moto s’emballa encore sur une bonne distance et termina sa course par un triple axel au milieu de la route.
Elle s’enflamma.

Harry tentait de contrôler les quatre grosses gommes Michelin qui le tenait encore sur la terre Mère. Mais dès sa sortie de route, il percuta un rocher et fût propulsé dans les airs, ne sachant si il était question ici d’aller voir son Père au ciel ou bien d’imiter Hannibal dans l’agence Tout Risque, le cigare au bec, réalisant une cascade spectaculaire. La réponse est qu’il vint atterrir comme l’oisillon à son premier essai et, maladroitement, il enchaîna les froissements de taules sur quatre beaux tonneaux avant de retomber sur le toit, un peu retourné.
Harry rampa pour sortir du pick-up en passant par sa vitre brisée et s’éloigna tant bien que mal de son épave.
- Bon dieu de merde, Ben va me tuer, dit Harry, l’arcade éclatée et la gueule en sang. Il pensait déjà à la tête qu’allait faire son patron.
- Une journée qui avait si bien commencé, soupira-t-il.

Lorsque Tim ouvrit les yeux, tout était rouge. Du sang avait coulé dans ses yeux à cause d’une entaille qui s’était formé sur son front après sa chute sur un caillou de la taille de son poing. Sa cuisse était douloureuse et les battements de son cœur suivait le rythme effréné d’un air de techno, plus précisément de la transe. Il s’essuya les yeux, reprît ses esprits qu’il avait abandonné pendant un instant, perdu dans la brume, et avec difficulté, il se leva.
- Ed… Je vais te…, se mît à gémir Tim péniblement.

Le rapport d’analyse sur la partie physique de Ed fût le moins glorieux. Il avait un bras cassé, une oreille éclaté, cinq côtes brisées et le nez en prime. Sans compter le traumatisme crânien qui en somme n’était pas si grave puisqu’au fond il avait toujours été complètement dérangé du ciboulot.
Mais il ne resta pas longtemps étalé sur le bitume. Il s’était déjà remis sur pieds et se trainait en direction de la borne 22, au sommet de la colline, afin de trouver le conducteur du pick-up, cette foutu machine qui avait bien failli le tuer.
- Ed! Espèce de connard!, hurla Tim qui n’avait qu’une envie, lui casser sa gueule.
- Toi fermes-là!, répondit Ed. Je vais le tuer ce chauffard de mes deux!
- C’est moi qui vais te tuer, espèce de tordu!, continua Tim qui tentait de le rejoindre.

Harry ne pouvait les voir puisqu’il se trouvait maintenant sur le versant opposé de la bute par rapport à eux. Mais il entendît tout et, instinctivement , il retourna vers son épave.
- Ça s’complique on dirait, murmura-t-il.
Il brisa la vitre arrière du véhicule et en sortit un canon scié et des cartouches, du 12mm.

- Tu vas… haa… passer… sale quart d’heure, siffla Ed entre ses dents qui sentait la haine monter en lui au fur et à mesure que les douleurs de ses côtes brisées devenaient plus intenses. Il en avait le souffle coupé et titubait de plus en plus de gauche à droite.
Harry chargea son canon scié. Il inséra six cartouches dans la loge.

Tim titubait péniblement sur le sol aride et craquelé quand, subitement, il s’arrêta. Une peur vint l‘envahir, une fêlure inattendu dans son âme se forma. Il se pissa dessus.
- Eeeeeeeeeed!, hurla soudain Tim d’une voix stridente et frénétique comme si sa gorge s’était ouverte d’un mètre pour faire surgir un puissant jet de lave tel un geyser.
Surpris, Ed se tourna en direction de Tim qui se tenait à une trentaine de mètre. Son sang se glaça lorsqu‘il l‘entendit hurler. Ed avait eu la frousse. La première pensée qui lui venu à l’esprit était que Tim venait peut-être de se faire piquer par un scorpion ou mordre par un serpent.
Mais il se retourna brusquement en direction de la route lorsqu’il entendit une détonation .
- Il a un flingue, pensa-t-il, tout à coup effrayé.
Mais il n’en était pas sûr.

Ed fût soudainement percuté de plein fouet par un monstrueux camion citerne, un 33 tonnes roulant à plus de 80 miles!
Sous l’horreur bien réelle, Tim vit son pote de toujours, cet enfoiré de première, se faire démembrer. Sa tête explosa et son corps se décomposa littéralement, dans une farandole de chair et de sang, sur tout le bitume de la N57.
Voilà ce qu’était devenu son pote Ed en même pas trois secondes.
Le pilote du camion avait réussit à garder le contrôle malgré la giclée de sang encore chaud qui s’était répandu sur le pare-brise. Mais se fût avant de rencontrer la Fatboy en feu qui gisait encore au milieu de la route.
Il la percuta et elle explosa, défonçant ainsi tout le dessous avant gauche du camion. Le pneu éclata, la direction céda et une grosse boule de feu enflamma tout le côté gauche.
Le routier avait le bras qui flambait. Il braqua maladroitement le volant dans un moment de panique. La remorque se mît en travers un instant, avant de basculer lourdement sur le bitume, tel une baleine qui retombe sur son flanc après avoir fait un plongeon monstrueux hors de l’eau.
Le camion-citerne glissa sur la route sur plus d’une cinquantaine de mètres, sous les hurlements désagréables et assourdissants du combat acharné entre la pierre et l‘acier.
- Putain de merde, mais qu’est-ce qui se passe là-bas!, s’insurgea Harry, devenu pâle tout à coup.
Il avait vu passé le camion citerne. Il avait ensuite entendu Tim hurler à la mort, puis ce boucan d’enfer qui s’était propagé dans les cieux comme le coup de tonnerre colérique de Zeus en personne.

La cabine du camion citerne s'embrasa. Ralph, le chauffeur du bahut, se hissa de la cabine en passant par la vitre du côté passager. Son corps subissait maintenant l'horrible déclaration des droits du feu.
Aaaaaaaaah!… Aaaaaah!…Aaaaaaaaaaaah!…
Il se jeta du haut de la cabine et se brisa les jambes en retombant.
Son corps prit feu entièrement.

Il rampa un instant au sol, la tête enflammée et rendit son dernier soupire dans une mort où l’agonie s’associe avec l’odeur écoeurante de la chair humaine brûlée en décomposition. Ralph était une perte pour personne. Hormis peut-être pour la société Budweiser qui aurait certainement été peiné de savoir que le plus grand buveur de Bud de tout le temps venait de rendre l‘âme. Il reste néanmoins qu’il avait toujours vécu seul et il terminait ainsi sa vie, horriblement seul.

Tim était tétanisé. Il regarda alors vers le ciel, pleura et pria.
- Mon Dieu, dîtes moi que tout ceci n’est pas vrai, pardonnez-nous, pardonnez-nous!… par-pardonner à tout ceux qui nous ont offensé,
dé-délivré nous du mal!
Tim n’était pas croyant et avait été à l’église qu’une seule fois dans sa vie. Pourtant, il avait retenu ces paroles. En fait, il les entendait assez souvent dans les films à la télévision, genre l’Exorcisme. Il se rappelait encore parfaitement du jour où il s’était tapé une barre de rire en le visionnant avec ses potes. Aujourd’hui, il ne rigolait plus. Il se sentait un peu comme le prêtre, face à une situation démentielle. La seule différence était que la malédiction ne s’était pas encore retourné contre lui. Et pourtant, il y avait là de quoi vous rendre dingue.
Tim vit un vautour dans le ciel qui vint se poser sur la route. C’était celui qu’Harry avait esquivé avec son pick-up. Le vautour s’approcha d’un bout de chair et commença à donner des coups de bec dessus.
- Il est en train de bouffer Ed, murmura Tim, consterné, l’œil hagard, les joues ruisselantes, la mâchoire inférieure pendante et baveuse.
Il dégobilla d’un spasme sec et brutal .
Le vautour mangeait maintenant avec allégresse sur ce repas qui semblait lui convenir parfaitement.


Dernière édition par le Ven 10 Fév 2006 - 0:20, édité 1 fois
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herbertwest
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MessageSujet: Re: La croisée des chemins   Ven 10 Fév 2006 - 0:19

je te laisse l'occasion de corriger ton erreur sur ce sujet la...
sinon, le sujet sera supprimé.

bienvenue quand meme...
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Fox
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MessageSujet: Re: La croisée des chemins   Ven 10 Fév 2006 - 0:20

Quand Harry pu enfin voir l’autre versant de la colline, celui du drame, il tomba sur ses genoux et dégueula à son tour. Il envoya une bonne partie de ses lasagnes sur ses DockMartins. Son œuvre était bien ridicule face à celle de Ed.
« Figure plate sur bitume » aurait-on pu intitulé la toile.
- Tu vas l’payer salopard, grogna Tim qui se tenait figé juste à coté d‘Harry.
Celui-ci leva les yeux et cru voir au début une bête enragé. Tim lui sauta dessus. Il voulait lui mettre une bonne rouste. Tout ce qui venait de se passer était entièrement sa faute, pensait-il. Il le méritait. Mais loin d’être le genre de personne à se laisser faire, Harry braqua le canon scié en direction de Tim.
Le coup passa à coté.

Tim repoussait le fusil de ses mains.
- Arrêtes, espèce de p’tit con, vociféra Harry qui tentait de viser Tim… de le tuer.
Mais Tim l’en empêchait. La colère qu’il avait accumulé lors de ses dernières minutes de terreur le rendait bien plus fort qu’il ne l’avait jamais été.
Il regarda Harry droit dans les yeux et, sans prévenir, il lui asséna un violent coup de tête. Harry fût projeté par terre, le nez brisé dans un craquement d’os effroyable.
A cet instant, la folie s'empara de Tim. Il ne se contrôlait plus. La tristesse mêlée à la peur lui fît commettre l’irréversible. Il ramassa le canon scié.
- Arrêtes, j’t’en prie mec, arr…
PAOUH!
La détonation vibra aux oreilles de Tim. Presque agréable. Le vautour s’envola.

Le canon scié était doté d’une puissance incroyable. Si Tim avait prit le coup lors du premier coup de feu, la moitié de son ventre aurait certainement été arraché de son tronc. Mais c’est la moitié de la tête d’Harry qui explosa comme une citrouille pourrie balancé contre un mur.
Le visage de Tim avait été aspergé du sang d’Harry et les bouts visqueux de sa cervelle glissaient doucement sur sa veste en cuir.
Tim lâcha le fusil.
- Qu’ai-je fait?, dit-il.
Il s’approcha lentement vers le bord de la route et s’affala sur un rocher. Celui qui avait bien failli envoyer Harry sur Saturne.
Il regardait à l’horizon les vagues roses et jaunes baignant dans le soleil couchant de ce désert de désolation. Ses yeux s’embuèrent à nouveau. Il ne savait plus quoi penser, ni quoi faire.

Une voiture arrivait au loin.
- Ils arrivent, les secours arrivent, murmura Tim.
Mais il eût soudain un doute. Et si c’était les flics.«Jamais ils ne me croiront, pensa-t-il. En plus je viens de buter un mec, c’est la taule assurée.»
C’était bien eux. Il reconnaissait leur voiture.
- Une patrouille ici, c’est bien ma veine, dit-il.
Mais très vite une hypothèse beaucoup plus probable germa en lui, une chose qu’il avait complètement oublié. Le braquage de la bijouterie à Wickett!
D’un instinct naturel, il mît la main dans sa poche, la bague était toujours là. Il pensa à Marie. Quant au sac, il était toujours dans sa veste.
Peut-être était-il là pour ça, ils les recherchaient. Du moins lui car Ed n’était plus… rien.

Braquage plus meurtre.
Et puis ce carnage et lui comme seul témoin, victime… coupable! Il avait toujours été qu’un simple voleur, pensa-t-il, et aujourd’hui il était devenu un meurtrier.
La réclusion à perpétuité lui pendait au nez, il le savait. Mieux valait ne pas trop restait sur ce rocher si il tenait vraiment à la vie.
Tim se leva et ramassa le canon scié.
Il ferma les yeux, serra les dents et le rechargea d’un coup sec. Puis il courut se cacher derrière le camion citerne.

- Nom de Dieu, dit Smith Sullivan lorsqu’il vit le corps d’Harry flotter dans une marre de sang, l’intimité de sa cervelle dévoilée au grand jour.
- Central, ici voiture 9, demandons renfort sur la N57 borne 22, dit Edgar Heegan dans son petit microphone noir. Un camion citerne s’est renversé sur la chaussée, un mort peut-être plus. Envoyez-nous immédiatement une ambulance et les pompiers. Terminé.
La voiture de police avançait maintenant au ralenti parmi les nombreux débris qui recouvraient la route.
Edgar stoppa la voiture un peu avant le camion citerne par mesure de sécurité.
Ils fallaient inspecté les lieux, peut-être restait-il des survivants. Ils descendirent de la voiture. Smith Sullivan n’en croyait pas ses yeux en voyant le corps de Ralph, carbonisé. Il n’était pas habitué à ce genre de spectacle. Edgar Heegan l’était encore moins et il ne pût contenir la boule au ventre qu’il cracha par terre en une vilaine flasque visqueuse et rosâtre.
- C’est pas possible, murmura Smith lentement, exprimant le côté surréaliste, en voyant les bouts de chairs éparpillés sur le bitume, ceux de Ed. Il venait de comprendre qu’il s’agissait d’un homme.
- Je te l’accorde, répondit Tim l’air serein. Comme un fantôme, il avait surgi derrière leur dos. Il braquait Smith avec son fusil.
- Poses cette arme petit, dit Smith, pris au dépourvu, pensant convaincre Tim aussi simplement. Quelle offense ce fût pour Tim.
Il tira dans sa cuisse, ce qui mit un terme définitif à toute tentative de compromis. Inutile de signaler que Smith ressentait un léger picotement dans la jambe.
Il leur ordonna de se menotter mutuellement et de se mettre contre la citerne.
Il monta ensuite dans la voiture de police. Maintenant, il avait de quoi s’enfuir. Il démarra et partit en direction de Pyote. Il voyait les deux flics dans son rétroviseur. Ils ne bougeaient pas, immobiles contre la citerne, sûrement mort de trouille.
Soudain Tim freina brutalement. Il avait à peine parcouru cinquante mètres quand une voix dans sa tête effleura sa réflexion.
« Tues-les », disait-elle. C’était sa conscience.
Elle lui disait que ses hommes l’avaient démasqués. Elle lui disait que pour sa survie, il devait éliminer tous les témoins potentiellement dangereux.
- Je vais devenir fou, murmura Tim.
Tim ne voyait pas d’autres choix que de sortir du véhicule, viser la citerne et tirer.
- Nooooooon!, hurla Smith.
La balle fendit l’air et perça la coque métallique du corps de la baleine. L’explosion qui s’ensuivit exposa les deux hommes à une mort certaine.
« Figures plates sur bitume », au pluriel cette fois, aurait-on pu écrire sur la toile du maître.
La baleine s’étaient maintenant métamorphosé en un dragon qui embrassa le ciel de son souffle par un jet de flamme phénoménal, semblable à l’effet d’une réaction thermo-nucléaire caricaturant ainsi un magnifique bouquet de fleur bien garni.
La puissance du feu dans sa plus grande monstruosité.

Tim remonta dans sa voiture et fît route vers Pyote. Il avait pris beaucoup de retard. Marie devait s’inquièter.
Il gara la voiture dans la 9ème en arrivant à Pyote et continua le restant à pied, jusqu’à la 10ème, afin d’eviter de se faire repérer. Il avait troqué son fusil contre le pistolet de Smith, plus léger et surtout plus discret.
Mais Tim semblait avoir oublié son apparence. Ses vêtements étaient déchirés, poussiéreux et teintés de filaments rouge sombre. Son visage et ses mains étaient barbouillés de sang séché.
Et quand il arriva sur le seuil de la porte d’entrée de chez Marie, Mme Williams, la voisine, se réfugia discrètement dans sa maison.
- Allo?

- Ne vous en faites pas Madame, ils arrivent
Tim entra dans la maison
- Mon dieu, qu’est-ce qui t’es arrivé Tim?!, lui demanda Marie, complètement paniqué.
- Ne t’en fais pas, c’est rien. Tout va bien maintenant, répondit Tim sereinement, en la fixant dans ses yeux vert. Je suis content de te voir, lui dit-il en souriant.
- Tim!, dit sèchement Marie, tu va me dire immédiatement ce qui t’es arrivé, tu me fais peur là!
- Calmes-toi, je vais t’expliquer, répondit-il d’une voix posée.
Tim commença alors son récit. Le braquage, l’accident, la mort d’Ed, le combat à mort contre Harry et les meurtres qui s’ensuivirent.
- Marie, crois moi, tout ça c’est de la faute de Ed, c’est lui qui m’a embarqué dans cette histoire. Et puis je devais tuer ces gens, c’étaient eux ou moi.
Le corps de Marie c‘était tout à coup raidi, elle n’osait répondre, ni bouger. Elle restait devant lui à le fixer.
- Tiens, j’ai un cadeau pour toi, dit Tim
Il sorti la bague de sa poche. Oh oui qu’elle était belle! Elle était même magnifique, pensa-t-elle. Mais ce n’était pas suffisant pour Marie. Rien ne le serait jamais assez pour elle face au récit terrifiant qu’elle venait d’entendre.
Ce n’était plus le Tim qu’elle avait connu. Elle ne voulait pas qu’il devienne ce qu’il était devenu : un meurtrier.
Mais c’était trop tard. Le mal était fait.
- Je n’avais pas le choix, lui avait dit Tim. Une parole qui raisonnait encore dans sa tête. Mais elle ne le croyait pas. On a toujours le choix de ses actes, pensait-elle. Elle avait peur de lui maintenant. Il avait sombré dans la folie et qui sait ce qu’il pourrait encore faire, ce qu’il pourrait lui faire à elle puisqu’il venait de pactiser avec le diable.

Des sirènes retentirent au loin.
- Ils arrivent, dit Marie.
- Ils ne m’attraperont pas!, répondit Tim qui se retourna pour regarder à travers la fenêtre.
Marie lâcha alors son diamant et s’empara d’une jarre en terre cuite posée à proximité sur un socle en bois. Elle la brisa sur sa tête. Tim tomba à genoux. Il connaissait la sensation qui lui parcourût le corps soudainement, c’était celle du KO avant les dix dernières secondes d’un match de boxe. Dix secondes pour réagir avant que Marie n’utilise cette fois-ci un vase en porcelaine pour briser définitivement son crâne en deux.
Marie avait eu raison finalement.
Tim n’était plus. Tim ne savait plus. Tim était mort. Adieu Tim.
Marie s’étala sur le parquet du salon, une balle logée dans sa poitrine.
Tim pleurait, le pistolet à la main.
- Pourquoi… Je voulais pas Marie, je te jure… Je voulais pas… Tu m’as obligé…
Il regarda sa beauté figée un instant qui lui parût une éternité. L’univers de Tim s’effondra, s’effaça comme la fumée se dissipe d’une rafale de vent, insondable tout à coup. Il ne ressentait plus rien, il ne pensait plus rien, tout semblait vide de sens.
Il se leva finalement sans savoir pourquoi. Comme si le corps avait été capable de se passer de l’esprit. Un corps qui réagissait lui-même pour sa simple survie.
Tim se dirigea difficilement vers la porte d’entrée. Il devait déguerpir avant qu’ils arrivent, son corps le savait.
- Je t’aime Marie, dit-il.
Marie n’avait su quoi lui répondre, la mort l’en empêchant.

Quand Tim ouvrit la porte, il fût criblé de balles, et s’effondra au sol.
C’était son tour.
Ils étaient là depuis un moment… discrètement. Les sirènes qu’il avait entendu, n’étaient en fin de compte que les renforts.

- Chef, la fille… elle vient de…
- Mais que font les secours!
- Ils arrivent

********************************************************************

Nous sommes là.
Tu as bu dans la coupe de désolation,
Et tu nous as appelé.
Tu as bu dans la coupe de destruction,
Et nous allons te juger.


Un dragon sortit des flammes de l’enfer.
Il avait neuf têtes. Chaque tête portait un nom.
Quatre lions surgirent du néant, des serpents à la place de leurs queues.
Les sifflements des serpents blasphémèrent avec entrain.
Et les rugissements des lions annoncèrent le début du jugement.
Et Tim hurla.


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MessageSujet: bonjour   Ven 10 Fév 2006 - 16:20

Merci pour ton acceuil Herbertwest.
Desolè pour le début de publication du poste mais j'ai du coupé en 2 car il passait pas en un seul message, donc ya eu un petit souci.

ps: Si tu pouvais effacé ton message entre la nouvelle, ce serait bien, car ça casse un peu le rythme et ça fait bizarre quand on lis la nouvelle je pense

yesmaster
Merci
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Killer 777
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MessageSujet: Re: La croisée des chemins   Sam 11 Fév 2006 - 16:43

C'est long, mais je te promets de le lire dès que j'aurai un moment...
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