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 Pour ceux qui veulent savoir...

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Muadusul
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Localisation : Ben j'habite comme presque tout un chacun : DANS UN COIN DE MA TETE
Date d'inscription : 20/07/2004

MessageSujet: Pour ceux qui veulent savoir...   Ven 31 Déc 2004 - 0:35

Pour les p'tits curieux... voici un extrait du 3ieme chapitre de ma nouvelle... régalez-vous !!! Et dite-moi si ca s'annonce bien pour le moment !!!

3 (extrait)

Le bruit est assourdissant. À mes maux d’estomac vont bientôt s’ajouter un horrible mal de crâne. Mon cœur bat vite et fait circuler mon sang. Je le sens parcourir mon corps. L’amas de lymphe et de globules parvient jusqu’à mes tempes d’où jaillissent deux épaisses veines bleutées.
Je patiente encore cinq minutes. J’imagine que Sig est comme moi : qu’il attend toujours la dernière minute pour répondre. En tout cas, c’est ce que je ferais à sa place. L’horloge de la cuisine fait tic-tac. La sonnerie se mêle aux bruits des aiguilles.
Ma fainéantise franchit ses limites. Comme stimulé par la cacophonie, je m’extirpe du canapé et décroche le combiné du téléphone. En temps normal, ça ne se serait jamais produit. D’habitude, je ne me lève jamais.
La réception est mauvaise. Très mauvaise. La ligne est parasitée. À l’autre bout du fil, j’entends ça :
« Al… al… sssssiieu… uuund ? sssssiieu nnnndd ? Iiiiii… l’ccooooo…rrrrrrg… eilllllllll ! »
J’me dis que c’est une blague. Les jeunes d’en bas si ça se trouve. Encore eux ! Si jamais je les choppe. Non. Faut que j’me calme. Au fait, je n’ai toujours pas prit mon bol d’air. Non. Plus tard. Et puis, qui d’autre pourrait appeler chez Sig, sachant que j’y suis pour quelque jour ?
« Toutes les personnes qui t’ont vu rentrer dans l’immeuble ! », s’écrie victorieusement la petite voix.
Je tiens encore le combiné dans la main lorsque je remarque un autre mot laissé par mon ami ; cette fois écrit sur un post-it orange fluo à l’aide d’un stabilo noir et scotché sur l’appareil. Vous allez me dire que c’est idiot, que même un crétin aurait vu quelque chose d’aussi évident placardé sur le téléphone. Mais il arrive parfois que certaines choses nous échappe. Je n’ai pas remarqué le mot. Je n’avais pas la tête à ce que je faisais. Voilà tout. Mes pensées étaient ailleurs ; encore maintenant, je suis totalement ailleurs. Un autre où. Un autre quelque part.
Ma mère disait que j’avais la tête dans les nuages ; elle ajoutait parfois cette phrase : « On fera quelque chose de toi… si les cochons ne te mangent pas ! ». Son humour était piquant mais sans être agressif ou incisif. Tout l’opposé de mon père.
J’effleure le papier fluo du bout des doigts, le décroche et tente de déchiffrer l’écriture de Sig – qui, pour l’heure, a prit l’apparence de hiéroglyphes. Je plisse les yeux pour deviner une boucle qui ressemble à un « o » ou à un « d » mal formé. Assis sur le plan de travail, les yeux irrités et la gorge sèche, je me rends compte que le mot aurait dû être lu avant que je ne décroche le combiné : « Le phone risque de tomber en rade les après-midi. Je ne m’en suis jamais occupé. Encore un problème de plus dans l’appart. 100 euros par mois, faut pas imaginer un palace non plus ! Si jamais tu veux téléphoner, utilise la cabine du rez-de-chaussée. J’oubliais : elle marche encore avec de la monnaie. Bonne chance. »
Quel trou de merde.
Vu comme ça, on se croirait dans le Bronx.
Je jette instinctivement un œil à l’horloge car le bruit qu’elle produit me fait perdre les pédales. Et à ce moment, j’en reviens pas. Les aiguilles tournent dans l’autre sens et indiquent trois heures et demi.
Non seulement, c’est une autre version du Bronx mais en plus j’ai l’impression d’avoir atterrit dans un vieil épisode d’Au-delà du Réel. Ensuite, un autre détail me saute aux yeux, quelque chose que je n’aurais pas cru, même si Sig me l’avait dit : tous les chiffres (exceptés le 6 et le 12) sont disposés de manière symétrique par rapport à l’axe des aiguilles.
Je ne sais plus si c’était mon oncle Francis ou mon oncle Henri qui portait une montre à son poignet utilisant ce même mécanisme (soi-disant bénéfique). Car le médecin de l’un de mes aïeuls certifiait que leur humeur changeait s’il fixait leur montre simplement dix secondes. Je n’ai jamais vu de changement ; dans un cas comme dans l’autre.
Qu’est-ce que ce machin fait là ?
« On t’a demandé ton avis ? grogne la voix. Tu n’es pas chez toi ! Tu ferais mieux de chercher à savoir qui a téléphoné. Ce serait plus malin. »
Je ne lui réponds pas.
Plus je l’écoute et plus elle me donne envie d’me flinguer.
Les yeux rivés sur l’horloge, mon angoisse s’atténue comme un ballon qui se dégonfle. Je sens mon cœur et ma tête s’alléger. Mon esprit se vide de toutes pensées négatives. La valse des aiguilles m’emporte loin, loin, si loin. Leur tic-tac me berce. J’inspire et j’expire calmement.
Tic : mes problèmes s’évanouissent.
Tac : mes paupières sont lourdes.
Tic : j’ai bien mérité une sieste.
Tac : mais avant je dois soigner cette vilaine blessure à mon pouce.
Tic : je dois laver la couette pleine de Coke.
Tac-tic : je dois aussi appeler quelqu’un pour la chaudière.
Tic-tac tic : je dois aussi m’assurer que le minuteur existe.
Tic-tac Tic-tac : et aller foutre une raclée aux merdeux du hall… ah ça oui, ils l’ont bien mérité.
Tic-tac Tic-tac Tic : et savoir qui a appelé.
La danse continue encore et encore jusqu’à ce que je distingue, au beau milieu du brouhaha infernal, un autre son presque identique à celui de l’horloge. Ma tête tourne. Mes jambes tremblent : certainement parce que j’ai rendu mon déjeuner et que je n’ai plus rien avaler depuis. Peu importe, je n’ai plus très faim.
La cuisine oscille de droite à gauche et de gauche à droite. Si j’avais encore quelque chose dans le ventre, je pense que je l’aurais vomis deux fois de suite.
J’agrippe tout ce qui m’entoure pour ne pas tomber et me fracasser la tête ; encore que, ça pourrait être drôle.
Je m’entends soupirer et je me vois pointer la porte d’entrée du doigt ; j’aperçois mon pouce au premier plan : il est foutrement gros. Au-delà tout paraît flou, lointain comme sur une photo où le point n’a pas encore été fait. Toutefois, je n’ai pas le temps de le faire car la pièce s’allonge, rétrécit jusqu’à avoir l’apparence d’une mince ligne de lumière avant de s’assombrir et d’être englouti par le vide.
Je ne vois plus rien.
Je ne ressens plus rien.
La petite voix aussi a disparu ; enfin.
Puis : le son d’une porte que l’on ouvre.
Et : un vent tiède pénètre dans la pièce. Une brise qui s’accompagne d’une persistante odeur de transpiration et d’huile de moteur.
Je crois avoir perdu connaissance (ou suis-je tout simplement mort)...

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